Nouvelle-Calédonie – Un long-métrage de fiction tourné (en partie) sur le Caillou

    jeudi 6 octobre 2016

    soane

    (Photo : Allociné)

     

    Exploits physiques, violence, histoire d’amour, figure paternelle à dépasser, identité à trouver, mort et religion… Mercenaire brasse des éléments universels. C’est un récit initiatique, une histoire de héros du Pacifique, une tragédie moderne : Sacha Wolff, son réalisateur, a voulu en faire un nouveau film de genre, océanien.

     

    Diplômé de la Femis, prestigieuse école de cinéma, le réalisateur est issu du documentaire. Pourtant, pour parler de ces joueurs qu’on fait venir dans de petits clubs français pendant une saison afin de faire monter l’équipe en division supérieure, il a immédiatement préféré la fiction. “Je ne sais pas si j’aurais pu faire un bon documentaire sur cette histoire. La fiction la rend plus puissante”, estime Sacha Wolff.

    En revanche, il s’est servi des techniques d’immersion du documentariste, passant, au fil des années, plusieurs mois en Nouvelle-Calédonie, parmi la communauté wallisienne, avant le tournage, en 2015. “Avec les acteurs, j’ai développé la même relation de confiance que le documentariste avec son sujet. Je leur ai demandé d’aller chercher en eux des choses qu’on n’a pas l’habitude de mettre en avant.

    Exit donc l’imagerie de carte postale, ou encore les clichés de l’intégration par le sport, Sacha Wolff s’intéresse aux “faces un peu plus sombres”, encourage ses comédiens à “aller chercher des zones violentes ou sensibles”, à opérer “une vraie mise en danger”.

     

    Direction d’acteurs

     

    Car pour parler de rugbymen – dont le corps est particulièrement façonné par leur poste – et pour parler de Wallisiens – chez qui il n’y a pas à l’heure actuelle de comédiens professionnels, le réalisateur a été obligé d’aller chercher chez des novices. Parmi lesquels Toki Pilioko, jeune pilier semi-professionnel au centre de formation d’Aurillac. D’un naturel spontané et blagueur, il n’avait que faire des réactions de la communauté. Dans le rôle principal de Soane, le colosse aux airs d’enfant crève l’écran.

    Les deux semaines de tournage sur le Caillou ont aussi été un moment fort dans la communauté wallisienne. Oscar Suta, président du Petit Train de Païta, y a joué un petit rôle, celui d’un entraîneur qui confie à Soane les coordonnées d’un proche vivant en métropole, au cas où.

    Il a participé au tournage de deux scènes et reste fasciné par ce tournage pro. “On voyait comment les mecs prennent le son. Même pour un petit bruit de rien du tout, ils coupent. Ils font pas n’importe quoi”, se souvient-il en rigolant. Et même si certaines tournures des dialogues en wallisien ne lui semblent pas complètement naturelles, le rugbyman a trouvé “le film vraiment pas mal”. “J’ai des collègues qui sont partis pour jouer au rugby et qui ont terminé videurs. On croit que quand on arrive en France, on vit comme des rois, mais avant, il faut passer beaucoup d’étapes.

    Lors des projections dans le cadre du Festival de La Foa, en juillet, les appréciations des Wallisiens avaient été pleines d’émotion. Tous ont apprécié le réalisme du film où tout sonne vrai, depuis la maison en squat jusqu’à la Bible glissée à Soane par sa grand-mère, en passant par les bouteilles de soda sur la table. Les scènes violentes et celles de sexe aussi ont remué une communauté réputée pour sa pudeur. Et Sacha Wolff de rappeler : “la violence est dans le voyage, dans le déracinement, qui est au moins aussi violent que ce que Soane affronte avec son père”.   

     

    LNC

     

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