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NOUVELLE-CALÉDONIE – Les requins sont-ils plus nombreux sur les côtes ?

mardi 28 mai 2019

Le requin-bouledogue est, avec le tigre et le grand requin blanc, l’une des trois espèces de squale potentiellement dangereuses pour l’homme. Photo : DR

Le requin-bouledogue est, avec le tigre et le grand requin blanc, l’une des trois espèces de squale potentiellement dangereuses pour l’homme. (Photo : DR)

À chaque attaque de requin, un regain d’appréhension gagne bon nombre de Calédoniens, en particulier avant d’aller nager. Le drame de samedi dernier, dans la marina de Port-du-Sud, au cours duquel un garçon de 10 ans s’est fait arracher la jambe jusqu’à la hanche pendant qu’il se baignait, est bien sûr encore sur toutes les lèvres. Et suscite autant d’émotion que de questions. A commencer par savoir si les squales, et notamment les requins-bouledogues, responsables de plusieurs attaques, sont de plus en plus nombreux dans les eaux nouméennes ?

Tout un faisceau d’indices tend à le confirmer à en croire certains spécialistes, dont Philippe Tirard : “J’ai quarante-six ans de recul sur cette question. Cela a commencé au début des années 1970, avec le marché à poissons de la baie de la Moselle où les restes finissaient dans l’eau, ce qui attirait les requins. Puis progressivement, de plus en plus de gens ont commencé à vivre sur des bateaux, ce qui a engendré des rejets, sans compter ceux de la ville qui se développait, raconte ce retraité auteur de l’ouvrage Requins du Caillou. Tout doucement, cela a attiré les squales vers Nouméa et ils ont commencé à se sédentariser. En particulier les requins bouledogues dans le secteur de Nouville là où il y a une activité de pêche. C’est un biotope qui leur convient parfaitement. Ils se sont installés durablement et se sont multipliés”.

 

Le bouledogue est dangereux

 

Car les bouledogues affectionnent particulièrement les eaux troubles en fond de baie. Mais “le problème, c’est qu’on les trouve partout”, nuance Philippe Tirard, qui cartographie néanmoins une zone a priori beaucoup plus exposée : de la pointe Chaleix, baie de la Moselle et petite rade incluse, jusqu’à la grande rade de Nouville.

“Dans ce coin, il ne faut surtout pas aller dans l’eau, je pense également à ceux qui grattent leurs bateaux dans les ports et au mouillage, c’est très dangereux. Mieux vaut aller vers les îlots, où l’eau est plus claire, recommande cet ancien plongeur de l’IRD. Le bouledogue est un requin potentiellement très dangereux qui attaque frontalement, sans repérage préalable comme le fait le tigre, plus gros, mais aussi plus timide.”

Autant de facteurs de risque qui ont poussé la mairie de Nouméa à multiplier les réglementations. Ainsi, depuis 1998, un arrêté municipal interdit tout rejet de déchets organiques dans l’eau, qu’il soit intentionnel ou non.

Par ailleurs, la baignade est strictement interdite dans l’ensemble des zones portuaires, dont les marinas. “Par définition, on peut se baigner partout ailleurs, en dehors des interdictions temporaires pour lesquelles on hisse le drapeau rouge. C’est notamment le cas, par principe de récaution, lorsque l’on nous signale un squale, explique Romain Paireau, secrétaire général à la mairie, qui se veut néanmoins rassurant. Cela arrive plusieurs fois par an, mais ces signalements ne sont pas plus nombreux qu’avant et ils ne sont pas tous avérés.”

Mais la ville est aujourd’hui confrontée à un problème de taille : le nombre grandissant de bateaux dans ses eaux, qui semblent attirer les squales comme des aimants.

“On sait que les requins bougent de Nouville où il y a des pêcheurs jusqu’aux rades et aux baies occupées. Or, on a des zones portuaires, des marinas et près de 200 bateaux au mouillage avec des rejets organiques quotidiens. Forcément, cela attire…, poursuit Romain Paireau, inquiet de l’apparition de nouveaux navires au large de la baie des Citrons. On ne veut pas laisser se développer ces mouillages sauvages pour deux raisons : la qualité sanitaire des eaux et le risque requin. Si l’on ne fait rien, cela va se multiplier. On a déjà adressé deux courriers aux affaires maritimes car la ville n’est compétente que dans une bande de 300 mètres après le rivage.”

En vue de sécuriser davantage ces zones de baignade, une vaste étude sur quatre ans est lancée dans les eaux nouméennes. Objectifs : évaluer l’abondance des requins, connaître leurs comportements, leurs déplacements et leurs zones d’habitat.

“L’intérêt pour la ville concerne la gestion du risque. Il s’agit de disposer d’une photographie des populations en présence et de savoir si les squales se rapprochent ou non des zones de baignade. Selon les données qui en ressortiront, on prendra les dispositions nécessaires, explique le secrétaire général, qui n’exclut aucune éventualité. Cela peut passer par la pose de filets anti-requins, d’un dispositif d’ultrasons sous-marins qui font fuir les squales, d’une surveillance accrue, voire de l’euthanasie. Toutes les options sont sur la table, mais il faut garder la tête froide et attendre.”

Les premiers résultats de l’étude devraient tomber d’ici juillet.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

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