Nouvelle-Calédonie : « Montrer notre engagement dans cette période délicate »

    lundi 29 septembre 2014

    Le général Bertrand Soubelet, au commandement de la gendarmerie d’Outre-mer, a effectué en Calédonie son premier déplacement depuis sa prise de fonction, ce mois-ci. L’occasion d’aborder l’action de ses hommes sur des problématiques particulières.

    Pourquoi avoir choisi la Nouvelle-Calédonie pour votre premier voyage ?
    « Ma première préoccupation était d’aller au plus loin de la Métropole, en Nouvelle-Calédonie. C’est un pays en période de transition institutionnelle. Il était pour moi important de prendre attache avec les autorités locales et de leur dire l’attachement de la gendarmerie à cette terre. Il fallait montrer notre engagement dans cette période délicate. Nous entretenons depuis longtemps des liens avec les responsables politiques et les autorités coutumières. »
     
    Comment jugez-vous l’action des gendarmes ?
    « Ce que j’observe, c’est un très grand engagement, malgré des conditions de travail parfois difficiles, qui sont dues à la charge de travail dans le cas du Grand Nouméa, mais aussi, dans certaines unités, à l’isolement. Mais j’ai trouvé des gens sereins et en harmonie dans le monde avec lequel ils vivent. J’ai également remarqué qu’on ne les place pas toujours dans les conditions idéales pour travailler. Il y a des difficultés matérielles sur le plan de l’hébergement, des communications informatiques et Internet. »
     
    Quel serait le problème principal au niveau du matériel ?
    « Le parc automobile. On n’a pas toujours le bon matériel au bon endroit. Les voitures ne sont pas en bon état partout. Quand je vois qu’on fait venir des voitures de Métropole et que lorsqu’elles ne sont plus en état de marche, on a toutes les peines du monde à faire venir les pièces, car elles n’existent pas ici, je me dis qu’il y a peut-être des solutions plus intelligentes. Il faudrait peut-être acheter nos véhicules ici. C’est ce que je pense. Je ne suis pas certain qu’en arrivant à Paris mes propositions seront entendues. »
     
    De quoi créer de l’agacement ?
    « La caractéristique du gendarme, partout comme ailleurs, c’est qu’il veut qu’on lui donne les moyens de travailler. Lorsqu’on ne lui donne pas les moyens de travailler, il a l’impression d’être lâché. Il le ressent très mal. Le malaise dans la gendarmerie vient de là. »
     
    Avez-vous pu ressentir ce malaise durant vos déplacements ?
    « Non, je ne l’ai pas ressenti. Il y a une grande lucidité par rapport à ces problèmes, mais pas de malaise. Pour être clair, sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie et des outre-mer, les personnels qui sont affectés ici sont volontaires et triés sur le volet. On a affaire à du personnel de qualité. »

    Quel est votre regard sur la mortalité routière ?
    « J’ai eu récemment cette discussion avec la présidente du gouvernement. Ici, j’observe qu’on nous demande d’être répressifs, mais je pense que la répression n’est pas la panacée. Quand je constate qu’il n’y a pour ainsi dire pas de prévention et d’éducation routières, je pense qu’il y a quelque chose à faire. C’est un défi pour les générations futures. »
     
    Y a-t-il une volonté d’ouvrir la gendarmerie aux Calédoniens ?
    « Cette politique a été engagée partout. Il est important que ceux qui exercent l’autorité soient issus de ce territoire. C’est un gage d’acceptation de la population. Il faut que des Métropolitains arrivent pour présenter des techniques et de nouvelles idées. Mais nous n’avons pas encore assez de gendarmes calédoniens [25 %, NDLR]. Jusqu’à combien faut-il aller ? Je ne sais pas. On trouvera l’équilibre. »
     
    Quelle est votre analyse sur les troubles autour de la tribu de Saint-Louis ?
    « Vous savez, il y a vingt-sept ans, j’étais à Saint-Louis avec mes subordonnés et à cette époque-là, j’ai eu deux blessés sur une intervention dans la tribu. Le dossier n’est pas nouveau. Il y a des difficultés, mais l’ensemble de la population a envie de vivre en paix. On y arrivera. Il faudra que les autorités coutumières et les habitants du Mont-Dore nous aident. »
     
    Certains vous taxent de laxisme…
    « C’est faux. Sur Saint-Louis, depuis le début de l’année, on a fait 86 interpellations. On a cinq gendarmes blessés. Comment peut-on dire ça ? »

    Propos recueillis par Les Nouvelles calédoniennes

     

    Une polémique à son actif

    En décembre 2013, le général Soubelet, alors n°3 de la gendarmerie, avait créé la polémique en exprimant des réserves sur la réponse pénale parfois en décalage avec les infractions constatées. Une prise de parole devant l’Assemblée nationale qui avait provoqué les foudres de Manuel Valls et qui avait suscité l’engouement dans les rangs de l’UMP. Sur les réseaux sociaux, ils avaient alors été nombreux, notamment des gendarmes, à défendre le général.

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