Une nouvelle étude sur les impacts des essais

    mercredi 26 octobre 2016

    vathaire

    Docteur Florent de Vathair, directeur de recherche à l’Inserm souligne : “Les gens sont un peu inquiets,
    d’où cette médiatisation”. (© Christophe Cozette)

     

    “Une étude scientifique intitulée Thyrgenrad, coordonnée par le docteur Florent de Vathaire, directeur de recherche à l’Inserm est actuellement menée en Polynésie française, en partenariat avec l’institut de recherche pour le développement (IRD), le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), dans l’objectif de mieux comprendre les différents facteurs de risques des cancers différenciés de la thyroïde, qui sont très fréquents dans la région”, précise un communiqué.

    Il s’agit notamment d’étudier les interactions entre les facteurs environnementaux et les facteurs génétiques, ainsi que l’impact potentiel des essais nucléaires des années 1970, au regard d’autres facteurs, comme l’obésité.
    Ce projet fait suite à une première étude de ce même chercheur entre 2002 et 2006. Il avait clairement établi, à l’époque, qu’une vingtaine de cas de cancers de la thyroïde étaient imputables aux essais nucléaires. Florent de Vathaire a donc décidé d’approfondir et de poursuivre ses recherches effectuées  en incluant les cancers de la thyroïde apparus depuis la fin de la première étude, c’est-à-dire depuis 2003.
    Pour mener à bien cette étude, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a besoin de la collaboration de tous les patients ayant eu un cancer de la thyroïde qui vont être contactés – ou qui l’ont été –, mais aussi, pour comparaison, de la participation d’un certain nombre de Polynésiens tirés au hasard dans le fichier d’état civil soit un total de 400 personnes (200 malades, 200 témoins).

    Cette participation consiste à répondre aux questions des enquêteurs polynésiens qui vous contacteront et à accepter un prélèvement de salive. L’étude devrait être bouclée d’ici fin avril 2017 et les résultats devraient être rendus publics fin 2017. 

     

    C.C.

     

     

    Docteur Florent de Vathaire, directeur de recherche à l’Inserm : “Les gens sont un peu inquiets, d’où cette médiatisation”

     

    Quand est-ce que cette seconde étude a-t-elle démarré ? Et pourquoi une seconde étude ?
    Elle a démarré en septembre. La décision a été prise suite à la déclassification d’un certain nombre de dossiers médicaux. Nous avons ensuite tout envoyé aux chercheurs américains qui avaient fait la dosimétrie de ma première étude.
    Pour la première étude, nous n’avions que des synthèses envoyées par la France à l’ONU, après chaque essai nucléaire. Ces synthèses étaient extrêmement édulcorées.
    Dans cette seconde étude, la reconstitution dosimétrique sera basée sur des données physiques plus précises.
    La nouveauté dans cette étude est que les chercheurs vont aussi rechercher des “traces” de l’exposition aux radiations à la fois dans le matériel génétique des patients, mais aussi dans leur cancer et ceci pour la première fois en Polynésie française et même en France.

     

    N’étudiez-vous que les cancers de la thyroïde ?
    On compare des gens qui ont eu un cancer de la thyroïde à des témoins. On se focalise sur le cancer de la thyroïde pour la raison simple que la dose reçue à la thyroïde est 50 à 500 fois supérieure à celles reçues par les autres organes. La thyroïde est parmi les organes les plus sensibles.

    Combien de patients sont-ils venus vous voir pour le moment ?
    Nous avons obtenu les cas de cancers de la thyroïde, traités par tous les médecins endocrinologues et nous avons cherché à contacter ces cas. Mais comme nous n’avons pas communiqué sur cette étude, les gens sont un peu inquiets. Ils se posent des questions, d’où cette médiatisation. Sur les 200 cancers, les enquêteurs polynésiens ont traité entre 70 et 80 personnes, depuis septembre.

    Les enquêteurs leur demandent leurs lieux d’habitation successifs, les interrogent sur d’autres facteurs de risques comme l’obésité, à qui l’on attribue la moitié des cancers de la thyroïde. Si on veut mettre en évidence les effets des radiations, il faut qu’on sache tout ce qu’il se passe, pour ajuster tous ces facteurs pour pouvoir mettre en évidence le facteur radiation. Les témoins ont été tirés au hasard dans le fichier d’état civil et, pour le moment, une trentaine de personnes ont été enquêtées.

    Chaque témoin a, à dix jours près, le même âge que chaque cas de cancer. Chacune de ces personnes est née entre 1950 et aujourd’hui.

     

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