Nouvelle-Calédonie : le gendarme démissionne après l’arrestation du fils du grand chef

    mardi 7 octobre 2014

    Le chef de la brigade de la gendarmerie de Wé, dont le départ était exigé par des coutumiers, suite à l’interpellation de Jonathan Boula, fils du grand chef Evanès Boula, a bien quitté l’île. Il a souhaité partir de sa propre initiative.

    Le dialogue et le calme semblent finalement être revenus à Lifou. Le commandant de la brigade de Wé, dont le départ imminent était exigé par les autorités coutumières, a bien eu lieu vendredi dernier. « Le commandant de la brigade a d’ailleurs souhaité être muté, indique le commissaire délégué aux Îles Loyauté, Frédéric Eymard. Il estime que les liens de confiance qui existaient entre les coutumiers et lui sont rompus. Il souhaite partir. »
    Une décision entendue et validée par sa hiérarchie, qui permet une sortie de crise sans heurts. Dans une lettre adressée mardi dernier au commandant de la gendarmerie nationale en Nouvelle-Calédonie, Evanès Boula, grand chef du district de Lössi, exigeait le départ du commandant de la brigade de Wé. Et ce, avant le « vendredi 3 octobre à minuit ». Le militaire était responsable de l’arrestation de son fils, Jonathan Boula, condamné à dix-huit mois de prison, dont douze ferme pour des violences sur conjoint. « Il devait être puni, pas humilié, avait expliqué Evanès Boula. J’avais l’accord du juge pour remettre mon fils aux gendarmes. Mais ils ont débarqué, il a été plaqué au sol et il était attaché en montant dans l’avion. »
     
    De quoi créer l’émoi sur l’île et entraîner la demande officielle du départ du gendarme, sous peine de « fermeture de la brigade de Wé, par le district de Lössi ». Jusqu’à ce que le militaire en prenne lui-même l’initiative. « J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le grand chef de Lössi, et nous avons pu faire une coutume la semaine dernière. L’ultimatum a pu être retiré. Il faut à présent que le dialogue, qui était en pointillé depuis quelques jours, reprenne. » Le gendarme, actuellement en repos, ne devrait pas revenir sur Lifou, si ce n’est pour déménager.

    Les Nouvelles calédoniennes

    Romain 2014-10-09 08:33:00
    militaires et Non fonctionnaires. Merci
    REMOND 2014-10-08 06:19:00
    En Nouvelle-Calédonie le droit pénal métropolitain s'applique et se superpose et se confronte sur certains points au droit coutumier préexistant. Sur le fond, si les fonctionnaire de la gendarmerie de LIFOU n'ont probablement pas outrepassés les règles applicables en matière d'arrestation (sur mandat d’amener) du condamné en question, mais c'est la manière d'opérer qui a posé problème . Le Grand-Chef coutumier résume très bien la problématique en disant que son fils devait 'être puni mais non humilié.' Un tel manque de prise en compte de cette 'spécificité psychologique' dans le mode procédural d'action des Services de la gendarmerie peut en effet être considéré comme attentatoire à la dignité d'un ressortissant de la juridiction coutumière et motiver la demande en réparation du Grand-Chef. N'y a-t-il pas une leçon de d'humanisme à tirer de cette affaire?
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