NOUVELLE-CALÉDONIE – Nouvelles demandes de protection de marché

    mercredi 12 octobre 2016

    Si la demande de Tennessee Farm a retenu l’attention, d’autres sont sur la table. Celle de Pacific Pet Food, visant à mettre sous quota une partie de l’alimentation des animaux de compagnie.  Elle aussi fait débat. (© LNC)

    Si la demande de Tennessee Farm a retenu l’attention, d’autres sont sur la table. Celle de Pacific Pet Food, visant à mettre sous quota une partie de l’alimentation des animaux de compagnie. Elle aussi fait débat. (© LNC)

     

    Importateurs contre producteurs locaux : la bisbille est presque traditionnelle en Nouvelle-Calédonie, notamment quand on parle de protection de marché. Ces mesures mises en place pour préserver la production locale de la concurrence de l’import, souvent moins cher, mais aussi moins bénéfique pour le pays en termes d’emploi et d’activité, sont discutées au comité du commerce extérieur.
    Lors de la dernière réunion, fin septembre, les participants ont été informés de plusieurs nouvelles demandes de protection, pas encore formellement présentées.
    Parmi les requérants, un fabriquant d’alimentation animale, ou la laiterie Tennessee Farm, qui a retenu l’attention. Elle demande la suspension des importations sur l’ensemble des yaourts et fromages blancs, et une mise sous quotas des crèmes desserts et spécialités laitières. Aucun vote, encore moins de décision gouvernementale, mais certains montent déjà au créneau.
    Des protections sur l’ultra-frais ? Rien de neuf : les importations de yaourts nature et sucrés sont suspendues depuis longtemps, celles des yaourts aromatisés ne le sont plus depuis 2011 – une décision qui avait abouti à un arrêt partiel de production chez Tennessee Farm –, mais restent soumises à un quota. Les desserts lactés sont, eux, taxés par une TCPPL de 12 %.

    “Appauvrissement” du choix des consommateurs

    Pour justifier le renforcement de ces mesures, le producteur calédonien dit faire face à une nouvelle concurrence, notamment par des produits UHT importés et “présentés comme de l’ultra-frais”. Et observe une “érosion de ses ventes” qui, à terme, pourrait “mettre en péril la production locale”.
    Pas de quoi convaincre les importateurs, rejoints entre autres par Sonia Backès, des Républicains, qui pointe la place prépondérante sur le marché local occupé par le groupe Calonne (Tennessee Farm, Socalait, Nestlé…) et le potentiel “appauvrissement du choix des consommateurs”. “On ne peut pas laisser un opérateur s’approprier la quasi-totalité d’un marché comportant des produits aussi basiques”, s’insurge Frédérick Drouet, le gérant de Bargibant.
    “C’est parce qu’il est en concurrence qu’il est obligé de modérer ses prix, et que plus de consommateurs accèdent à ce marché” qui progresserait de 7 % par an.
    Henry Calonne, le patron du groupe calédonien, qui emploie 40 personnes à Tennessee Farm et 110 à Socalait, dénonce, quant à lui, l’import à prix cassés. “On ne pourra jamais rivaliser. D’ailleurs, on a des yaourts importés d’Australie qui se vendent moins cher à Nouméa qu’à Sydney, c’est bien que certains ont intérêt à faire disparaître la production locale”, remarque-t-il.
    “C’est pourtant elle qui crée de la richesse dans le pays, du pouvoir d’achat pour les Calédoniens. Le marché est ouvert, d’autres producteurs sont d’ailleurs en train de s’y faire une place. Mais pour qu’ils vivent et que les prix baissent, c’est simple, il leur faut du volume.”
    En contrepartie de ces demandes, Tennessee Farm négocie avec les autorités un “contrat de performance” : engagement sur les investissements, sur l’emploi, l’innovation, les prix ou la diversité de la gamme de produits. Pas sûr que cela suffise à convaincre les sceptiques au Comex. Le débat est attendu dans les semaines à venir.

    Les Nouvelles calédoniennes

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