Nouvelle-Calédonie – Les arts à la recherche de leur second souffle

    lundi 18 janvier 2016

    Le budget du pays a été adopté, les derniers arbitrages rendus. Et, comme prévu, les restrictions financières secouent les arts. Même si les professionnels espèrent réellement trouver ensemble des solutions.

    Adopté par le Congrès dans la nuit du 29 au 30 décembre 2015, le budget primitif du pays pour 2016 réserve 1,633 milliard de francs à son programme « Patrimoine, art et culture ». Un chiffre en baisse de 5 % par rapport au compte administratif (soit les dépenses consolidées) de 2014. Et qui traduit mal les conséquences pour les structures culturelles.
    Gros morceau de ce budget, l’action « accompagner et soutenir les associations et établissements publics culturels » (1,349 milliard de francs) connaît une baisse globale de 11 %. Un chiffre énorme quand on sait que même à budget constant, les associations et établissements culturels sont obligés de réduire leurs actions, à cause de l’augmentation de tous les coûts (masse salariale, achats auprès de fournisseurs…).
     
    Arbitrages
     
    Du côté du gouvernement, on affirme s’être concentré sur les compétences pays et avoir privilégié le maintien de l’emploi (voir ci-dessous).
    Parmi les associations soutenues, deux reçoivent des subventions supérieures à 30 millions de francs : le Poémart (promotion et export de la production culturelle) et la Case des artistes (support au statut des artistes). Des associations dont la création a été portée par le gouvernement et dont les missions peuvent être considérées de service public.
    Le Poémart reçoit 32,8 millions contre 38 millions en 2015 (-14 %). Pour la Case des artistes, qui reçoit 31,7 millions, difficile de comparer les subventions 2015 et 2016 : « Notre activité n’a commencé qu’en septembre 2015, donc les résultats ont été reportés sur l’année 2016 », explique son directeur, Joanito Wamytan.
     
    Solutions privées limitées
     
    Le reste des associations et établissements est plutôt focalisé sur la production et la diffusion culturelles. Pour le public, le résultat des baisses des subventions est simple : une saison culturelle 2016 très light, que la programmation soit gratuite ou payante. Au-delà du public, ce sont les artistes qui sont touchés. « Beaucoup tirent déjà le diable par la queue, en jonglant entre différents projets pour vivre et faire vivre leur famille. Là, on ne va pas seulement perdre des usagers, mais toute une génération d’artistes », commente Christophe Augias, directeur de la bibliothèque Bernheim.
    Le directeur de la Case des artistes tempère néanmoins : « Il faut que les artistes puissent aller chercher d’autres financements, dans le privé, c’est une autre démarche. » Qui se construit d’ailleurs souvent en complément d’aides publiques. Le Chapitô, spécialisé dans la décentralisation de spectacles, vient de subir la suppression complète de sa subvention par la province des Îles. « On avait une implantation prévue à Ouvéa et une autre à Lifou. Avec nos autres déplacements, à l’île des Pins et Bélep, on pouvait négocier un partenariat avec un transporteur maritime, maintenant c’est difficile, décrit Clément Conan, directeur technique du Chapitô. On nous dit qu’il faut trouver des partenaires privés, puis on nous plante », regrette-t-il.
    Alors, les artistes poursuivent leur mobilisation. Après le coup d’éclat de décembre, le Kollectif Têtes de l’art va publier une vidéo basée sur cette mobilisation ludique, la mettant en parallèle avec des chiffres concrets. Et se réunit le 30 janvier pour décider de la suite : « On doit travailler à un discours commun aux artistes », explique Sylvain Lorgnier, un des instigateurs du mouvement. Et derrière les discours, il s’agit de trouver des moyens de travailler mieux ensemble pour faire face au manque de fonds. La créativité, toujours.
     
    LNC
     

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