Nouvelle-Calédonie – Priscillia et Sylvia, les compagnes des pêcheurs disparus le 27 août, se confient

    samedi 24 septembre 2016

    pêcheurs

    Sébastien (en photo) et Julien, “frères de cœur”, étaient des férus de sorties en mer. Le week-end de leur disparition, malgré le mauvais temps, ils avaient décidé de pêcher à la traîne. (Photo : Photo : DR)

     

    Elles n’ont pas l’intention de baisser les bras. Un mois presque jour pour jour après la disparition de Julien et Sébastien lors d’un naufrage en mer, Priscillia et Sylvia ont décidé de témoigner pour, avant tout, “remercier du fond du cœur tous ceux qui nous aident et qui nous permettent de tenir”.

     

    Car depuis le 27 août, date de disparition de ces deux pêcheurs dans le Grand lagon Sud, entre Mato et Kouaré, les compagnes ont remué ciel et terre à la recherche du moindre indice. “On s’accroche. On va continuer à chercher car on y croit encore. Nous ne pouvons pas abandonner maintenant, peut-être qu’ils nous attendent quelque part”, confie Priscillia, 25 ans, la voix tremblotante.

    Son” Julien, elle n’arrive pas à en parler, ne serait-ce que pour le décrire. Trop compliqué de parler de lui au passé. Si elles persistent à explorer le plus d’îlots possibles et à fouiller minutieusement la baie de Saint-Vincent (où se jette la rivière la Tontouta), à quelques kilomètres de la baie de Timbia, à Païta, où une combinaison et une Go Pro filmant le naufrage ont été retrouvées, “c’est parce qu’il y a encore une chance de les revoir”.

    Mais on sait très bien que retrouver Sébastien et Julien relève du miracle. Le temps joue contre nous”, avoue Sylvia. “Nous n’avons plus d’indice et très peu de pistes. Il faut tenir compte de toutes les hypothèses, mais c’est de plus en plus dur”, souffle, les larmes aux yeux, cette maman d’une petite fille de cinq mois.

     

    Épave découverte ?

     

    Si Priscillia et Sylvia ont encore un espoir fou de serrer dans leurs bras Sébastien et Julien, elles veulent aussi être réalistes. “On sait qu’ils n’ont pas pu tenir plus de trois jours dans l’eau. Ce ne sont pas des surhommes”, concède Priscillia. “Mais ils sont débrouillards. S’ils ont réussi à atteindre un îlot, ils savent comment se nourrir et s’abriter”, enchaîne Sylvia.

    Ce qu’elles souhaitent par-dessus tout, “ce sont des réponses”. “Quelles soient positives ou négatives”, continue la compagne de Sébastien. Une chose est sûre, Priscillia et Sylvia ne savent pas quand elles mettront fin aux recherches.

    “Quand on aura tout épuisé, on s’arrêtera. Même si on n’est pas toujours lucides sur tout, on sait qu’un jour, il faudra les stopper”, disent-elles. Alors, ces dernières mettent le maximum de chances de leur côté. Après les expéditions pédestres sur les îlots, les dizaines d’heures de vol au-dessus du Grand lagon Sud jusqu’aux îles Chesterfield, Priscillia et Sylvia orientent désormais leurs investigations vers l’épave du bateau.

    Lors d’un survol, une tache blanche immobile, qui pourrait ressembler à la coque d’un bateau, a été repérée. Si les compagnes ont fait appel à un plongeur, elles envisagent aussi d’engager un drone sous-marin.

    Autre mystère pour elles : la glacière bleue. “Sur les dernières images de la Go Pro, alors qu’ils sont déjà naufragés, ils la tiennent dans leurs mains. Pourquoi nous ne l’avons jamais retrouvée ? C’est un mystère”, explique Sylvia. “Cette disparition est une série d’énigmes”, ajoutent-elles.

    Dans les dernières secondes de la vidéo Go Pro, Julien hurle “on se bat pour vous”. Priscillia et Sylvia veulent le croire.  

     

    Les Nouvelles calédoniennes

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete