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Nucléaire – Loi Morin : Moruroa e tatou n’en veut plus

mardi 25 juin 2019

Le pasteur Mitema Tapati, vice-président de Moruroa e tatou : “C’est l’État le fautif, et il est juge et partie. Si la décolonisation permet d’ouvrir des portes pour la réparation du fait nucléaire, alors nous avons raison de porter le débat sur la scène internationale”. Photo : Damien Grivois

Le pasteur Mitema Tapati, vice-président de Moruroa e tatou : “C’est l’État le fautif, et il est juge et partie. Si la décolonisation permet d’ouvrir des portes pour la réparation du fait nucléaire, alors nous avons raison de porter le débat sur la scène internationale”. (Photo : Damien Grivois)


Moruroa e tatou commémorera, le 2 juillet, le premier tir atmosphérique à Moruroa : Aldébaran. L’association invite la population à participer au rassemblement à Paofai, si possible en blanc. Selon le vice-président Mitema Tapati, la thématique s’appuie sur le risque de transmission des maladies à la descendance.

Il y aura 53 ans le 2 juillet prochain, le premier tir atomique français du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) était réalisé sur une barge à Moruroa. L’association Moruroa e tatou (MET) organise ce jour-là une grande commémoration à laquelle elle invite la population à se joindre, si possible vêtue de blanc.

La marche de ce mardi 2 juillet 2019 débutera à 8 heures pour le cortège de la côte est au départ de Mamao, tandis qu’un second groupe partira quelques minutes plus tard depuis le pont de l’Uranie.

Tous les marcheurs ont prévu de se rejoindre dans les jardins de Paofai, où les paroisses et des écoles protestantes offriront des prestations, chants, prières… “Une délégation ira présenter les doléances de Moruroa e tatou au haut-commissariat et à la présidence”, a expliqué, vendredi dans les locaux de l’Église protestante maohi (EPM) à Paofai le pasteur Mitema Tapati.

Depuis le décès de Roland Oldham à la mi-mars, l’association n’a plus de président en exercice. Quatre candidats ont été auditionnés, mais l’EPM veut prendre le temps de choisir le bon. “Petit à petit, on se reconstruit”, raison pour laquelle MET ne s’avance pas sur une date relative à l’élection de son nouveau leader.

Il est vrai qu’avec les disparitions successives de John Doom, Bruno Barrillot puis Roland Oldham, l’équipe qui
a longtemps conduit MET a été décapitée. Moruroa e tatou s’est présentée vendredi en ordre de bataille, autour du vice-président Mitema Tapati mais également du secrétaire du bureau, François Pihaatae, de l’avocat Philippe Neuffer, du pasteur Thierry Tapu, de la secrétaire générale de l’EPM Céline Hoiore, ou encore du leader de la jeunesse Tiare Maohi Tairua.

 

“Il faut supprimer la loi Morin”

 

Tout comme le Tavini ou 193, Moruroa e tatou ne cache pas sa colère face au seuil de un millisievert introduit dans la loi Morin, seuil qu’elle qualifie à son tour de “risque négligeable déguisé”. “Nous avons très mal vécu le fait qu’une parlementaire polynésienne et un conseiller d’État, un an après la disparition du risque négligeable, rendent à nouveau la loi d’indemnisation inopérante”, admet Philippe Neuffer.

Interrogé sur la pique adressée dans ce dossier par 193 à MET et Tamarii Moruroa, l’avocat répond que son association se bat depuis près de 20 ans et dit comprendre “que les jeunes associations traversent leur crise d’adolescence”“En fait, il faut supprimer la loi Morin, car elle ne résout pas la problématique”, tranche le pasteur Tapati.

Le vice-président explique que la commémoration du 2 juillet sera placée sous la thématique “Mes chers parents, quel est mon avenir ?”. Une manière d’illustrer les inquiétudes de Moruroa e tatou relatives à la transmission transgénérationnelle de maladies radio-induites, d’autant que le périmètre de l’association ne se limite plus aux anciens travailleurs de Moruroa, Fangataufa ou Hao.

“Toute la population de Maohi Nui a été arrosée”, insiste le pasteur Tapati qui assure que l’association ne s’appuie pas que sur le rapport – scientifiquement contesté – du pédopsychiatre Christian Sueur, mais également sur d’autres études “qui confirment les maladies transgénérationnelles”.

Le doute à lui seul justifierait de toutes manières que le risque soit considéré, selon MET. “On ne peut plus faire confiance, même aux instances internationales”, conclut Philippe Neuffer. “On est sûrs d’une chose : c’est qu’on est sûrs de rien…”

 

Damien Grivois

 

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