Habillage fond de site

Nucléaire : Il faut “éveiller les consciences” selon Anthony Géros

mercredi 3 juillet 2019

(© Yan Roy)

(© Yan Roy)


Hier, 2 juillet, les associations Moruroa e tatou et 193 ainsi que l’Église protestante ma’ohi ont commémoré l’anniversaire du premier tir atmosphérique nucléaire en Polynésie française, Aldébaran. Antony Géros, président du groupe Tavini à l’assemblée de la Polynésie française était présent. Interview.

 

Oscar Temaru est aux Jardins de Paofai avec Moruroa e tatou. Vous êtes ici avec 193. C’est important pour le Tavini huiraatira d’être présent en cette journée commémorative ?

“En effet, le Tavini a été de tous les combats contre le nucléaire. Et on se solidarise des mouvements menés par les deux associations. C’est important d’éveiller les consciences, l’attention de tout le monde.”

 

On a vu une mobilisation de taille ce matin (hier matin, Ndlr). Est-ce que vous auriez imaginé que davantage de monde encore se mobilise ?

“Je pense que les gens n’ont pas encore bien compris la démarche de fond. Il y a l’événement pour commémorer le 2 juillet, le premier tir. Mais au-delà, il y a un message à véhiculer : que c’est à travers une décision politique que ces essais ont été menés chez nous. Et c’est aussi à travers une décision politique que la Polynésie pourra être indemnisée.

Or, c’est toujours d’arrache-pied que les victimes obtiennent un brin d’indemnisation.”

 

Sur un sujet qui concerne l’ensemble de la Polynésie, les responsables politiques de tous bords ne sont-ils pas en mesure de s’entendre, avec le gouvernement en place, pour améliorer ensemble la situation des indemnisations ?

“C’est ce que nous essayons de faire, mais c’est très difficile. Car nous sommes exclus des réunions entre l’État et le pouvoir politique local en place. Au-delà de l’enjeu, à savoir les indemnisations et le positionnement de la France sur le fait nucléaire, il y a d’autres sujets qui semblent contraindre l’action du gouvernement quant à sa volonté réelle de s’unir sur ce sujet.

Quand on voit, de la part d’hommes d’État (François Hollande, Ndlr) des engagements solennels, et quand on attend ensuite des actes que l’on ne voit pas arriver… On se pose des questions. N’est-on pas en train de nous endormir ?”

 

Seul le Tavini huiraatira s’affiche clairement en ce 2 juillet. Regrettez-vous que les autres partis ne soient pas là ?

“Oui. Et pas seulement les autres partis. Mais que la population ne se solidarise pas en masse. Les Polynésiens restent chez eux, attendant calmement que les choses se fassent. Jusqu’au jour où, au sein de leur famille, ils seront rattrapés par l’Histoire. Alors ils se lèveront et iront voir un parti politique, ou une association pour militer. Mais le temps ne joue pas en notre faveur ! Plus on attend, et moins on aura de chances de prouver qu’on a raison.”

 

Propos recueillis par Yan Roy

 

À lire aussi :

“Que l’État reconnaisse vraiment le fait nucléaire”

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Pour cette rentrée scolaire, vous avez fait le plein de cartable :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete