La nouvelle tactique “anti-run” de la DSP

    mercredi 9 novembre 2016

    Chaque week-end, c'est le même ballet des deux-roues. (© archives LDT)

    Chaque week-end, c’est le même ballet des deux-roues. (© archives LDT)

     

     

    Comme samedi dernier, sur l’avenue prince Hinoi, ils sont parfois une centaine à se donner rendez-vous via les réseaux sociaux pour effectuer des courses ou des figures acrobatiques, tel que le fameux “wheeling”, puni par le code de la route polynésien, ou à se mettre debout sur la selle d’engins souvent trafiqués. Un comportement dangereux en premier lieu pour ces têtes brûlées du guidon, mais aussi pour les autres usagers des routes de Papeete.

    Une nuisance importante aussi pour tous les riverains dérangés quasiment chaque week-end par cette horde pétaradante.
    Avec des pots d’échappement et des moteurs modifiés, le nombre d’engins sur la route, le niveau de décibels atteint à des heures tardives est l’objet de très fréquentes plaintes auprès de la DSP.
    Le phénomène n’est pas nouveau, la police multiplie les opérations pour y mettre fin, mais se heurte souvent à des difficultés.

    “Dès qu’une voiture de police pointe le bout de son nez à une centaine de mètres, tout le monde part dans tous les sens comme une volée de moineaux dans des conditions totalement inconscientes. Ils n’hésitent pas à sauter le terre-plein central sur leur engin, à rouler à contresens sur l’avenue prince Hinoi”, relate le commandant Loïc Hanuse.
    “Notre but n’est pas non plus qu’un jeune se plante en essayant de fuir, qu’il prenne un risque inconsidéré pour lui, pour les autres ou pour nos agents.”

     

    80 500 F d’amende

     

     

    Mais depuis deux semaines, la DSP s’essaie à une nouvelle technique qui semble d’ores et déjà fructueuse et devrait freiner les ardeurs de certains.

    Un agent en civil est présent sur le parcours des runs, n’intervient pas, mais relève les numéros d’immatriculation des contrevenants. Ils sont ensuite retrouvés et convoqués au commissariat dans les jours suivants.
    Sur les deux dernières semaines, c’est ainsi 33 personnes qui ont été convoquées avec leur engin au commissariat pour conduite dangereuse.

    Par souci d’économie, les papiers du véhicule sont souvent mis aux noms des parents. Papa ou maman se voient ainsi gratifiés d’une amende de 16 100 F. Les engins ne sont souvent pas aux normes, sans rétroviseur, avec des pneus lisses et ils sont alors confisqués le temps d’une mise aux normes. La facture peut donc s’avérer encore plus salée. Des parents sont ainsi repartis avec cinq amendes à 16 100 F, soit 80 500 F.

    “Ils seraient temps aussi que les parents prennent conscience que des mineurs n’ont rien à faire à traîner dehors sur la route tous les week-ends entre minuit et 2 heures du matin. Il y a peut-être une part de responsabilité parentale. Ils repartent avec une lourde contravention en sortant de chez nous, mais s’ils avaient un peu mieux surveillé leurs enfants, tout cela ne serait pas arrivé”, explique le commandant Hanuse, qui assure que ce genre d’opérations est appelé à se poursuivre et à se multiplier. K

    Florent Collet

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