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Nouvelle-Calédonie – Saint-Louis est devenu “un sanctuaire pour les évadés”

jeudi 22 décembre 2016

saint louis

Les affrontements au sein même de la tribu de Saint-Louis seraient dus à la volonté d’une bande, lourdement armée,
et faisant régner la terreur parmi les habitants. (© LNC)

 

 

“La mort de Ramon Noraro, c’est l’illustration d’une guerre que se mènent des bandes rivales, ou sinon des éléments rivaux, dans une logique de conquête de terrain que, moi, j’assimile finalement aux règlements de comptes qu’on a à Marseille. Une lutte de prise de pouvoir sur le territoire”, indique le procureur de la République, Alexis Bouroz.

Après un mois et demi d’enquête, pas moins de 18 interpellations, cinq personnes écrouées et six placées sous contrôle judiciaire, les autorités commencent à connaître le contexte dans lequel s’inscrit cet épisode de violences. “Les gendarmes ont pu intervenir de nuit car on est dans le spectre du régime dérogatoire du Code de procédure pénale, lié au grand banditisme.”

Le procureur de la République, Alexis Bouroz, le dit sans détour : “Saint-Louis est malade d’une partie de sa jeunesse. Le drame de William Decoiré (tué par un gendarme le 29 octobre, NDLR) a poussé un certain nombre de gens mal informés sur des barricades, instrumentalisés. D’autres ont entretenu des mensonges pour entraîner le plus grand nombre dans une délinquance de grand chemin.”

Résultat : la mort de Ramon Noraro, abattu par un homme de 27 ans, évadé du Camp-Est, depuis mai 2015, qui voulait simplement rester discret.

Ce qui s’est réellement passé ce soir-là ? “Le groupe de Noraro s’est présenté au domicile du père du tireur à 23 h 30 pour en découdre. Certains sont alors armés. L’homme de 27 ans est présent. Il fait directement feu, a priori, à une reprise et blesse un mineur de 15 ans, touché en plein visage, qui vient de perdre l’usage total d’un œil et à 90 % celui de l’autre œil.”

Ce qui ressort de la multitude d’auditions effectuées par les enquêteurs ces derniers jours est que, durant plusieurs heures, Noraro et le tireur se cherchent. S’intimident.

“La tension s’inscrit dans des reproches faits par Noraro à l’encontre du tireur et de ses amis de ne pas vouloir semer le trouble, avec eux, sur les barricades, indique le procureur. Et, de mon point de vue, c’est aussi un prétexte, puisqu’on a déjà des incendies en 2014 d’une bande vis-à-vis de l’autre. Un fond de litige foncier puis une guerre de territoire.”

À 8 heures du matin, Ramon Noraro décide de se présenter au domicile du tireur. Celui-ci est présent et, toujours selon les témoignages, il n’hésite pas. Il sort avec son fusil de calibre 12, puis tire une fois au niveau du cou et du torse pour blesser mortellement Noraro.

L’autre homme qui est venu avec le meneur tente de prendre la fuite, mais se fait atteindre par du plomb au niveau des jambes. S’étant depuis rendu aux gendarmes, l’homme au fusil vient d’être mis en examen pour meurtre et tentatives de meurtre et incarcéré.

Depuis cet épisode sanglant, la tension semble être redescendue. “On a la confirmation que Ramon Noraro et Rock Victorin Wamytan (alias Banane, NDLR) étaient des meneurs qui instrumentalisaient les mineurs. Les moins de 18 ans sont surreprésentés et, parmi eux, certains ne sont absolument pas connus des services.”

À présent, ils ne seraient plus qu’entre quatre et six individus hors de contrôle. “Un autre évadé et des jeunes de l’entourage de Noraro, qui donnent l’impression d’être fanatisés. Mais ils ont franchi un palier qui fait qu’apparemment, ils ne sont plus recherchés uniquement par nous, mais également par la population.”

Une accalmie serait donc enfin possible. Reste tout de même un bilan. Triste et sans concession, dressé par le patron du parquet, en rappelant que tous les principaux protagonistes étaient en état d’évasion.

“À l’heure actuelle, Saint-Louis présente, sous certains aspects, les formes d’un sanctuaire pour les évadés. Nous avons énormément de gens qui sont victimes de ces hommes mais également une passivité et parfois même une complicité des habitants. Aucun renseignement n’est transmis pour les interpeller.” 

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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