NOUVELLE-CALÉDONIE – Le sang a encore coulé aux abords de la tribu de Saint-Louis

    mardi 31 janvier 2017

    Pour le patron des gendarmes en Nouvelle-Calédonie, le colonel Emmanuel Miglierina, “nous sommes, encore une fois, passés à deux doigts d’un drame” dans la soirée de dimanche à lundi lorsque trois militaires ont été blessés par des tirs. (© LNC)

    Pour le patron des gendarmes en Nouvelle-Calédonie, le colonel Emmanuel Miglierina, “nous sommes, encore une fois, passés à deux doigts d’un drame” dans la soirée de dimanche à lundi lorsque trois militaires ont été blessés par des tirs. (© LNC)

     

    Les armes vont devoir se taire une bonne fois pour toutes. Ce matin, l’État a rendez-vous avec les représentants des chefferies de Saint-Louis, Wamytan et Moyatéa, dans “une réunion de dernière chance”, dixit Laurent Cabrera, secrétaire général du haut-commissaire, afin de trouver une sortie de crise à la flambée de violence qui frappe les abords de la tribu.

    Car dans la nuit de dimanche à lundi, peu avant 23 heures, des automobilistes ont été, une nouvelle fois, victimes de tirs et de caillassages, nécessitant la fermeture de la RP1. Avant que trois gendarmes ne soient encore blessés par balles alors même qu’ils étaient à l’intérieur des véhicules blindés.

     

    Des balles pour tuer

     

     

    Des balles qui ont pu transpercer le blindage du véhicule car “elles ont été trafiquées”, annonce Laurent Cabrera. “Ce type de munitions n’est même pas utilisé sur des théâtres d’opérations en Afrique. Ce sont des balles pour tuer.”

    Au vu de la gravité des faits, l’État lance un ultimatum de moins d’une semaine à ces meurtriers en puissance. “Nous voulons que les personnes responsables de ces tirs, qui se comptent sur les doigts d’une main, sortent de la tribu ou soient sorties de la tribu”, explique le secrétaire général qui espère que la discussion avec les coutumiers portera ses fruits car “nous sommes arrivés au bout de l’exercice de médiation”.

    Sans quoi, les autorités lanceront une opération d’envergure au sein de la tribu qui “se traduira, nécessairement et malheureusement, par des pertes d’un côté ou de l’autre, voire des deux. Ce ne sera pas une opération facile à mener”, ajoute Laurent Cabrera. Pour la première fois depuis l’embrasement de Saint-Louis fin octobre dernier, l’État apporte une réponse extrêmement claire et ferme. “Désormais, les règles d’engagement de la gendarmerie seront différentes. Lorsque la route rouvrira, j’espère le plus tôt possible, la gendarmerie répliquera
    s’il y a de nouveaux tirs. Ce qui veut dire qu’il y aura des débats. C’est une responsabilité lourde que l’État assumera”, explicite ce dernier.

    Il ne reste donc que quelques jours aux tireurs et autres fauteurs de troubles pour se rendre. Sans quoi, les armes risquent de parler à nouveau. Des deux côtés cette fois.

     

    Les Nouvelles calédoniennes

     

     

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