Nouvelle-Calédonie – Une main imprimée en 3D pour Mayeul

    vendredi 23 septembre 2016

    main

    L’atrophie de la main gauche de Mayeul ne le freine pas beaucoup dans sa vie d’enfant : il fait du vélo, s’est essayé à la guitare, et “étonne tout le monde” à la planche à voile (Photo : Les Nouvelles calédoniennes)

     

    Pas question de gâcher la surprise : Mayeul ne verra sa “nouvelle main” que ce soir.

     

    Impatient, le garçon de 10 ans, qui a spécialement fait le déplacement de Lifou à Nouméa pour venir la chercher ? “Pas mal, oui”, répond-il en souriant. C’est que ces deux dernières semaines, “tout le monde n’a parlé que de ça”, reconnaît son père, Olivier Bugnard, sage-femme sur l’île.

    Tous les deux rencontraient hier soir les membres d’Enable NC, association qui crée gratuitement, et grâce à une imprimante 3D, des mains articulées, entre la prothèse et le jouet, pour les enfants qui peuvent en avoir l’utilité.

    Mayeul, leur premier bénéficiaire, n’en a vu qu’un schéma qu’il a colorié lui-même. Son premier essai comportait des zébrures, mais il a bien fallu s’adapter aux possibilités de la machine. Pas grave, les couleurs finales, ce sont bien les siennes : “Je voulais qu’elles se voient bien”, explique l’élève de CM2.

    Mayeul Bugnard-Rortais est atteint du syndrome de Poland, une maladie acquise à la naissance et très rare – une personne sur 30 000, soit pas plus de 20 naissances par an en France. “J’ai un bout de main et un bout de pectoraux qui manquent”, résume le garçon, né à Nouméa et qui a grandi à Qanono.

    Cette atrophie de la main gauche ne le freine pas beaucoup dans sa vie d’enfant : Mayeul fait du vélo, s’est essayé à la guitare, et “étonne tout le monde” à la planche à voile, sa “nouvelle passion”. “Pour la plupart des choses gênantes, il trouve naturellement des solutions. Parfois il faut l’aider, bricoler un peu, parfois c’est plus compliqué, comme quand il veut tirer au bibiche, explique son père. À Lifou, cette petite spécificité a toujours été vue positivement.

    Partis consultés en métropole après sa naissance, les parents ont rencontré un médecin rassurant : “Il nous a dit de surveiller les nouvelles technologies, que ça pourrait servir”. Un conseil suivi par Olivier, qui a “tout de suite vu l’intérêt” de l’impression 3D et le projet E-nable.

     

    Le premier contact avec la maison mère américaine, Enabling The Future, c’était il y a deux ans.

     

    Le projet a fait le buzz, les listes d’attente s’allongeaient, explique le papa. On avait laissé l’idée de côté, jusqu’à qu’une connaissance, Hélène, nous dise qu’une antenne s’était créée à Nouméa. Une super-surprise pour nous.

    C’était il y a deux semaines. Depuis, discussions au téléphone ou par Skype se sont enchaînées entre la famille et l’association. Côté E-nable, les quatre bénévoles – “Nicolas, Laurence, Clémence et Jean-Christophe”, récite Mayeul – ont “passé leurs soirées” sur le projet. Pas pour rien : l’association, à la recherche de nouveaux bénéficiaires, mais aussi de soutiens et donateurs, aura fait un premier heureux.

    On n’a pas voulu qu’il soit opéré, il pourra choisir plus tard, ou peut-être qu’il y aura d’autres technologies, reprend Olivier. Mais cette prothèse, c’est que du positif, c’est des nouvelles solutions dans le quotidien. Et moi ça me rassurera quand il fera du vélo !

    Ça va m’aider”, acquiesce Mayeul, qui reste concentré sur ses projets. Sa première question à l’association : “Est-ce qu’elle est waterproof ?”. A priori oui. C’est bon pour la planche à voile.

     

    Les Nouvelles calédoniennes

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