Nouvelle-Calédonie : quel rôle pour l’ONU ?

    mercredi 8 octobre 2014

    Les déclarations de Cynthia Ligeard, présidente du gouvernement, puis des représentants des camps indépendantistes et non-indépendantistes étaient censées « éclairer » les travaux de la Quatrième commission en charge de la décolonisation.

    Soutenu par le Forum du Pacifique sud, Jean-Marie Tjibaou a obtenu de l’Organisation des nations unies en 1986 qu’elle réintègre la Nouvelle-Calédonie dans la liste des territoires non-autonomes. Vingt-huit ans plus tard, c’est devant un comité ad hoc, appelé le comité spécial des 24 – en raison du nombre de pays qui le composaient au départ, un chiffre passé à 29 depuis – que des représentants indépendantistes et non indépendantistes se sont exprimés à New York le 27 juin. On se souvient notamment de la charge de Roch Wamytan contre l’État français. Gaël Yanno s’était exprimé de son côté pour le camp « loyaliste ». Les membres du comité spécial de décolonisation ont eu depuis la tâche de s’accorder pour présenter un rapport devant l’Assemblée générale des Nations unies. Ou plutôt devant sa très sensible Quatrième commission, qui est en charge « des politiques spéciales et de la décolonisation ». Son rôle est d’examiner l’avis du Comité spécial des 24, d’en discuter, et de rédiger les éventuelles propositions de résolutions qui lui sont soumises.  
    Et c’est pour éclairer les 193 membres de cette commission que les politiques calédoniens devaient s’exprimer la nuit dernière. Cynthia Ligeard, présidente du gouvernement, avait comme mission de présenter la situation de manière consensuelle, fonction oblige. Dix minutes lui étaient imparties. L’Union calédonienne devait ensuite entrer en piste pour deux interventions de quatre minutes. Roch Wamytan et Daniel Goa (ou Mickaël Forrest, un doute subsistait à l’heure où nous écrivons ces lignes) s’exprimaient pour le camp indépendantiste. Philippe Dunoyer a été désigné pour les non-indépendantistes. Un choix, celui d’un représentant de Calédonie ensemble, dicté par le contrat de gouvernance solidaire qui stipule que la « voix loyaliste » sera portée à tour de rôle par chacune de ses composantes. Tous avaient prévu d’évoquer la problématique du corps électoral, un sujet décidément totalement lié à la sortie de l’accord de Nouméa puisque cette sortie, justement, semble bien difficile à imaginer sans une entente préalable sur ce thème. Les travaux de la Quatrième commission seront enfin soumis à l’Assemblée générale des Nations unies qui devra les adopter, ou non, en séance plénière. À noter tout de même qu’aucune résolution portant atteinte aux intérêts de la France ne peut être réellement adoptée puisque le pays dispose d’un droit de veto à l’ONU… qu’il est cependant assez difficile politiquement parlant de faire valoir. Rappelons enfin que l’ONU considère dans sa résolution 1541 qu’un territoire a atteint sa « pleine autonomie » quand « il est devenu État indépendant et souverain, quand il s’est librement associé à un État indépendant ou quand il s’est intégré à un État indépendant ». Soit trois possibilités offertes par l’accord de Nouméa.

    Les Nouvelles calédoniennes

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