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Nouvelle-Calédonie – Une loi contre le gaspillage alimentaire fait débat

mardi 30 avril 2019

Les associations jugent le gaspillage “inacceptable” alors que la redistribution peut leur permettre de baisser leurs prix en boutique. Photo : archives LNC

Les associations jugent le gaspillage “inacceptable” alors que la redistribution peut leur permettre de baisser leurs prix en boutique. (Photo : archives LNC)

Le texte, court, a suscité de longs débats. Saluée sur le fond, la proposition de loi du pays relative à “la lutte contre la grande pauvreté et le gaspillage alimentaire”, portée par les Républicains, a essuyé vendredi dernier, au Cese, une salve de critiques sur la forme.

L’objectif du texte : obliger les grandes et moyennes surfaces (GMS) à donner leurs produits secs (en conserve ou conditionnés sous vide) en DLC (date limite de consommation) et DLUO (date limite d’utilisation optimale), aux associations caritatives pour les redistribuer aux personnes dans le besoin. Des dons assortis, en contrepartie, d’une incitation fiscale. Si la philosophie du texte a été applaudie, la commission a suggéré une “réécriture profonde pour pallier les lacunes relevées”.

Le fait que “les produits secs ne représentent qu’une infime part des invendus” en fait partie, comme le manque de précision du calcul du crédit d’impôt, ou le fait qu’aucune sanction n’est prévue dans le texte. Reste que les associations attendent depuis longtemps une mesure de ce type.

“La pauvreté est à nos portes, on a des gens de plus en plus pauvres, et la grande distribution ne nous donne pas grand-chose. Si ce texte n’est pas au point, combien de temps faut-il encore attendre ?”, interroge Marie-France Michel, présidente de la Société de Saint-Vincent de Paul.

“Le bénévolat a un coût, les bonnes intentions ne suffisent pas”, intervient à son tour Michel Rigot, président de la délégation territoriale de la Croix-Rouge, cherchant à recentrer le débat sur “l’urgence” de cette mesure.

“Il y a des gens qui ont faim, et qui s’exposent à des conséquences sanitaires désastreuses”, met en garde Jean-Louis Laval, favorable au texte. “Certains ont la chance de pêcher et de chasser, mais c’est quand même moins vrai à Nouméa”, renchérit Jean-Marc Burette.

 

“Favoriser l’emploi et l’insertion”

 

“D’un côté, ça coûte cher de jeter toute cette nourriture et, de l’autre, la logistique pour la collecter et la transporter a aussi un coût. Il faut savoir ce que l’on veut”, s’impatiente Marie-France, néanmoins “déçue” de la tournure politique qu’ont pris les débats, avant d’être recadrés par le président du Cese, Daniel Cornaille.

“Nous ne sommes pas contre la philosophie du texte, et personne ne peut être pour le gaspillage alimentaire, mais le problème de la pauvreté ne doit pas être exploité à des fins politiques”, a mis en garde Ariel Tutugoro, membre du Cese. Les associations ne se font pas pour autant d’illusion sur un texte qui s’attaque à une conséquence de la pauvreté : l’insécurité alimentaire.

“La pauvreté, ce n’est pas que l’alimentaire. C’est l’isolement, la fracture numérique, le mal-être”, rappelle Michel Rigot.

Cette loi est nécessaire pour éviter le gaspillage, mais elle ne sortira pas les gens de la précarité, indique, pour sa part, Louis Levant, président de la banque alimentaire Dorcas. Il ne faut pas tomber dans l’assistanat, notre rôle c’est de donner un coup de pouce, de responsabiliser les gens, de les aider à être autonomes.”

Même discours pour Delphine Sfeir, gestionnaire de la Société de Saint-Vincentde-Paul : “C’est à la société de sortir les gens de la pauvreté.”

Comme “favoriser l’emploi et l’insertion”, ou “accompagner les associations qui aident ces personnes à redémarrer”, commente Marie-France. “Avant, la classe moyenne s’en sortait, aujourd’hui, le coût de la vie rend les fins de mois difficiles. Il y a une tranche de la population qui glisse vers la pauvreté, note Delphine Sfeir. Et des voyants rouges qui s’allument.”

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

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