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Nouvelle-Calédonie – ZEE : “On a les moyens de défendre nos eaux”

vendredi 9 août 2019

Jean-Louis Fournier (à g.) est remplacé par le capitaine de vaisseau Renaud Bondil. Le premier quitte la Marine après quarante et un ans de bons et loyaux services. Le second découvre peu à peu le territoire et ses enjeux. Photo Fanc

Jean-Louis Fournier (à g.) est remplacé par le capitaine de vaisseau Renaud Bondil. Le premier quitte la Marine après quarante et un ans de bons et loyaux services. Le second découvre peu à peu le territoire et ses enjeux. Photo Fanc

Quarante et un ans plus tôt, il entrait dans la Marine “avec le pompon rouge sur la tête” sans savoir où cela le mènerait. Aujourd’hui, le capitaine de vaisseau Jean-Louis Fournier quitte le poste stratégique et convoité de commandant de la zone maritime de Nouvelle-Calédonie pour s’occuper de viticulture, en Métropole. “Je ne rentrerai pas intact de la Calédonie”, confie-t-il. Avant son départ, Les Nouvelles calédoniennes l’ont rencontré.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

L’accident maritime du Kea Trader : “On a évité une catastrophe écologique majeure grâce à des moyens considérables”

Deux ans après son échouement, le Kea Trader est toujours posé sur le récif Durand. Peut-on dire qu’on a évité le pire en termes de dégâts environnementaux ?

Oui, on peut l’affirmer et surtout le démontrer. Il y a eu 585 kg de boulettes et 18 tonnes de débris ramassés sur les plages. Dès la première heure, on a mis en place un dispositif pour surveiller et empêcher le relâchement d’hydrocarbures. Ce qui a été relâché a été récupéré. Soit en mer, soit à terre. On a évité une catastrophe écologique majeure grâce à des moyens exceptionnels et considérables.

 

Est-il possible d’évaluer le coût de la dépollution et de la tentative de renflouement ?

Je laisserai à chacun le loisir de faire ses comptes mais cela est évidemment très important. Le propriétaire a déployé de gros moyens. Il a contractualisé et payé de nombreuses personnes pour ramasser les boulettes et les débris sur les plages. L’organisation mise en place par le propriétaire a été suivie dans le temps puisque quelques débris ont encore été ramassés la semaine dernière à Bélep et à Maré. Ceux-ci venaient du Kea Trader et pas seulement. Les équipes financées par le propriétaire et les assureurs font le nettoyage des plages.

 

Le comité scientifique du parc de la mer de Corail a été saisi. Quel est son rôle ?

Donner un avis contradictoire sur l’étude menée par une entreprise environnementale, Polaris, qui a conclu qu’un retrait de l’épave est plus bénéfique, à long terme, qu’un maintien de l’épave. À court terme, le bateau ne va pas bouger énormément. Donc, l’impact ne va pas s’accroître. En revanche, les deux derniers cyclones qui sont passés sur le Kea Trader ont bien démontré que les coques pouvaient se déplacer et tout écraser sur leur passage. Si l’on prend une échelle de 20, 50, 200 ans ou jusqu’à ce que cette épave se soit “dissoute” dans l’eau, eh bien naturellement, l’impact sera infiniment plus considérable que si l’on retirait l’épave tout de suite. Une fois l’avis du comité scientifique connu, ce sera une décision concertée entre l’État et la recommandation du gouvernement. Il faut rappeler que le Kea Trader est actuellement en deux parties. Lors du passage des cyclones, les deux coques se sont d’abord séparées de plus de 300 mètres avant de se rapprocher et d’entrer en collision. On sait bien que si on laisse l’épave en place, les cyclones ne manqueront pas de passer dessus et continueront de déplacer les coques et de ravager le récif.

 

Parlez-nous de la barge Ca Li qui va démanteler le navire…

C’est un processus industriel inédit. La barge chinoise Ca Li a été conçue spécifiquement pour l’opération de démantèlement du Kea Trader et pour travailler dans des conditions dantesques que l’on retrouve sur le récif Durand. Elle fait 130 mètres de long et 32 mètres de large, elle comporte une grue de 800 tonnes, elle est semi-submersible (c’est-à-dire qu’elle va se poser sur le récif) et une centaine d’hommes travailleront dessus. Je ne peux pas en dire plus car, derrière tout ça, il y a le secret industriel qui est protégé par le constructeur. L’entreprise chinoise a été choisie car c’était la seule à apporter la solution ayant le moins d’impact sur l’environnement et probablement la moins cher pour le propriétaire. J’aurai aimé qu’elle puisse venir plus rapidement mais il y a ce dernier obstacle environnemental à franchir. Le chantier pourrait durer entre un an et un an et demi. Ce sera quand même assez considérable.

 

Est-ce l’un des accidents maritimes les plus complexes que le Pacifique Sud ait connu ces dernières années ?

L’un des plus complexes, très certainement. S’échouer en haute mer, cela n’arrive nulle part. Sauf ici. S’échouer sans terres émergées aux alentours, c’est encore plus rare. Ce qui a changé dans le Pacifique Sud, c’est la perception environnementale. Si vous m’aviez posé la question il y a quarante ans, ma réponse aurait été différente. Regardez l’Ever Prosperity 1 et le 2, personne n’a rien fait. On a radicalement changé de vision, et heureusement. On a des outils juridiques qui nous permettent désormais de traiter avec les armateurs pour que des solutions technologiques puissent être trouvées pour faire face à ces risques de pollution majeurs.

 

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