La nuit, les jeunes divaguent car “ils s’ennuient”

    mardi 10 janvier 2017

    moorea sortie jeune

    Élus et agents communaux, mutoi, santé publique, gendarmes et quelques bénévoles, ont pris
    la route samedi soir pour aller à la rencontre des jeunes mineurs qui passent une bonne partie
    de la nuit sur la route. (© Jeannot Rey/LDT)


    Commune, Santé publique et forces de l’ordre ont effectué une tournée de sensibilisation, samedi dernier, de 21 h 30 à 2 heures du matin. Le public visé : les mineurs qui passent une bonne partie de la nuit à vélo, en bande, sur la route de ceinture. La raison évoquée par ces noctambules d’un genre nouveau, (le plus jeune rencontré a 11 ans) se résume à un manque total d’intérêt à rester à la maison, en famille…

    Le décès du jeune Raimanutea, 13 ans, battu à mort par un “copain de collège” du même âge, alors qu’ils se trouvaient, tous les deux, en compagnie d’autres “copains”, vers 22 heures, quelques jours avant Noël, près d’un petit centre commercial de Maharepa, hante toujours les esprits.

    Il est présent d’autant plus qu’hier, ces deux jeunes, qui avaient quitté leur établissement, il y a quelques semaines, pour leurs vacances de Noël, n’étaient plus là pour faire leur rentrée avec leurs camarades. Le premier repose à tout jamais dans un cimetière, et le second est aujourd’hui en prison.

    Cette violence gratuite aux conséquences extrêmement dramatiques pour les deux familles concernées, avait, semble-t-il, interpellé des parents qui, après le drame, se sont manifestés solidairement, en public, lors d’une veillée, ou par le biais des médias, ou le plus souvent, au travers des réseaux sociaux. Pourtant, l’impact ne paraît pas avoir été ressenti sur le terrain.

    Mineurs pour la plupart

    Chaque soir, ces mêmes jeunes se sont retrouvés, peu de temps après, toujours sur la route, en petite bande.
    Il s’agit presque toujours d’enfants, car mineurs pour la plupart, le plus souvent, circulant à vélo, la nouvelle mode du moment. Leur motivation : traîner en bande, faire du wheeling sur la route, circuler sans lumière et être entre copains.
    D’où cette action de sensibilisation menée le week-end dernier (samedi de 21 h 30 à 2 heures du matin, par la cellule de prévention de la circonscription médicale de Moorea en partenariat avec la commune (élus, agents, muto’i et pompiers) aidés de quelques bénévoles.

    “Il est clair qu’une carence éducative règne au sein de certaines familles où un manque de suivi et d’implication de certains parents est confirmé dans leur rôle d’éducateur responsable”, soulignait Hugo Tavaitai, chef de projet de cette sortie. Une première du genre donc que cette sortie qui visait, avant tout, cette jeunesse, non pas pour lui demander ce qu’elle fait là, dehors, à cette heure de la nuit (23 ou 24 heures, voire plus), mais plutôt pour obtenir une réponse à une question : ‘Pourquoi n’êtes-vous pas à la maison ?’”.

    Après un premier briefing à la mairie de Afareaitu, le groupe s’est lancé dans son tour de l’île de rencontres avec les jeunes.
    Sur leur parcours qui a mené le convoi de Vaiare à Maharepa, vers la route des écoles, au quai de Papetoai ou tout simplement sur la route, une trentaine de jeunes ont été abordés. La plupart du temps assis sous un abri-bus, sur des barrières, ou à vélo. Des mineurs. Le plus jeune n’avait que 11 ans.

    À la question posée, les réponses ont été quasiment toutes les mêmes : “On sort le soir pour voir les copains, pour discuter, pour écouter de la musique. “Pourquoi ne pas rester à la maison ?” Réponse des jeunes : “Parce que, on s’ennuie !”.

    Les Églises sollicitées ?

    Alors pourquoi ces sorties nocturnes ? Ils l’ont souvent répété, “on s’ennuie à la maison et on s’ennuie tout court”. En clair, la famille ne suffit plus, les activités diurnes non plus, la télé, c’est ringard.
    Bref, on préfère être dehors. La plupart du temps, cela se passe plutôt bien c’est vrai, les jeunes sont plutôt calmes. Mais il suffit pourtant d’un élément perturbateur pour que cela dérape. Quelques maisons ont été visitées ces dernières vacances dans un quartier de Maharepa, réputé pour être calme et sans histoire. À l’origine : des mineurs !

    Face à ce qui est apparu dans le groupe des intervenants, comme étant une impuissance de la part des parents, un état de fait qui n’est pas pour autant expliqué, il a été décidé de proposer à nouveau ce type d’opération, cette fois-ci en présence de médiateurs ayant un lien avec les Églises…
    La prochaine date n’a pas encore été arrêtée. D’ici là, la commune espère organiser une réunion de sensibilisation, cette fois-ci destinée aux parents !

     

    Moorea mais que font les parents ?

    De notre correspondant
    Jeannot Rey

     

    Retrouvez l’intégralité de cet article dans le journal du mardi 10 janvier 2017 ou en édition numérique.

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