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Nouvelle-Calédonie – Nickel : le marché dans tous ses états

mardi 3 septembre 2019

Le cours du nickel n’avait pas été aussi haut depuis 2014, année où… l’Indonésie avait arrêté une première fois d’exporter son minerai.

Le cours du nickel n’avait pas été aussi haut depuis 2014, année où… l’Indonésie avait arrêté une première fois d’exporter son minerai.

Dans le monde du nickel, l’information a fait l’effet d’une bombe : l’Indonésie, premier producteur de minerai de la planète, s’apprête à stopper ses exportations dès le mois de décembre. C’est le ministre de l’Energie et des ressources naturelles du plus grand archipel du monde, Ignisius Jonan, qui l’a annoncé en fin de semaine dernière.

Une telle décision était certes attendue, mais pas avant 2022. L’Indonésie souhaite en effet devenir le premier producteur asiatique de véhicules électriques, la plupart étant alimentés par des batteries lithiumion au nickel, ce qui explique son souhait de conserver la totalité de sa production de minerai pour la traiter localement.

Cette annonce est intervenue au moment où les marchés étaient déjà dans l’attente de nouvelles venant de Papouasie-Nouvelle-Guinée, pays dans lequel la production a été touchée par un grave problème de pollution. L’usine concernée, qui produit 32 000 tonnes de nickel par an, pourrait devoir fermer ses portes.

 

Forte réaction du LME

 

Fort logiquement, le cours du nickel, sur le London Metal Exchange (LME, le premier marché mondial des métaux non ferreux, avec 80 % des échanges) a fait un bond impressionnant de près de 10%pour dépasser les 18 000 dollars US la tonne, soit le plus haut niveau depuis cinq ans. Au total, c’est une hausse du cours de près de 70 % qui est enregistrée depuis le début de l’année.

Par ailleurs, les réserves de nickel dans les entrepôts du LME ont fortement baissé, de l’ordre de 30 % sur un an, et se trouvent aux alentours de 150 000 tonnes. Et avec l’arrêt de la manne indonésienne, ce sont 100 000 tonnes qui pourraient ne plus être déversées sur le marché. D’où une tendance haussière durable ?

Les analystes sont partagés sur ce point. « Si les Philippines augmentaient leurs expéditions à la suite de l’interdiction, cela atténuerait l’impact global sur le marché du nickel. La production indonésienne de nickel raffiné (qui, lui, pourra toujours être exporté, NDLR) pourrait, de plus, augmenter rapidement car les coûts de production sont maintenant inférieurs de près de 3 000 dollars la tonne au prix du marché », déclarait en fin de semaine au Wall Street Journal M. Wood-Dow, de la société canadienne BMO Capital Markets.

A contrario, Wenyu Yao, stratège métallurgiste à la banque néerlandaise ING, avançait que « tout concourt à la hausse du nickel, non seulement de manière fondamentale, mais aussi sur le plan technique ».

Et pour la Calédonie ? La nouvelle de la fermeture du marché indonésien était accueillie avec prudence en ce début de semaine en Calédonie.

Xavier Gravelat, directeur général de la Société minière Georges Montagnat et ancien président du Syndicat des exportateurs de minerai, attendait encore des confirmations : « Si cela se fait, cela nous ouvre d’excellentes perspectives pour la vente du minerai, qui a bondi à cette annonce. L’Indonésie est capable de monter jusqu’à une teneur d’1,80 %, voire plus, avec un coût de revient bien plus faible que le nôtre en raison d’une main-d’oeuvre moins chère et, surtout, de la nature de leurs mines qui sont souvent sur du plat et très près de la mer ».

Par ailleurs, la potentielle montée en puissance des Philippines n’inquiète pas spécialement Xavier Gravelat : « Ils n’arrivent pas à produire du minerai à plus de 1,50 % quand nous atteignons 1,65 % ou plus ».

Le spécialiste ne veut cependant pas se montrer trop optimiste : « Cela prouve une fois de plus qu’en Nouvelle-Calédonie, nous ne faisons que subir le marché et qu’il faut que l’on soit capable de s’adapter en permanence. C’est un fait, on ne peut jamais rien prévoir ».

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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