Nouvelle vague de gardes à vue dans l’affaire des transferts présumés douteux de l’OM

mardi 20 janvier 2015

L’affaire des transferts présumés douteux de l’Olympique de Marseille a rebondi mardi avec une nouvelle vague de gardes à vue, notamment des agents de joueurs, mais aussi des personnes soupçonnées d’appartenir au milieu du grand banditisme.
Fin novembre déjà, des dirigeants, anciens dirigeants et salariés de l’OM avaient été interpellés et mardi, des « agents de joueurs et des proches, mais aussi des personnes connues pour appartenir au milieu du grand banditisme » devaient notamment être entendus, a indiqué une source proche de l’enquête à l’AFP. 
Aujourd’hui installé au Maroc et chargé de mission pour le club, José Anigo devait lui aussi « normalement » être entendu mardi, selon un proche de celui qui était directeur sportif de l’OM de 2005 à 2014. Son audition n’avait pas eu lieu fin novembre, même si elle avait alors aussi été annoncée par des sources proches du dossier. 
Une dizaine de personnes ont été interpellées mardi matin dans la région marseillaise, dans le cadre de cette enquête menée par la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et dirigée par le juge Christophe Perruaux de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille.
L’identité des gardés à vue n’était pas connue mardi dans la journée, mais ce sont au total 11 gardes à vue qui avaient lieu dans l’après-midi, selon une autre source proche du dossier. 
Dans cette affaire, une quinzaine de personnes, dont des dirigeants actuels (Vincent Labrune) et passés (Pape Diouf, Jean-Claude Dassier) de l’OM, avaient été placées en garde à vue puis remises en liberté sans poursuites en novembre.
Malgré les levées des gardes à vue, « l’enquête financière se poursuit » et devait notamment s’orienter vers « de possibles faits d’extorsions » et aussi sur « des individus proches du milieu » régional, avait alors expliqué une source judiciaire.

Commissions et rétrocommissions
 
Les investigations montrent une certaine « porosité entre des agents de joueurs respectables et des agents qui le sont moins », avait-elle poursuivi, laissant présager cette nouvelle vague d’interpellations, et précisant que le juge s’intéressait « à des transferts sur lesquels il y a des doutes sur la réalité du prix payé ou des facturations ». 
Les enquêteurs soupçonnent l’existence, à l’occasion de transferts importants, de commissions et rétrocommissions dans lesquelles des membres du milieu apparaissent.
Une information judiciaire avait été ouverte pour « extorsion de fonds, blanchiment et association de malfaiteurs » en octobre 2011 après un signalement du parquet. Un réquisitoire supplétif, pour abus de biens sociaux, a plus récemment été ouvert.
Le transfert de l’attaquant international André-Pierre Gignac, de Toulouse à Marseille, en 2010, est notamment dans le collimateur des enquêteurs de même que ceux de Souleymane Diawara, de Bordeaux au club marseillais, en 2009, Mamadou Niang et Lucho Gonzalez.
Des perquisitions avaient déjà eu lieu au siège de l’OM en janvier 2013, au cours desquelles des documents avaient été saisis. Les locaux marseillais de l’agent Jean-Luc Barresi avaient également été perquisitionnés. Joint par l’AFP mardi, son avocat, Pierre Bruno, n’a pas souhaité faire de commentaire, se retranchant derrière le « secret de l’enquête ».
Au moment de ces perquisitions de janvier 2013, une source proche de l’enquête avait avancé que le dossier serait lié à celui sur le racket de boîtes de nuit d’Aix-en-Provence par le milieu. Le nom d’un agent de joueur, Christophe d’Amico, avait notamment été cité. Il a été condamné en novembre 2013 à 4 ans de prison dont deux avec sursis dans cette affaire de racket.
Dans des propos apparaissant prémonitoires, Vincent Labrune avait détaillé pour L’Équipe, dans une interview recueillie avant les premières interpellations mais publiée après, le fonctionnement des transferts de joueurs.
« Quasiment systématiquement, on se retrouve avec, en face de nous, plusieurs personnes, les parents, les agents ou une autre catégorie en développement qui sont les collaborateurs d’agents », avait-il souligné. « Tu peux discuter avec des mecs en costard-cravate, qui sont nickels, (…) et tu te rends compte six mois après qu’ils ont reversé de l’argent à Pierre, Paul, Jacques », avait-il relaté.

AFP

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