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NOUVELLE-CALÉDONIE – “La légitimité du scrutin de 2018 est en jeu”

vendredi 21 juillet 2017

Manifestation libre Nouvelle-Calédonie

Certains organisateurs comptaient hier jusqu’à 3 000 manifestants dans les rues de Nouméa, là où les autorités en ont dénombré 1100. Un peu moins que lors de la mobilisation du Rassemblement des indépendantistes et nationalistes, en octobre, sur le même sujet. (©Photo : Les Nouvelles calédoniennes)

Une liste électorale “sincère”. La revendication est revenue en boucle au micro, mercredi après-midi. Après s’être rassemblé au Mwa Ka à Nouméa, le cortège de cette seconde marche pour “l’inscription automatique et sans condition des Kanak sur la liste référendaire” a parcouru les rues du centre-ville, entre le gouvernement, la mairie et le haut-commissariat.

“Même programme qu’en octobre dernier”, rappelle un responsable du Rassemblement des indépendantistes et nationalistes (RIN), à l’origine de la manifestation.

Mêmes participants, aussi. Sous les tee-shirts blancs ou jaunes flanqués d’un “2018, c’est possible” que portent les organisateurs, on croise des cadres de la Dynamik unitaire Sud (DUS) et de l’Union calédonienne, du Parti travailliste, des militants de l’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités (USTKE), des représentants coutumiers ou religieux.

“Il y a des gens d’autres partis, Les Insoumis, par exemple et même des gens du Palika”, assure Yvon Faua, notant toutefois que ce dernier parti n’a pas relayé les appels à manifester. Les organisateurs affichent en tout cas leur satisfaction, parlant “d’au moins 3 000 personnes” dans la rue. Les autorités, elles, en comptent 1 100, contre 1 400 le 27 octobre dernier.

Les chiffres sont au centre de la mobilisation. “Près de 25 000 Kanak de statut coutumier ne sont pas inscrits” sur la liste référendaire, affirment les tracts distribués au Mwa Ka, “40 000 en comptant les Kanak de statut de droit commun” lancent les orateurs successifs… Des chiffres régulièrement démentis par le haut-commissariat dont le travail d’élaboration des listes électorales “se poursuit”.

“Si on ne veut pas inscrire automatiquement les Kanak, c’est justement pour qu’on ne remarque pas cette masse d’électeurs écartés”, crachent les enceintes.

Pour Sylvain Pabouty, il y a “urgence” : “La consultation, c’est dans dix-sept mois, il faut aboutir à des listes claires et sincères rapidement”, pointe le leader de la DUS. Sinon ? La “légitimité du scrutin est en jeu”, répondent les tracts. Mais avant de porter ces revendications devant les représentants de l’État – qui en ont pris acte en fin de journée –, les chefs de file du RIN se sont entretenus avec le président Philippe Germain.

“C’est de la courtoisie, on a préféré s’expliquer d’abord avec le gouvernement du pays, reprend Sylvain Pabouty. On veut que le travail qui a été lancé pour toiletter les listes référendaires aboutisse rapidement. C’est le haussariat qui pilote, mais le gouvernement peut accélérer les choses au niveau de la direction de la gestion et de la réglementation des affaires coutumières, qui s’occupe des registres coutumiers”. Sur ce point, les réponses “positives” du chef de l’exécutif sont saluées par la délégation.

“À nous aussi de faire ce qu’il faut”

 

Sur les chars, on parle de “manipulation coloniale” “d’étouffement du peuple premier”. Mais on apostrophe aussi les manifestants eux-mêmes.

“On demande à l’État de faire le travail, mais nous aussi on doit faire ce qu’il faut », lance à plusieurs reprises Yvon Faua dans les enceintes. « Vérifiez que vous êtes inscrits, vérifiez que votre famille est inscrite, demandez autour de vous si tout le monde a une carte d’identité et une carte d’électeur. Nos deux armes dans ce combat, ce sont celles-là !” Karine, pareu sur la tête et tissu aux couleurs de Kanaky pour se protéger du soleil, “adhère complètement”. “Il faut que le peuple premier puisse voter facilement, pose la jeune femme. Mais que l’inscription soit acceptée ou pas, il faudra que les gens se mobilisent.”

Mobiliser : voilà l’autre objectif de la journée. Les 45 000 abstentionnistes des provinciales de 2014 sont dans les mémoires. “C’est aussi pour s’adresser à ceux-là qu’on est ici aujourd’hui”, explique Sylvain Pabouty.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

 

 

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