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Nouvelle-Calédonie : Une surveillante a-t-elle échangé des informations sensibles avec un détenu ?

mercredi 24 avril 2019

Le mari de la surveillante avait été placé en garde à vue le matin même dans cette affaire. Photo : archives LNC

Le mari de la surveillante avait été placé en garde à vue le matin même dans cette affaire. (Photo : archives LNC)

Au petit matin du 30 mai dernier, vers 6 h 30, les caméras de vidéosurveillance filment un intrigant manège au quartier des arrivants du Camp-Est. Sur les bandes d’enregistrement, on voit une surveillante de l’administration pénitentiaire attendre d’être seule dans un couloir, puis ouvrir une cellule avant d’inviter un détenu à la suivre dans un bureau juste à côté, à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. Dix-huit minutes plus tard, le prisonnier réintègre sa cellule. La gardienne, son poste au bâtiment des parloirs.

Que se sont-ils dit ? Quels sont leurs liens ? Et pourquoi s’affranchir des règles de sécurité pour approcher un détenu ? Le parquet, qui a estimé qu’il y avait assez d’éléments dans le dossier, a poursuivi la fonctionnaire devant le tribunal correctionnel pour “communication non autorisée avec un détenu”. La défense a plaidé la relaxe.

Le 30 mai dernier, l’homme âgé de 26 ans vient de passer sa première nuit en prison. Deux jours plus tôt, il avait été cueilli dans sa villa de luxe à Tina-Golf : gérant d’une société de vente d’alcool à domicile, il est soupçonné d’avoir tenu un réseau d’approvisionnement illicite d’alcool. C’est cet homme, mis en examen des chefs de blanchiment, de fraude fiscale ou encore de travail dissimulé que la surveillante va chercher dans sa cellule. Elle n’a pourtant rien à faire au quartier des arrivants.

Enceinte de trois mois, elle a été affectée à “un poste protégé”, comprenez moins dangereux, au parloir. “On a discuté de la détention, comment ça fonctionnait, vers quels chefs il devait se tourner en cas de problèmes”, explique la gardienne de prison, suspendue de ses fonctions depuis un an.

“Dix-huit minutes de conseils, c’est long…”, fait remarquer la présidente, un brin dubitative. La juge rappelle aussi qu’il n’y a eu aucune demande d’autorisation pour aller voir ce détenu et que, donc, le cadre légal des communications entre surveillant et détenu n’a pas été respecté. “Faux, je l’ai dit au chef de poste, mais je n’ai pas précisé que mon compagnon travaillait en tant que livreur pour ce détenu et qu’il avait été placé en garde à vue le matin-même dans cette affaire. Je parle avec beaucoup de prisonniers, je pensais bien faire”, admet-elle, visiblement confuse.

La procureure de la République, Céline Fortesa, ne croit pas une seconde la prévenue, la suspectant d’avoir échangé des informations sensibles avec le suspect : “La première chose que vous faites en arrivant à 6 h 30, avant même d’aller à votre poste, c’est faire le forcing pour communiquer avec ce détenu. Vous avez franchi la ligne, vous avez déraillé et abusé de vos fonctions.” Huit mois avec sursis et une interdiction d’exercer dans l’administration pénitentiaire pendant cinq ans sont requis.

Pas de quoi décontenancer la défense qui ne dévie pas de sa position, la relaxe pure et simple. Le délibéré est attendu dans une semaine.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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