Nouvelle-Calédonie – Les soldats du feu tirent la sonnette d’alarme

    jeudi 29 septembre 2016

    pompiers

    Le nombre de départs d’incendie, parfois mineur, a été remarquable sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, hier. Une vingtaine d’entre eux ont été communiqués à la rédaction par les différentes autorités entre 11 et 18 heures. (Infographie : LNC)

     

    Une journée dans les flammes. Avec une vingtaine d’incendies combattus. Et surtout un vrai sentiment de ras-le-bol. Voilà comment Rémi Gallina, président de l’Union des pompiers calédoniens, résume la situation pour cette nouvelle saison administrative des feux de forêt (Saff).

     

    Depuis le début de la semaine, les soldats du feu multiplient les interventions, régulièrement appuyés par les hélicoptères bombardiers d’eau, le matériel au sol et les hommes de la sécurité civile. “C’est tout simplement insuffisant, tempête Rémi Gallina. Les départs de feu se multiplient et ce qu’on nous propose est dérisoire. Nous souffrons d’un manque de personnels chronique.

    D’autant que les annonces effectuées par le gouvernement tardent à arriver. L’application smartphone “prévention des feux de forêt”, mise en place par la Nouvelle-Calédonie et destinée à permettre à n’importe quel utilisateur de transmettre des informations sur un départ d’incendie, n’est toujours pas en fonction. Les guetteurs, des jeunes effectuant cette mission dans le cadre de leur service civique, ne sont pas encore formés.

    Ce système a déjà été abandonné il y a plusieurs années, faute d’efficacité, s’agace le président des sapeurs calédoniens. Forcément, les pompiers sont sceptiques. Cette année, il y a une variante du système. Certains devront traiter les appels d’urgence avec un encadrement de pompiers. Ce seront alors des hommes en moins sur le terrain.

    Éric Backès, directeur de la sécurité civile, tient, de son côté, à nuancer ces propos et à rappeler que ces “63 auxiliaires de sécurité civile ne sont présents qu’à titre préventif. En aucun cas, ils ne traiteront les appels d’urgence seuls. Leurs salaires sont assurés par le gouvernement et l’État et les communes en disposeront comme elles le souhaitent.

    Mais ce qui met surtout en colère le représentant des pompiers sur le Caillou, ce sont peut-être les moyens aériens. Ou leur absence. “Nous avons déjà 1 500 hectares dévastés à l’île des Pins et une cinquantaine de personnes pour lutter. C’est une aberration. Les départs de feu s’enchaînent et les volontaires comme les professionnels étaient déjà épuisés avant même d’avoir entamé cette fameuse Saff. Les trois hélicoptères de la sécurité civile ne suffisent plus.”

     

    Renforts de l’État en saison des feux

     

    Autre point d’interrogation, en cas de feu catastrophique, “le plan Orsec de niveau 3 sera-t-il déclenché ?”, s’interroge Rémi Gallina. Le président du gouvernement a bel et bien été contacté par le haussariat au mois d’août pour savoir s’il était intéressé par une étude de renforts de l’État en saison des feux. Il s’y est évidemment déclaré favorable dès le mois de septembre.

    Des spécialistes de la sécurité civile en métropole devraient se rendre en fin d’année sur place pour évaluer les besoins. Mais, même en cas d’avis favorable de renfort aérien, il faudra sortir les calculettes. La mise en action d’un avion Dash, semblant être le moyen aérien le plus approprié, revient très cher. Environ 83 millions de francs, avec heures de vol comprises pour un seul avion…

    Ces carences ou retards ne peuvent être évoqués en écartant la responsabilité des communes. La maîtrise des sinistres et donc la lutte contre les incendies sont de la responsabilité des communes qui, quelles que soient leurs ressources, doivent faire le nécessaire.

     

    Les Nouvelles calédoniennes 

     

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