Nouvelle-Calédonie – L’État dans la boucle du conflit des cendres de l’installation de stockage des déchets

jeudi 23 juillet 2015

Devant l’impasse du conflit de l’ISD (Installation de stockage  des déchets) de Gadji, les sociétés de vidange ont demandé à l’Etat d’intervenir pour débloquer la situation d’ici lundi. Faute de quoi, elles menacent de déverser leurs boues. Quatre maires montent également au créneau.
L’affaire des cendres de l’ISD de Gadji pourrait bien répandre une odeur nauséabonde sur la capitale. Si aucune solution ne se dégage d’ici lundi, les douze sociétés de vidange au chômage technique menacent de vider leur contenu. Où ? « C’est la surprise », ironise Angelo Doom, gérant d’Hydroclean. Néanmoins, un tel scénario reste peu probable. Le bataillon d’engins plantés devant le haussariat, hier matin, a débouché sur une rencontre avec le secrétaire général. « Ils nous ont promis de trouver une solution », rapporte Angelo Doom.
S’ils ont l’assurance que la situation se débloque d’ici lundi, les manifestants se sont engagés à se retirer cet après-midi des deux sites d’enfouissement qu’ils bloquent depuis trois jours. « On leur a proposé quatre options, à eux de trancher, » poursuit le gérant. La première : déloger les coutumiers de Païta qui empêchent l’enfouissement des cendres issues de la centrale du Grand Sud, à l’ISD de Gadji. Pour les sociétés spécialisées, la balle est désormais dans le camp de l’Etat.
 
Compétences. Nouméa et ses communes périphériques ne sont pas tout à fait du même avis. Selon elles, « ce n’est pas à l’Etat de dégager une solution ». Directement concernés par le ralliement des entreprises de ramassage de déchets depuis trois jours, les maires de Nouméa, de Païta, de Dumbéa et du Mont-Dore, se sont exprimés hier à l’occasion d’un point presse au SIGN (Syndicat Intercommunal du Grand Nouméa). Compétents pour les ordures ménagères, les élus ont décliné en chœur toute responsabilité sur « le fond de l’affaire », les cendres étant qualifiées de déchets « industriels ». « A partir du moment où les coutumiers demandent une table ronde sur la question des cendres, ça ne nous regarde pas », martèle Harold Martin, maire de Païta. « On a bien pris garde de ne rien dire pour ne pas envenimer les choses », justifie l’élu, qui s’exprime pour la première fois depuis le début du conflit, il y a vingt-quatre jours.
Sont pointés du doigt Enercal, qui produit et évacue vers Païta, et la province sud, compétente pour le suivi de l’environnement et les IPC (installations classées pour la protection de l’environnement), à l’instar de l’ISD de Gadji.
 
Normes. « Depuis le début de cette affaire, à aucun moment, la province Sud ne nous a contactés officiellement sur le sujet, si ce n’est pour demander de récupérer des boues de vidange », fustige George Naturel, maire de Dumbéa. Enfouir les matières organiques dans la station d’épuration de Koutio, « c’est niet ! », claque le maire. « C’est techniquement impossible ». Reste une solution. Sur dérogation de la province, permettre aux camions de vidange d’enfouir provisoirement leurs boues, mais sans les cendres. Une solution retenue également par les coutumiers, mais balayée par Philippe Michel. « C’est là qu’on va créer un problème environnemental. Les normes européennes nous l’interdisent, martèle le président de la province Sud. Dans une ISD aux normes, tu n’as pas le droit de déverser de déchets liquides à plus de 70 %. » Partant du principe que les cendres correspondent à toutes les normes européennes, et qu’elles sont enfouies dans un centre qui répond à ces mêmes normes, Philippe Michel estime qu’il n’y a « pas de justification à un blocage ». A la table du comité local d’information et de concertation (Clic) organisé aujourd’hui à Port Laguerre, deux options seront proposées aux coutumiers. La première : le financement d’une grande étude sur l’état du milieu marin, « pour voir si oui, ou non, ils ont raison, et surtout pour voir d’où ça vient. » « Et là, le débat pourrait se déplacer », glisse Philippe Michel. La deuxième : poursuivre avec « un procédé qui a fait ses preuves », en attendant la construction d’un site à proximité de Prony Energies, spécialement dédié à l’enfouissement des cendres.
 
LNC

      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete