Nouvelle-Calédonie : ultraviolets ultratoxiques

    vendredi 9 janvier 2015

    C’est un sujet encore « tabou » en Calédonie : les dégâts du soleil. Une insouciance qui peut rapidement conduire à un mélanome. C’est surtout vrai ici. Par sa position géographique, le Caillou est particulièrement exposé au rayonnement UV. « Il faut se mettre de la crème solaire dès le matin et tous les jours !, martèle Gilles Guillaume, dermatologue. C’est presque une obligation en Calédonie », que l’on s’expose à la plage ou pas.
     
    • Index UV
    Au-dessus de nos têtes, la couche d’ozone ne filtre plus beaucoup. C’est l’indice UV qui le dit. Cette valeur estime la toxicité du soleil sur une échelle de 0 (risque minimal) à 11 + (risque très élevé). Même en hiver, on franchit ce seuil. Alors qu’en Métropole il oscille de 1 à 9, en Calédonie, il crève le plafond et peut atteindre 18 en été. Au vu de ces indices, on comprend mieux pourquoi il faut se protéger. « En Calédonie, un enfant sur quatre risque un cancer de la peau plus tard. Le photovieillissement est une réalité, beaucoup de gens font quinze à vingt ans de plus qu’en Métropole. »
     
    • Le capital soleil
    Saviez-vous que l’homme cumule des UV dès la naissance ? A 18 ans, on a ainsi déjà épuisé 70 % de notre capital soleil. Au fil du temps, ces UV cumulés deviennent toxiques. Ils abîment le collagène et le fibroblaste, favorisant le vieillissement cutané. Résultats : on s’expose à un risque de cancer de la peau.
     
    • La mélanine, un bouclier
    Plus la peau est claire, plus elle est fragile. La protection au soleil dépend ainsi du phototype (la couleur de la peau) qui varie de 0 (peau très blanche et laiteuse) à 6 (peau noire). Il est déterminée par la mélanine, qui joue un rôle important dans la protection de la peau face au soleil, car elle absorbe les UVB. « Elle sert de bouclier, ce qui permet de ne pas atteindre les cellules, développe le dermatologue. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de risques. Aujourd’hui des Mélanésiens viennent me voir parce qu’ils ont été brûlés par le soleil. »
    En fonction de la coloration de la peau et de sa réactivité au soleil, le phototype est susceptible d’évoluer et de « sauter une classe » à force d’exposition. « Ce n’est pas forcément une bonne chose. Ce qui est dangereux, ce sont surtout les coups de soleil. »
     
    • L’indice de protection
    L’indice de protection ou FPS (facteur de protection solaire) mentionné sur les crèmes solaires indique le niveau de protection contre les UVB et donc la quantité des rayons filtrés. Ainsi un produit FPS 6 filtre 83,5 % des rayons UVB, contre 98 % pour un produit FPS 50. Pour que la protection soit efficace, il faut en appliquer régulièrement. Dans le cadre d’une activité nautique, on recommande ainsi une application toutes les 30 minutes.
     
    • L’eau et le soleil, cocktail toxique
    Dans l’eau, le soleil est encore plus dangereux. « A un mètre de profondeur tout va bien, mais il faut respirer de temps en temps, » ironise Gilles Guillaume. Avec l’eau, le phénomène de loupe augmente la réflexion des faisceaux lumineux sur la peau. « A la plage, on a tendance à faire trempette de temps en temps et se faire sécher au soleil. C’est particulièrement toxique. L’eau sous forme de gouttelettes va permettre une pénétration plus importante des UV. »
     
    LNC

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete