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Nucléaire – « Il est urgent de mener des enquêtes sur les effets transgénérationnels des essais »

jeudi 1 février 2018

moruroa e tatou

« Quand j’entends des personnes, des Tahitiens qui plus est, remettre en cause ce travail, ça me fait mal », a déclaré hier Roland Oldham, président de Moruroa e tatou, association des anciens travailleurs du nucléaire. (© Désiré Teivao)

“Lors d’un déplacement à Tureia, j’ai rencontré une famille qui a développé sept cas de cancers sur trois générations. Je ne suis peut-être pas scientifique mais la réalité du terrain est bien là », a insisté hier Roland Oldham, président de Moruroa e tatou, association des anciens travailleurs du nucléaire.

Cette dernière a organisé une conférence de presse au siège de l’association à Paofai. Roland Oldham a, avant tout, tenu « à dépassionner le débat » autour de l’étude du docteur Christian Sueur, où il y décrit des conséquences des essais nucléaires sur la santé des petits-enfants des vétérans qui ont travaillé sur les sites des explosions (voir notre édition du 22 janvier 2018).

Le président de Moruroa e tatou a néanmoins regretté certaines déclarations des autorités de l’État et du Pays vis-à-vis de cette étude.

« Quand j’entends des personnes, des Tahitiens qui plus est, remettre en cause ce travail, ça me fait mal », s’est indigné Roland Oldham. Puis de poursuivre : « Je peux comprendre que l’on soit en désaccord sur la méthode de travail. On reproche notamment à cette étude son caractère non scientifique. Mais il y a bien des évidences à constater. De notre côté, avec l’association, nous nous sommes déplacés régulièrement aux Tuamotu et nous avons rencontré beaucoup de personnes et recueilli beaucoup de témoignages.  » 

 

 

Éditer un registre des malformations en Polynésie

 

 

Moruroa e tatou demande ainsi au gouvernement de la Polynésie française de se saisir de la problématique et de mener des enquêtes indépendantes, avec l’appui de scientifiques et de médecins locaux, sur les effets transgénérationnels des essais nucléaires au fenua.

Le but étant d’avoir une base de données de la situation épidémiologique, « il y a une réelle urgence à traiter de ce sujet. On ne va pas attendre des années et des années. Il y a une mémoire qui se perd, des témoignages qui vont disparaître. Il n’y a pas besoin de milliards pour répertorier les cas de cancer que nous avons dans les îles. Nous n’avons même pas de registre des malformations en Polynésie, comme le dénonçait le Dr Sueur. Ce n’est quand même pas normal, dans un endroit où l’on a fait éclater 193 bombes », explique Roland Oldham

À l’ordre du jour également, le déplacement d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer, en Polynésie française.

En particulier de l’installation du comité de projet de l’Institut d’archives, d’information et de documentation sur le fait nucléaire en Polynésie française, annoncé lors de sa venue. La Dépêche de Tahiti avait accompagné Annick Girardin le 25 janvier dernier lors de la présentation des locaux du futur centre de mémoire du nucléaire, installé dans l’ancien centre opérationnel de la Marine nationale.

« Ça fait plus d’une dizaine d’années que nous demandons et que nous travaillons à la mise en place d’un centre de mémoire. Avec des membres de l’association, nous avons rencontré des historiens, des scientifiques mais le résultat de ces travaux se sont perdus dans l’air », a réaffirmé, dépité, Roland Oldham.

Le financement de cet institut a aussi été pointé du doigt par l’association. « Quand nous avons demandé à madame la ministre comment ils allaient financer un tel projet, elle a été incapable de nous répondre. Ce n’est pas sérieux. »

En attendant que ce centre de mémoire du nucléaire voit le jour, Moruroa e tatou travaille actuellement sur le classement de ses archives. « Il y a beaucoup de journalistes ou de scientifiques à l’international qui viennent nous voir pour recueillir des témoignages ou des chiffres », assure son président.

 

 

D.T.

 

 

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