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Nouvelle-Calédonie – Quel plan d’action pour lutter contre la délinquance ?

vendredi 5 avril 2019

Dans le pays, les violences faites aux femmes, les cambriolages et les vols de voiture restent bien plus élevés que dans l’Hexagone. / Photos : archives LNC

Dans le pays, les violences faites aux femmes, les cambriolages et les vols de voiture restent bien plus élevés que dans l’Hexagone. / Photos : archives LNC

• Un plan quinquennal

 

Le 12 mars 2018, le Congrès adoptait le plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance (PTSPD)
pour la période 2018-2022. Ses principaux objectifs sont pour le moins ambitieux puisqu’il s’agit d’inverser la
courbe de la délinquance et de changer le comportement des Calédoniens face aux conduites à risques.

C’est pourquoi 139 actions ont été listées, en particulier à destination de la jeunesse. Au total 337 millions de francs y seront consacrés cette année. Une enveloppe financée par l’augmentation des taxes sur l’alcool votée par le Congrès le 29 décembre 2017.

Hier, de nombreux représentants des institutions du pays (gouvernement, haut-commissariat, provinces, communes, aires et sénat coutumiers, procureur de la République, etc.) se sont ainsi réunis à la Communauté du Pacifique pour tirer un premier bilan. En demi-teinte.

 

• Le contexte

 

“Il a fallu être novateur pour concevoir ce plan destiné à prolonger et à accompagner l’action de l’État dans la lutte contre la délinquance, en augmentation de 40 % sur notre territoire entre 2009 et 2017”, a d’emblée rappelé le président Philippe Germain, qui estime que les “résultats sont aujourd’hui là”, même s’ils restent “fragiles”.

Certes, certains chiffres de 2018 sont encourageants avec notamment un recul (-1,7 %) pour la deuxième année consécutive des atteintes aux biens, mettant fin à plusieurs années de hausse (+11 % entre 2014 et 2016).

Mais le bilan 2018 n’est pas pour autant glorieux, comme en témoignent les atteintes aux personnes en progression de 4,8 %. “Nous avons toujours trois problématiques de délinquance, spécifiques à la Nouvelle-Calédonie : les cambriolages, deux fois plus nombreux qu’au niveau national, les vols de voiture, 2,5 fois plus nombreux et les violences volontaires, pose Matthieu Doligez, directeur de cabinet du haussariat. Le tout sur fond d’alcool et avec une part préoccupante de mineurs.”

À titre d’exemple, un cambriolage sur deux est commis par un jeune de moins de 18 ans. Sans oublier les chiffres de la sécurité routière, également en demi-teinte. Si le nombre de tués sur les routes diminue de 5,4 %, le taux de mortalité reste cinq fois plus élevé que dans l’Hexagone, et les accidents et les blessés sont respectivement en hausse de 20 % et de 15 %.

 

• La lutte contre l’alcool

C’est la priorité “numéro 1” de ce plan, qui part d’un constat affligeant, en particulier à Nouméa où 80 % des personnes prises en flagrant délit sont sous l’emprise de l’alcool. Pire, dans la capitale “des records sont battus” en ce qui concerne les ivresses manifestes sur la voie publique avec pas moins de 5 530 interpellations l’an passé, soit une moyenne de 15 par jour.

“Ce ne sont pas que des personnes en marge de la société. Nous rencontrons des gens qui n’iront qu’une seule fois dans leur vie en cellule, souvent en raison d’un coup de fête qui va trop loin. C’est une problématique sociétale complète”, alerte Matthieu Doligez.

Plusieurs mesures pour lutter contre la consommation excessive d’alcool sont donc d’ores et déjà entrées en vigueur. À commencer par l’interdiction de la publicité, le renforcement de la lutte contre le marché noir (les grossistes ne peuvent plus vendre aux particuliers), la tolérance zéro pour les jeunes conducteurs et surtout la hausse de la fiscalité.

Et selon les autorités, les volumes importés et la consommation aurait nettement reculé l’an passé : – 40 % pour l’alcool fort, – 32 % pour le vin, – 15 % pour la bière et enfin – 17 % de personnes en état d’ivresse manifeste.

Autre action, qui a fait couler beaucoup d’encre cette semaine : le premier arrêté du gouvernement d’interdiction de consommation d’alcool sur certains lieux publics à Dumbéa. Une mesure pour laquelle un appel a été fait auprès des maires présents afin d’emboîter le pas.

 

• Violences intrafamiliales

 

Là encore, le pays bat des records, avec des actes deux fois plus nombreux que dans l’Hexagone. Un fléau que subissent, en particulier, les femmes. Selon une enquête de 2017, une femme sur cinq déclare avoir subi des violences au cours des douze derniers mois. Mais seulement une personne sur deux prise en charge dépose encore plainte. L’objectif premier est donc de “libérer cette parole”. Mais encore faut-il que ce discours soit suivi d’actes.

Ainsi deux mesures seront financées en 2019 : l’élargissement des horaires de la plateforme SOS écoute (05.30.30), notamment le soir, et la mise en place d’un réseau de familles d’accueil pour mettre à l’abri les victimes. Et ce, en lien avec les réseaux des aires coutumières “pour remédier à l’insuffisance du nombre de structures”.

Parmi les autres annonces : la mise en place “très prochaine” du téléphone grand danger destiné aux victimes les plus vulnérables afin de déclencher une alerte en cas de menace. Un projet vieux de deux ans.

“La géolocalisation est opérationnelle depuis le 1er avril, c’est une très bonne nouvelle. Le dispositif devrait arriver désormais très vite”, assure le procureur de la République Alexis Bouroz.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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