O Oe To Oe Rima menace de grève trois hôtels de Bora

    samedi 30 janvier 2016

    C’est la rentrée sociale pour la confédération O Oe To Oe Rima. En l’absence de son secrétaire général Ronald Terorotua, alité pour cause de dengue, c’est l’un de ses adjoints, Tunia Terevaura qui a fait, hier, le tour d’horizon de l’actualité  syndicale. Celui-ci a notamment annoncé qu’un préavis de grève pourrait prochainement être déposé au sein de trois hôtels de Bora Bora : le Hilton, le Four Seasons et le Méridien.
    Selon le syndicaliste, les salariés de ces établissements sont confrontés à de multiples difficultés : absence de planning, durée de travail quotidienne trop longue ou, à l’inverse, réduction des heures et donc du salaire.
    Mais c’est surtout la demande syndicale de réalisation d’un “audit économique et social” au Méridien qui pose problème. “Les propriétaires n’ont pas fourni les documents fiscaux et autres au cabinet d’audit. Depuis, on a plus de réponse”, explique Tunia Terevaura. “J’ai demandé au délégué syndical de provoquer une réunion extraordinaire la semaine prochaine. Soit nous saisirons le tribunal pour atteinte aux droits des membres du comité d’entreprise, soit nous déposerons un préavis. Si c’est la deuxième option, ça ne sera pas que le Méridien. Il y aura aussi le Four Seasons et le Hilton”, menace-t-il.
    Dans la commune de Pirae, ce sont les pompiers municipaux qui grognent. En cause : l’arrêté fixant les modalités de leur durée de travail.  Ils estiment en effet effectuer un trop grand nombre d’heures (week-ends et jours fériés compris) et ne pas disposer d’un temps de repos suffisant. “On retrouve ce même souci dans toutes les communes. Elles ne disposent pas suffisamment de ressources humaines”, constate Robert Uvea, qui suit le dossier pour le compte de O Oe To Oe Rima. Le syndicat a sollicité un rendez-vous avec le maire Édouard Fritch pour évoquer la situation mais il dit n’avoir obtenu aucune réponse en retour. Il privilégie néanmoins toujours la discussion, un préavis de grève n’étant “pas à  l’ordre du jour”.
    Dernier point : le projet Tahiti Mahana Beach. Dans une lettre adressée au président Fritch datant du 7 janvier, Ronald Terorotua demande des éclaircissements, sachant qu’un accord a été passé avec des investisseurs chinois. “Nous souhaitons connaître la nature et la destination de ces futurs emplois (…) qui, nous osons l’espérer, ne se limiteront pas à la domesticité, au jardinage, à l’entretien”, écrit le secrétaire général du syndicat. “L’activité touristique ne serait-elle pas, tout compte fait, une activité pour pays paradisiaques pauvres qui doivent rester pauvres pour qu’ils demeurent accessibles
    (…) Le futur Mahana Beach ne participerait-il pas de la même sorte de philosophie ?”, se demande-t-il.
    Pour finir, Ronald Terorotua fait part de son “appréhension” quant au “respect des droits légaux des travailleurs polynésiens” par les investisseurs chinois. “Nous savons que ce type de dirigeants (…) ont pour premier souci d’obtenir du pays d’accueil le maximum de dérogations fiscales, salariales, sociales”, conclut-il. 

    J.-B.C.

    Duc 2016-01-30 15:56:00
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