Nouvelle-Calédonie – “Le marché touristique chinois a un potentiel énorme”

    vendredi 18 novembre 2016

    Pour Jean Rambaud, directeur général du premier groupe  hôtelier privé de Nouvelle-Calédonie, améliorer la desserte aérienne est incontournable. (© LNC)

    Pour Jean Rambaud, directeur général du premier groupe hôtelier privé de Nouvelle-Calédonie, améliorer la desserte aérienne est incontournable. (© LNC)

     

    Tout en appelant à la mise en place d’une politique pays autour du tourisme, “second secteur économique calédonien”, c’est sur la Chine que Jean Rambaud, directeur général du premier groupe hôtelier privé de Nouvelle-Calédonie, GLP, mise pour développer la destination.

     

    Comment se porte le secteur du tourisme en cette fin d’année ?
    Les contrats de destination portent leurs fruits. Entre 2014 et 2016, la Nouvelle-Zélande a progressé de 40 %, l’Australie de 34 % et le Japon de 14 %. Seuls les touristes métropolitains et océaniens sont en baisse de 0,5 % sur cette même période et affectent la croissance globale. Il faut donc maintenir l’effort.
    À partir de ces chiffres très encourageants, les budgets de la promotion touristique de la destination doivent continuer à augmenter. Nous estimons nos besoins pour l’année prochaine entre 50 et 100 millions de francs pour générer plus de recettes en devises.

     

    Quelles sont vos pistes de développement ?
    Nous avons besoin d’un certain nombre de touristes supplémentaires. Aujourd’hui, l’hôtellerie tourne à moins de 50 % de sa capacité. Si on veut qu’elle soit correcte et rentable et dépasse les 90 %, nous devons accueillir une centaine de touristes supplémentaires par jour. Ce que le nombre de chambres dont nous disposons nous permet de faire sans construire de nouvelles structures. Et, aujourd’hui, le marché le plus facile est celui de la Chine.

     

    Le marché chinois est-il porteur ?
    Il a un potentiel énorme. Il est d’une facilité extraordinaire car en recherche de nouvelles destinations. Et nous sommes, par excellence, une nouvelle destination avec un gros avantage pour Nouméa qui a, à la fois, le côté balnéaire et la ville.

     

    Quel est le potentiel de ce nouveau marché ?
    C’est un triple marché qui s’ouvre à nous : celui des Chinois de Chine, de ceux qui ont un permis de résidence en Australie ou en Nouvelle-Zélande, mais qui ont toujours un passeport chinois. La troisième catégorie concerne les salariés d’entreprises chinoises en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Ils sont obligés de sortir du pays tous les trois mois pour renouveler leur permis de travail. Nous sommes la destination la plus proche. Pour le moment, comme ils ne peuvent pas venir ici, ils vont à Fidji ou ailleurs. Ce serait du pain béni pour Aircalin et les hôtels.

     

    Ont-ils un pouvoir d’achat intéressant ?
    Leur pouvoir d’achat est cinq fois supérieur à celui des Américains avec une envie de voyager et de découvrir qui est énorme. Pékin et Shanghai représentent à elles seules un potentiel de 90 millions de personnes.

     

    Vous vous êtes rendu récemment en Chine. Dans quel but ?
    GLP est allé chercher des touristes chinois. Nous avons réuni 70 agents de voyages pour leur présenter la destination. Nous allons d’ailleurs en accueillir une partie sur le territoire au cours de ces prochaines semaines dans le cadre de deux éductours.

     

    Quels sont les freins à ce développement ?
    Nous ne faisons pas partie des pays accrédités par la Chine, il est très difficile pour les Chinois d’obtenir des visas pour venir en Nouvelle-Calédonie. Le dossier est entre les mains des gouvernements français, chinois et calédonien, ainsi que du haussariat.

     

    Y a-t-il d’autres leviers ?
    L’aérien est fondamental. Nous avons sept rotations au plus fort de la semaine, quand Fidji en est à 39. Sans même parler d’ouvrir le marché à d’autres compagnies, on pourrait travailler sur la fréquence. Nous devrions pouvoir jouer la carte de la proximité, notamment avec l’Australie. Des voyageurs devraient pouvoir venir passer le week-end ici en partant le jeudi soir et revenir le dimanche soir, par exemple. C’est aujourd’hui impossible. On se coupe de ces segments qui pourraient être porteurs. Pour le marché chinois, il faudra ajuster les vols. Ils transiteront naturellement par le Japon mais il faut que le départ du vol d’Aircalin soit le soir, non pas à midi. Parce qu’il vaut mieux voler de nuit et arriver en journée plutôt qu’à minuit ou une heure du matin dans les hôtels.

    Avez-vous le sentiment d’être entendu sur ces points ?
    Le tourisme est la seconde industrie du pays, derrière le nickel. Il représente 5 500 emplois et génère 24 milliards de francs par an. Il doit être un projet pays. Il ne doit plus être géré par les provinces qui ont, au mieux, des intérêts différents, au pire, contradictoires.
    Ce secteur doit être porté par un pôle de compétences au sein du gouvernement, l’équivalent d’un ministère du Tourisme comme dans tous les pays du monde. Sinon, cela ne fonctionnera jamais.

     

    Les Nouvelles calédoniennes

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