Habillage fond de site

Nouvelle-Calédonie – Le pin des Caraïbes prêt à construire la filière bois

jeudi 11 avril 2019

La filière bois emploie aujourd’hui plus de 150 personnes, dont une soixantaine pour Bois du Nord. Un chiffre qui peut lui aussi se développer.

La filière bois emploie aujourd’hui plus de 150 personnes, dont une soixantaine pour Bois du Nord. Un chiffre qui peut lui aussi se développer.

Aux automobilistes qui le traversent, sur la Koné-Tiwaka, le plateau de Tango offre généralement un silence impassible. Et pourtant, en suivant les pistes qui s’enfoncent dans l’immense forêt de pins des Caraïbes plantés entre 1973 et 1982 et qui couvre plus de 3 000 hectares sur les pentes de la Chaîne, c’est toute une activité qui bruisse.

De clairière en clairière, on entend les bulls qui évacuent des troncs ou des déchets verts, les équipes venues de Bopope, qui piquettent le sol pour préparer les replantations, et surtout les tronçonneuses qui rugissent… Depuis maintenant deux ans, Bois du Nord a relancé l’exploitation du massif.

“Ici, il y a du boulot pour 30 ans, et 30 ans, c’est ce qu’il faut pour qu’un pinus soit à maturité, note Yves, chef d’une équipe de bûcheronnage. Si c’est bien géré, ça peut faire travailler du monde pour très longtemps.” À la scierie toute proche, à Netchaot, ses collègues sont à pied d’oeuvre pour transformer ces pins en planches, poutres, rondins ou paillage…

Après un investissement conséquent dans de nouvelles machines, la production, de 600 mètres cubes avant la reprise, a dépassé les 2 400 m3, et Bois du Nord a bon espoir de sortir 4 000 m3 de bois d’ici quelques années.

Une production que l’agrément accordé par le gouvernement au pinus le 4 avril devrait aider à écouler.

 

Trois quarts d’import

 

Aujourd’hui, c’est le pinus caribaea en tant que ressource naturelle qui a reçu un agrément, précise Thibault Guiraudie, ingénieur bois pour la SAS. Ça veut dire qu’il présente les caractéristiques mécaniques et la résistance nécessaire pour servir dans la construction.”

Un secteur dans lequel le pinus caribaea, pourtant très abondant sur le territoire, a du mal à faire sa place face à l’import. En 2017, le bois de sciage local ne pesait que 14 % de la consommation. Et même en comptant les rondins de bois, marché historique des scieries calédoniennes, seul un quart du bois utilisé dans le pays vient de ses forêts. Et si les constructions en bois local sont déjà possibles – des maisons, des écoles ou des mairies sont déjà habillées de pinus – les principaux maîtres d’ouvrage, les bailleurs sociaux en particulier – sont réticents à l’utiliser.

“Le radiata de Nouvelle-Zélande ou le pin sylvestre d’Europe arrivent avec des certifications et il faut que le pinus local, qui est un très bon bois, apporte aussi ses garanties pour créer la confiance”, explique Ricardo Pinilla-Rodriguez, directeur de Sud Forêt et président du groupement professionnel des exploitants forestiers relancé voilà trois ans.

C’est ce collectif d’entreprises, publiques et privées, qui est à l’origine de la demande d’agrément. Pour faire la guerre à l’import ? “Pas du tout, assure le responsable. On veut développer le local, mais surtout développer une filière : le bois n’est pas assez utilisé dans la construction et pourtant c’est durable et par rapport au béton, ça économise l’eau, du sable et des émissions de CO2.”

 

Les Nouvelle calédoniennes

 

 

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