Habillage fond de site

Une nouvelle salle de dispatching à EDT pour affiner la gestion des énergies renouvelables

jeudi 1 février 2018

La salle de dispatching de EDT a subi un important lifting.

La salle de dispatching de EDT a subi un important lifting.

Deux bureaux laqués blancs formant des demi-cercles. Au sol, des carreaux lumineux. Au mur, une série d’écrans télévisés.

Une salle futuriste digne d’un décor de film de sciences-fictions. Il s’agit de la toute nouvelle salle de dispatching de la société Électricité de Tahiti (EDT), un point névralgique au cœur de la centrale de la Punaruu.

En fonctionnement depuis quelques jours, elle a été présentée à la presse mercredi. Cette salle de dispatching joue plusieurs rôles : elle permet de vérifier que la production électrique répond bien à la demande de la clientèle.

Une mission devenue complexe avec l’augmentation, ces dernières années, des énergies renouvelables. Aujourd’hui, l’énergie hydroélectrique représente près de 35 % de la production électrique totale et le travail des cinq dispatcheurs qui officient H24 dans cette salle.

Ils contrôlent également les câbles des réseaux de transports d’énergie et sont aux aguets pour régler les défauts légers ou lourds sur le réseau ou dans le système de distribution, afin d’éviter au maximum toute coupure de courant.

Samedi dernier, à 21 h 44, par exemple, une bonne partie de la population de Tahiti s’est retrouvée dans le noir complet.

En cause, une ligne de transport d’énergie située dans le sud de l’île qui, touchée par la foule, a déclenché toutes les centrales hydroélectriques auxquelles elle était connectée.

Conséquence : plus de la moitié de la production produite à cet instant a été perdue. Le dispatcheur en poste ce soir-là a donc dû vite analyser la situation puis prendre la bonne décision pour éviter que la situation s’aggrave. Deux groupes thermiques ont ainsi été mis en route. Durée totale de l’opération : 15 minutes.

Les phénomènes météorologiques, chutes d’arbres ou accidents de véhicules percutant un poteau électrique peuvent aussi engendrer des coupures électriques auxquelles doivent faire face les dispatcheurs.

Depuis que le Pays a entamé son programme de transition énergétique, des mesures ont été prises pour prioriser les énergies renouvelables. Avec l’ancienne salle de dispatching, c’était l’énergie thermique qui était mise en avant. Dans la nouvelle, la production des énergies renouvelables apparaît désormais clairement. C’est à partir de leur prévision qu’est gérée l’énergie thermique.

 

 

Élénore Pelletier

 

 

Thom Tuheiava, chef de cellule de la salle de dispatching : “La clientèle ne doit s’apercevoir de rien”

 

Depuis quand travailles-tu pour EDT ?

Cela fait 32 ans. J’ai été embauché en 1986. À l’époque, j’étais électricien de quart. On n’avait pas de réseau de transport, car la production était plus faible qu’aujourd’hui. À l’époque, on produisait près de 50 mégawatts par jour, alors qu’aujourd’hui, on tourne autour de 90 Mégawatts.

On a même atteint les 100 mégawatts dans les années 2000. Mais on a fait une grande campagne d’économies d’énergie, et les gens ont changé leur comportement. La conjoncture économique y est pour quelque chose aussi. Aujourd’hui, on a un réseau de transport et un réseau de distribution bien distincts.

 

 

Qu’est ce qui te plaît dans ton travail ?

Les gens pensent généralement qu’on fait un travail facile. Ils ne se rendent pas compte de tout ce qui passe avant que l’électricité arrive chez eux. Tant qu’ils ont de l’électricité, tout va bien. S’il y a une coupure de courant, c’est une autre histoire.

Le travail de dispatcheur est un métier très complexe, puisque l’on doit veiller à ce que la production réponde bien à la demande de nos clients, tout en respectant les mesures prises par le gouvernement en matière d’énergies renouvelables. 

À toute heure, on doit être capable de fournir l’électricité à la clientèle, en dépit de tous les problèmes qui peuvent survenir : intempéries, sécheresse, accident sur réseau… C’est ça qui est intéressant et qui me plaît.

 

 

Que penses-tu du développement d’énergies renouvelables ?

Le solaire c’est bien, mais lorsqu’il n’y a pas de nuage. Lorsqu’il y en a, ce sont nos machines thermiques qui doivent compenser la perte d’énergie.

Ce n’est pas évident à gérer, d’autant plus que la clientèle ne doit s’apercevoir de rien. Pareil pour l’énergie hydroélectrique.

 

 

Quand se situent les gros pics d’activité dans cette salle ?

Le pic se situe le matin entre 9 heures et 11 heures, en semaine, car on a une production de 85 mégawatts. Le soir, on descend à 75 mégawatts. Le samedi, on tourne autour de 65 mégawatts et 60 mégawatts, le dimanche.

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Retraites : Selon-vous, la réforme de la Protection sociale généralisée est-elle nécessaire, même si cela suppose des efforts de tous pour la survie du système ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete