Nouvelle-Calédonie : l’UC boycotte le Comité des signataires puis obtient audience à Paris

lundi 13 octobre 2014

Après avoir boudé le Comité des signataires, l’Union calédonienne a été reçue en grande pompe à Paris, obtenant une audience auprès de François Hollande. Comité bis ? Prime au boycott ? Coup d’épée dans l’eau ? Les avis sont partagés.

Destin commun, collégialité, recherche du consensus… Tous ces jolis mots sont passés à la trappe pendant l’opération cavalier seul de l’Union calédonienne à Paris, quelques jours seulement après un passage à l’ONU, où la France en a pris pour son grade, dix jours après son boycott du Comité des signataires. Ce qui n’a pas empêché les dirigeants de l’UC d’être reçus jusqu’à l’Élysée. Certaines formations politiques s’en offusquent, d’autres jouent l’indifférence. Faut-il sortir des voies institutionnelles du dialogue pour mieux se faire entendre ? Au Front pour l’unité-Rassemblement, on n’a franchement pas apprécié. « Comme nous l’avions dit, le Comité des signataires n’était pas préparé. A partir de là, c’était la porte ouverte à toutes les surenchères », relève Grégoire Bernut, président du groupe FPU-Rassemblement au Congrès.

« Mais aujourd’hui, nous avons les moyens de nous opposer à leur tentative de bidouillage de l’accord de Nouméa. Ce moyen, c’est le Sénat qui vient de basculer à droite. Pierre Frogier s’est rapproché du nouveau président Gérard Larcher, afin qu’il fasse de la question calédonienne une priorité du Sénat. Aujourd’hui, le vrai danger, c’est que l’État accepte de modifier la loi organique pour changer la composition des commissions de révision des listes électorales afin d’aller dans le sens de la politique d’exclusion voulue par l’UC. Avec le Sénat de notre côté, nous allons pouvoir peser politiquement sur l’État. Même si le dernier mot revient à l’Assemblée nationale, le contrepoids du Sénat revêt une grande importance, d’autant qu’on se rapproche de la future élection présidentielle. » Au nom de l’UCF, Gaël Yanno affiche une franche hostilité à l’éventualité d’une mission de l’ONU. « La France est un pays souverain et démocratique, une médiation de l’ONU n’est pas envisageable. » La deuxième remarque de Gaël Yanno concerne ce qu’il appelle « la prime au boycott ». « Autant j’étais favorable à ce que l’UC reprenne des discussions avec l’État, autant je trouve choquant que ces discussions aient donné l’impression d’un Comité des signataires bis. C’est un précédent fâcheux. Je trouve tout aussi choquant que cette délégation ait été reçue par François Hollande à l’Élysée, alors que cela n’a pas été le cas pour les participants au Comité. »

Philippe Dunoyer, président du groupe Calédonie ensemble au Congrès, et dernier émissaire en date des non-indépendantistes à l’ONU, préfère quant à lui minimiser les choses. « D’abord, ce n’est pas un des trois partenaires qui a boycotté le Comité des signataires. C’est seulement une composante de l’un de ces trois partenaires. L’Union calédonienne a pratiqué la chaise vide un temps, mais au bout du compte, ils rencontrent les mêmes personnes avec dix jours de décalage, ce qui revient sensiblement au même. Quant au fait qu’ils aient été reçus à l’Élysée, ça n’est pas surprenant outre mesure, à cinq semaines de la venue de François Hollande en Calédonie. Mais en fin de compte, ils n’ont pas pu participer à l’ensemble des décisions prises lors du comité. » Quant à la demande formulée par l’Union calédonienne d’une nouvelle mission de l’ONU, Philippe Dunoyer ne s’en émeut pas outre mesure. « Daniel Goa et Roch Wamytan ont tenu des discours très radicaux à New York. J’y étais. Et les différents responsables de l’ONU que j’ai pu rencontrer m’ont tous réaffirmé la neutralité des Nations unies dans l’affaire calédonienne. La neutralité, c’est l’essence même de l’institution. Une médiation est toujours envisageable, mais certainement pas entre l’ONU, l’État et un seul des partis signataires, qui ne représente qu’une moitié du FLNKS. » Au Palika, on se refuse à commenter à chaud la démarche de l’Union calédonienne. Il en sera discuté au sein du FLNKS. Mais on fait valoir que la voie à suivre, celle qui a emporté les suffrages des Calédoniens en 1998, celle qui est actée dans la Constitution française, c’est celle de l’accord de Nouméa et du Comité des signataires.

Les Nouvelles calédoniennes

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