Nouvelle-Calédonie – L’enfer est derrière eux

mardi 17 mars 2015

Le premier vol régulier d’Aircalin depuis Pam a atterri à La Tontouta hier, à 13 heures. Les quarante-deux passagers ont débarqué, soulagés de quitter la désolation du Vanuatu. Mais certains s’apprêtent déjà à repartir pour aider à reconstruire.
«Vous êtes contents de nous voir, on a failli crever là-bas ! », lance Marie-Claire, un bébé dans les bras. Originaire de Lifou, elle vient de descendre avec sa famille du vol 233 d’Aircalin en provenance de Port-Vila. Premier vol commercial à toucher le tarmac de La Tontouta depuis Pam, avec quarante-deux passagers.
A la sortie de la salle des bagages, les visages s’illuminent et des soupirs de soulagement s’échappent. Baisers et accolades entre deux interviews. Tout ce petit monde éreinté doit encore répondre aux questions des médias.
« Ils n’ont pas d’ordinateur à l’aéroport de Port-Vila. Pour enregistrer les bagages, ils font tout à la main. » Guide touristique sur l’archipel, Salomé n’en revient toujours pas des dégâts occasionnés par le monstre. « On n’a toujours pas de nouvelles de notre famille à Tanna », s’inquiète Geoffrey, originaire d’Anaburu. Un bidonville sur les hauteurs de Port-Vila, où Pam a détruit les maigres biens des habitants. « J’ai essayé d’appeler mes frères et sœurs à Tanna, toujours rien », renchérit Martine, le regard plein d’espoir.
 
Traumatisé. « On a tout perdu, notre maison a été rasée, se désole Salomé. On est traumatisé. » Le soir de la catastrophe, le toit de sa maison a été arraché, l’obligeant à se réfugier chez les voisins avec ses deux enfants.
Elle et son mari comptent bien préparer l’après-Pam avant de retourner sur l’archipel sinistré. « Je vais chercher des entrepreneurs pour reconstruire notre maison », affirme Didier, déterminé. A l’hôtel Sea Change Lodge, Marie-Claire et sa famille ont eu plus de chance. « On a eu très peur, mais on était dans une villa en dur. » Le lendemain, plus de courant ni d’eau. « On a recueilli l’eau de pluie pour la faire bouillir et la boire en attendant le retour de la distribution. » « C’était impressionnant, cette force de la nature qui arrive de nulle part et qui déplace des structures entières, s’affole Franck. J’avais jamais entendu le vent hurler comme ça. Quand on est arrivé c’était très joli avec une végétation abondante, là il n’y a plus d’arbres, plus de fleurs. »
En vacances chez son oncle, Ludovic estime lui aussi avoir eu beaucoup de chance. « Très peu de maisons ont toujours un toit. Le nôtre est resté mais on a bien cru qu’il allait décoller. »
 
Solidarité. L’entraide au lendemain du passage du cyclone a marqué les esprits. « Hier, une dame avait rempli une grosse marmite de nourriture pour les enfants », poursuit Marie-Claire. « Dans la rue, les gens sont tout de suite sortis pour voir qui avait besoin d’aide, abonde Patricia, furieuse contre Aircalin. « Les autres touristes étaient prévenus de l’évolution des vols, pas nous. » Pour sa défense, la compagnie rappelle que son agence dans la capitale était sinistrée, que les moyens de communication étaient coupés et qu’elle a fait « tout son possible » pour acheminer un vol dans les plus brefs délais.
Au Vanuatu, de l’avis général, la situation humanitaire s’aggrave. « Nous, on nous a évacués vers un hôtel où on nous a nourris, explique Laurence, Métropolitaine installée à Port-Vila. Mais les Vanuatais, ils vivent de ce qui pousse. Bientôt ils n’auront plus rien à manger. »
« Il faut que les secours se dépêchent, beaucoup de magasins ont été pillés, bientôt les gens n’auront plus rien, et ça va empirer », redoute Ludovic.
 
Les Nouvelles calédoniennes 

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