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Nouvelle-Calédonie – Quand les microalgues révèlent l’état de santé des rivières

mercredi 10 avril 2019

Le procédé est peu coûteux et ne nécessite qu’une brosse à dents, une bassine et un flacon. Photo : LNC

Le procédé est peu coûteux et ne nécessite qu’une brosse à dents, une bassine et un flacon./ Photo : LNC

À califourchon entre deux rochers, au beau milieu de la Dumbéa, un petit groupe s’attelle à récurer les galets de la rivière… armé de brosses à dents. Si la scène peut prêter à sourire, l’affaire n’en est pas moins sérieuse. Et même scientifique. En ce lundi matin, ces experts du suivi environnemental des cours d’eau du pays s’initient à un tout nouvel outil : l’indice diatomique de Nouvelle-Calédonie (IDNC). Si l’appellation semble un brin technique, le procédé, lui, est tout simple.

“Les diatomées sont des algues microscopiques qui vivent dans les rivières. Ce sont elles qui rendent les cailloux glissants, entame Adrien Bertaud, l’un des responsables de l’observatoire de l’environnement en Nouvelle-Calédonie. On ne peut pas voir ces diatomées à l’œil nu, donc aujourd’hui, les gens vont les prélever sur des galets, en les frottant. Le jus récupéré sera ensuite observé sous microscope.”

Et selon les espèces de microalgues présentes, les spécialistes pourront identifier si la rivière a subi une quelconque pollution. “En cas de rejets domestiques ou de stations d’épuration par exemple, on sait désormais que l’on retrouvera certaines espèces et pas d’autres, explique Adrien Bertaud. Avec cet outil, on a réussi à établir des relations entre des espèces de diatomées et certains types d’altération, notamment l’érosion, qui peuvent être provoqués par le feu, par la mine, etc.”

Un travail de longue haleine sur lequel les scientifiques planchent depuis 2012 : “Jusqu’à aujourd’hui, il n’existait qu’un seul bio indicateur qui permettait de décrire la qualité des cours d’eau, basé sur l’étude des larves d’insectes et des crustacés qui vivent dans le fond des rivières. L’indice diatomique est donc le second bioindicateur validé du pays, poursuit le responsable du pôle environnement de l’OEil. Ces micro-algues sont intéressantes parce qu’elles vont être très complémentaires de l’outil déjà existant. Ces diatomées sont à la base de la chaîne alimentaire, c’est comme l’herbe dans un pré pour une vache. Ce biofilm produit par les microalgues va être consommé par les poissons et par les crustacés. C’est ce qui leur sert de nourriture.”

D’où l’intérêt d’en connaître la composition. Et ce à moindre coût. “C’est un indice qui reste moins onéreux que la pêche électrique et que l’indice déjà existant. En plus, la méthode de prélèvement semble assez simple, donc à la portée de tous. Cela nous permettra d’acquérir davantage de données sur le suivi de la qualité des rivières, estime Typhaine Quéré, du service de l’eau à la direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales. Globalement, la ressource va bien, mais il faut rester très vigilant car il y a quand même des atteintes au niveau de la qualité et de la quantité. Voilà pourquoi il est important d’élaborer plus d’indices, de continuer les suivis, de faire de la sensibilisation. Et aussi de sanctionner…”

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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