NOUVELLE-CALÉDONIE – La population de dugongs divisée par deux en dix ans

    jeudi 10 novembre 2016

    “L’espèce est menacée de disparition”. Le collectif invite  les Calédoniens à prendre le message très au sérieux,  “avant qu’il ne soit trop tard”. (© archives LNC)

    “L’espèce est menacée de disparition”. Le collectif invite les Calédoniens à prendre le message très au sérieux, “avant qu’il ne soit trop tard”. (© archives LNC)

     

     

    “Chaque dugong compte désormais.” Voilà ce qu’il faut retenir du plan d’actions 2010-2015 pour la protection de cette sirène en sursis. “À chaque fois qu’un individu meurt de façon non naturelle, la survie de l’espèce est remise en question”, alertait, hier, Lionel Gardes, chef d’antenne des aires marines protégées.

    Au-delà de cinq morts par an, la population décline. Grâce à la télémétrie, qui consiste à poser des balises Argos sur les vaches marines, on sait aujourd’hui qu’il ne reste que 750 dugongs en Nouvelle-Calédonie, contre près de 2 000 au début des années 2000. “En si peu de temps, on a pu voir un impact visible. Si on se contente de les compter, on risque d’arriver trop tard”, renchérit Claire Garrigue, membre d’Opération cétacé.

     

    Cinq à six petits sur toute une vie

     

    De nombreuses menaces pèsent sur cette sirène qui affectionne les côtes et les eaux peu profondes (entre 2 et 20 mètres). En tête de file ? Le braconnage, auquel s’ajoutent les collisions, les captures accidentelles et la dégradation de l’habitat.
    Particulièrement vulnérable, le dugong a une très faible diversité génétique. Une famille, sur les quatre qui vivent en Nouvelle-Calédonie, concentre 80 % des individus recensés. Il s’en faut de peu pour que l’une des trois autres s’éteigne.

    D’autant que l’animal a une résilience limitée avec un taux de reproduction très faible. Cinq à six petits sur toute une vie (jusqu’à 70 ans). À cela s’ajoute une maturité tardive (10 à 17 ans). Et si sa nourriture vient à manquer, il cesse de se reproduire. Or le mammifère consomme près de 40 kilogrammes d’herbes marines par jour. “Soit 10 % de son poids (450 kg, NDLR)”, commente Lionel Gardes.

    Or, la pose des balises Argos a permis de constater que l’animal se déplace beaucoup dans tout le lagon. Ce qui justifierait une interaction fréquente entre un même individu et plusieurs plaisanciers.
    “On peut avoir l’impression d’en rencontrer beaucoup, mais vu les distances qu’ils parcourent,
    il peut très bien s’agir du même dugong”, signale le chef d’antenne. De quoi également s’interroger sur l’efficacité de leur conservation au sein d’une aire marine protégée, attendu que les vaches marines font assez peu de cas des frontières.

    D’autant que les gardes nature de la province Sud ne peuvent intervenir que pour constater le flagrant délit. “Une fois dans le coffre, ou le congélateur, on ne peut plus rien faire”, se désole Jean-Marie Lafond, directeur de l’environnement à la province Sud. Un rapprochement avec les douanes et le parquet devrait permettre d’aller plus loin dans la répression et dissuader les plus récalcitrants.

     

     

    LNC

     

     

     

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