Nouvelle – Calédonie – Un drame et des ravages

    lundi 5 octobre 2015

    Ils auront laissé leur vie dans leur tentative de mettre fin aux ravages qui dévastent le Nord actuellement. Les corps de la pilote d’hélicoptère de 47 ans et de son mécanicien de 31 ans ont enfin été extirpés de l’amas de métal, dimanche soir, dans la nuit. Au terme de plusieurs heures, huit gendarmes, trois membres du Grimp de la Sécurité civile, et cinq civils mobilisés pour leur connaissance du terrain, sont parvenus à désincarcérer les victimes. A 23 h 10, elles ont été transportées à la morgue de Koumac.
    Hier, à 10 heures, elles ont été rapatriées sur Nouméa où elles sont actuellement autopsiées. Sur les lieux du drame, les gendarmes de la compagnie de Koné et ceux de la brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) ont passé au peigne fin la scène pour tenter de trouver la ou les raisons à l’origine du drame. Quelques heures plus tard, vers 13 heures, la carcasse a pu être retirée et placée sur un camion-plateau pour être emmenée à La Tontouta où les enquêteurs de la BGTA poursuivront leurs investigations.
     
    Moyens. Et si les circonstances de l’accident restent encore floues, un premier constat s’impose : la lutte contre les incendies, notamment dans le Nord, se passe avant tout par les hélicoptères bombardier d’eau de la Sécurité civile. Dans le Nord, seules trois communes disposent chacune d’un camion léger. Voh, Koné et Koumac pour huit départs de feux en deux journées. Les hommes au sol, dans une période de sécheresse, seulement 15 jours après l’ouverture administrative des feux de forêt, ne sont pas en capacité d’intervenir en renfort d’autres communes en difficulté, tant les feux se multiplient.
    Hier, le feu de Voh, après avoir ravagé plus de 200 hectares, était en passe d’être maîtrisé. Attaqué dès 6 heures par les quatre sapeurs-pompiers de la commune, renforcés des 19 soldats du feu et leurs six véhicules et des deux autres engins prêtés par KNS, ils en sont venus à bout. Une fois de plus, un hélicoptère est venu en renfort des hommes au sol. Au terme de plus de 48 heures de combat, les secours, leur nombre et leurs moyens font qu’ils sont tout simplement à la limite du point de rupture.
     
    Mégot. « Mais avant de se demander si l’on manque de moyens, il faut surtout se demander d’où vient l’incendie, s’énerve un pompier aux opérations. On ne sait pas si le feu est d’origine intentionnelle mais il est parti en début de route. Peut-être même un mégot. Le résultat, c’est qu’il y a deux morts. Le seul message à faire passer c’est : arrêtez de faire des feux ! On sait très bien qu’en Nouvelle-Calédonie, ils ne démarrent pas naturellement. »
    Un sentiment d’exaspération face à « la bêtise humaine » partagé par un grand nombre de pompiers. Pour faire face à ce premier week-end extrêmement sec, la sécurité a mobilisé ses quatre hélicoptères bombardier d’eau. « La sécheresse, associée à des alizés soutenus (rafales de vent pouvant atteindre 35 nœuds), est un facteur aggravant, déplore Philippe Germain président du gouvernement. En 48 heures, on déplore déjà 26 départs de feu et 395 hectares partis en fumée. J’en appelle donc à la responsabilité, à la vigilance et au sens civique de tous les Calédoniens afin de prévenir tout nouveau risque d’incendie. »
    Depuis sa déclaration à la presse, le bilan chiffré n’a cessé d’augmenter. Mais il reste dérisoire, face à la mort de deux personnes.
     
    LNC

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