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Nouvelle Calédonie – Un nouveau cadre pour les pesticides

lundi 16 janvier 2017

pesticide

En 2015, l’agriculture calédonienne a consommé moins de 35 tonnes de pesticides agricoles d’après les registres des douanes. En 2006, le Caillou en importait plus de 136 tonnes. (© DR)

 

 

Tour à tour, les élus saluent le travail des producteurs calédoniens. Unanimité pour le texte. Personne ne s’y trompe : dans le milieu agricole, la réforme du cadre légal d’importation et d’utilisation des produits phytosanitaires à usage agricole (PPUA) était des plus attendues.

Mais les pesticides sont un sujet délicat en Nouvelle-Calédonie. Et “il aura fallu plus de 60 réunions avec 40 acteurs différents” pour aboutir, précise Nicolas Metzdorf, rapporteur spécial du texte. Le président du gouvernement, Philippe Germain, lie le projet aux objectifs de la politique agricole provinciale, développée depuis 2014 au Sud : “Accroître l’autosuffisance alimentaire en développant une agriculture durable et protectrice de l’environnement”.

Pas sûr que toutes les associations environnementales se retrouvent dans l’affirmation. EPLP en particulier. C’est elle qui a mené la fronde contre la réglementation jusque-là en vigueur, jugée laxiste en ce qu’elle permettait l’entrée sur le Caillou de certaines substances interdites en Europe.

Ces dernières années, ses attaques en justice à répétition ont rendu l’approvisionnement en pesticides des plus difficiles. De quoi “handicaper tout le secteur”, dénonce-t-on à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

La loi du pays votée vendredi dernier, qui crée un nouveau chapitre dans le code agricole et pastoral, vient remettre les choses à plat. Elle instaure un cadre, “durable, clair et simplifié” pour l’homologation et l’importation des PPUA. Au centre du dispositif, un comité unique, rassemblant les producteurs, importateurs, institutions, ou associations de défense de l’environnement et des consommateurs.

À ce comité consultatif, qui devrait permettre un gain de transparence, de s’exprimer sur les différentes substances actives, qui seront in fine autorisées ou non par le gouvernement. À noter que les produits autorisés en Europe bénéficieront d’une procédure accélérée mais que d’autres substances, y compris celles interdites en UE, peuvent être soumises à l’examen du comité. Une des raisons pour lesquelles EPLP a claqué la porte des négociations voilà plus d’un an, dénonçant un projet, “pas à la hauteur des enjeux”.

 

Consommation en baisse

 

Les autres associations sont restées, et certaines saluent une réforme qui vise aussi à “renforcer l’encadrement de l’utilisation des pesticides”. Formations obligatoires, amélioration de la traçabilité, meilleure signalétique en magasin… De quoi “tirer tout le monde vers le haut”, estime Thomas Carlen, président de l’association Bio Caledonia, qui se félicite en outre de l’exonération d’homologation offerte aux produits d’origine naturelle, dont la circulation sera ainsi facilitée.

À la FNSEA, on applaudit des deux mains. “Beaucoup d’entre nous étaient dans une situation d’insécurité vis-à-vis des alertes sanitaires avant cette réforme”, explique son président David Perrard. Un chiffre est beaucoup revenu au Congrès hier : en dix ans, l’utilisation de pesticides a été divisée par quatre dans l’agriculture calédonienne, avec un même rendement. “Hausse de technicité”, “travail” et “prise de conscience” des producteurs saluent les élus. D’autres y voient les conséquences des difficultés d’importer. 

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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