Nouvelle-Calédonie : unis contre le terrorisme

    dimanche 11 janvier 2015

    Il est 17 heures précises. Une foule monstre attend déjà au pied du Mémorial américain, point de départ du cortège. Quinze minutes plus tard, un flot de manifestants se déverse sur l’avenue du Maréchal-Foch. Plus de 3 000 personnes ont défilé hier pour les victimes de Charlie Hebdo. Un geste de solidarité avec les marches républicaines organisées dans toute la France. Depuis l’attaque contre le journal satirique mercredi, qui a bouleversé le monde entier, le bilan est de vingt morts, dont les trois assaillants. Journalistes, dessinateurs, politiques, syndicats, musulmans, chrétiens… Hommes, femmes et enfants ont défilé dans les rues de Nouméa contre le terrorisme. Armés de drapeaux tricolores, de stylos, d’autocollants et de pancartes « Je suis Charlie », les manifestants ont arpenté dans le calme, l’avenue Foch en direction de la place des Cocotiers.
     
    Démocratie. Au sein du cortège, les langues se délient. « Ils n’ont pas tué Charlie, on est là pour leur dire qu’on n’a pas peur », claque une jeune femme brandissant une pancarte. « Mon père a été décoré Chevalier de la Légion d’honneur, il s’est battu pour la démocratie, raconte Georges. A ma toute petite manière, je participe à cette lutte en marchant. Si en 2015 on ne peut pas avoir des idées divergentes, sans s’entretuer où va le monde ? » Des crayons dans les cheveux, Geneviève marche d’un pas déterminé, brandissant des stylos vers le ciel. « On a beaucoup aimé leur impertinence, leur regard décalé sur l’actualité, glisse-t-elle. On est là pour dire que notre peuple restera debout en dépit des menaces. » Un groupe de jeunes adolescentes s’est joint au cortège. « Charlie Hebdo, on l’a connu avec les attentats, reconnaît l’une d’elles. Mais ça ne nous empêche pas d’être solidaires, on est triste pour les familles des victimes. »
     
    Applaudissements. Quinze minutes plus tard, la place des Cocotiers est envahie par une marée humaine. Là, spontanément, des applaudissements cadencés se répandent par vagues. Tout aussi spontanément, quelques-uns entonnent La Marseillaise. Les gens assis dans les gradins se relèvent et chantent à leur tour. Après un bref instant, une nouvelle salve d’applaudissements accompagne l’arrivée au centre du kiosque d’Elie Poigoune, le président de la Ligue des droits de l’homme. Il est le seul à prendre la parole, sans micro. D’une voix forte, il exprime sa compassion et celle de la foule, envers les 17 victimes du terrorisme. « Avec Charb, Cabu, Wolinski, on a assassiné l’impertinence, le rire, la joie de vivre, la liberté de pensée. Avec les quatre juifs de l’épicerie casher, on a assassiné la liberté absolue de conscience (…). Avec les trois policiers, on a assassiné ceux qui sont chargés de faire respecter la liberté. Je suis fier que la Calédonie soit rassemblée pour exprimer sa solidarité et son désir de vivre ensemble. » Ensuite, Elie Poigoune demande à la foule d’observer une minute de silence à l’issue de laquelle les manifestants se sont adonnés à une longue séance d’applaudissements, avant de se disperser dans le calme.
     
    LNC

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