Nouvelle-Zélande. Les chefs d’établissement tirent la sonnette d’alarme

    mercredi 7 janvier 2015

    C’est ce qui s’appelle être en avance sur son âge. Une précocité loin d’être saluée et qui, a contrario, inquiète. De plus en plus de jeunes Kiwis sont expulsés temporairement de leurs établissements pour comportements sexuels inadaptés. Les cas se multiplient chez des élèves de plus en plus jeunes. L’étendue du phénomène est encore difficilement appréciable, mais assez conséquente pour que les chefs d’établissement en parlent ouvertement, ne cachant plus leur inquiétude.
    Les jeunes Néo-Zélandais d’aujourd’hui sont particulièrement bien informés sur la sexualité. Certains se trouvent encore sur les bancs de l’école en « primary school », un niveau qui scolarise les Kwis de 5 à 13 ans. Les cas n’ont cessé de se multiplier en l’espace d’une dizaine d’années.
     
    Progressé. Selon les chiffres du ministère de l’Education, les expulsions ont progressé de 31 % depuis 2000 en « primary school » et de 21 % pour le secondaire, qui concerne les élèves âgés de 13 à 18 ans. Il y a quinze ans de cela, quarante-quatre incidents étaient enregistrés dans les « primary school » contre cinquante-huit l’an dernier. En 2013, deux cents élèves du secondaire ont été sanctionnés pour ce genre de comportement. Pour Patrick Walsh, président de l’Association des directeurs des écoles du secondaire, cette situation est « une tendance inquiétante et qui débute dès le plus jeune âge », n’hésitant pas à parler de « grand bond en arrière. » Être adolescent aujourd’hui sous-entend donc de grandir entouré d’images abordant une sexualité débridée.
    Mais alors à qui la faute ? A l’influence des réseaux sociaux associée à la négligence des parents à en croire les membres du corps enseignant. Bien que Facebook demande à ce que ses utilisateurs soient au minimum âgés de 13 ans pour s’inscrire, de nombreux jeunes de 10 et 11 ans n’ont aucune difficulté à ouvrir un compte.
     
    Enquête. Selon Andrew Shortcliffe, principal d’une école à Hasting, sur la côte Est de l’île du Nord, la réponse de certains parents face à ce phénomène est désarmante. Des parents qui se disent trop occupés pour traiter ce genre de situation et qui préfèrent penser qu’il ne s’agit-là que d’histoires d’enfants. « Dans ces cas-là, je comprends que l’on parle de négligence » note Andrew Shortcliffe. « Les enfants sont de plus en plus exposés à des images que les parents ne soupçonnent même pas. A moins qu’ils ne surveillent attentivement Facebook et Snapchat (application de partage de photos et de vidéos), ils ne peuvent pas avoir la moindre idée de ce qu’il s’y passe », poursuit-il. « L’influence des clips de musique, associée aux réseaux sociaux, a tendance à sexualiser les comportements », ajoute Patrick Walsh.
    L’association des directeurs des établissements du secondaire doit rencontrer des membres du ministère de l’Education dans les prochaines semaines afin de discuter de la possibilité d’une enquête nationale sur le sujet. Une étude nécessaire afin de jauger l’étendue du phénomène dans le pays. L’association demande également à ce que les cours d’éducation sexuelle dans les écoles soient réorganisés, pour notamment, les programmer plus tôt, dès la « primary school ».
     
    LNC

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