Nouvelle-Zélande – La colère citoyenne gronde

    lundi 10 novembre 2014

    Ils sont des milliers à avoir investi les rues de dix-sept villes de Nouvelle-Zélande ce week-end. Tous ont tenu à manifester leur mécontentement face au Partenariat Trans-Pacifique (TPP), traité de libre-échange qui intègre les économies des régions Asie et Pacifique (lire les repères). Le problème ? Les populations ne sont pas consultées dans le processus de négociation, gardé secret. S’il est appliqué, ce partenariat deviendrait la plus grande zone de libre-échange au monde. Une initiative qui rassemble pas moins de douze pays : Nouvelle-Zélande, Australie, Etats-Unis, Canada, Malaisie, Chili, Mexique, Japon, Pérou, Vietnam, Bruneï, Singapour, et qui devrait stimuler la croissance économique. Cette zone de libre-échange sans droits de douane comporterait en effet bon nombre de normes communes, en termes de réglementations environnementales par exemple, concernant les échanges de biens et de services, les règlements de litiges, la propriété intellectuelle, les contrats gouvernementaux, l’application des mesures phytosanitaires, etc. Débutées en mars 2010, les négociations sont toujours en cours et continuent ces jours-ci à Pékin, en marge du sommet de l’Apec. Mais les discussions se font dans l’ombre, sans aucune consultation des populations. Une opacité contestée avec fermeté.
     
    Craintes. « Seuls les patrons et les hommes forts sont en droit de négocier le Partenariat Trans-Pacifique. Cela représente le plus grand accord commercial jamais mis en œuvre et nous, citoyens, n’avons pas notre mot à dire ? C’est inadmissible », gronde Katie au milieu du Civic Square de Wellington. Elle fait partie des milliers de Kiwis à s’être donné rendez-vous dans les rues des villes de Nouvelle-Zélande. « Cela va juste servir les intérêts des plus riches, aux dépens de la population », ajoute Vienna. Bien que gardé secret, des fuites sont venues alimenter la polémique et renforcer la contestation de l’opinion publique. Ce traité, principalement influencé par les Etats-Unis, représenterait à lui seul 40 % de l’économie mondiale, un marché de 792 millions de personnes, soit un PIB cumulé de 28,1 billions de dollars. Les manifestants craignent que les investisseurs étrangers et les grandes corporations ne deviennent des acteurs trop importants dans la politique et le fonctionnement de leur pays.
     
    Intrusion. Ce partenariat, dont l’application a été plusieurs fois repoussée, donnerait un pouvoir conséquent aux multinationales. « Les investisseurs auront le pouvoir de poursuivre notre gouvernement s’il prend des mesures qui réduisent leur profit : on a vu ça où ? Je ne veux pas qu’on vienne chambouler notre gestion des ressources, que les grands patrons étrangers appliquent leurs lois, je ne veux pas de cette intrusion dans le bon fonctionnement de mon pays », s’alarme Jake. Le Premier ministre néo-zélandais a pris hier la direction de Pékin pour y rencontrer les principaux leaders du TransPacific Partnership.
     
    LNC

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete