Obama commue la peine de prison de Chelsea Manning

    jeudi 19 janvier 2017

    Chelsea Manning en août 2013. (Photo : HO / US Army / AFP)

    Chelsea Manning en août 2013. (Photo : HO / US Army / AFP)

    À trois jours de son départ de la Maison Blanche, le président américain Barack Obama a commué mardi la peine de Chelsea Manning, condamnée à 35 ans de prison pour avoir transmis des documents confidentiels à WikiLeaks.

    La militaire transsexuelle, qui s’appelait auparavant Bradley Manning, sera libérée le 17 mai. Elle avait été condamnée en août 2013 pour avoir transmis plus de 700 000 documents confidentiels au site WikiLeaks.

    Victoire”, a immédiatement tweeté l’organisation spécialisée dans les révélations de documents secrets tandis que le camp républicain dénonçait une décision scandaleuse.
    Selon la Constitution américaine, le président peut soit gracier un condamné, soit commuer sa peine, c’est-à-dire en raccourcir la durée sans effacer la sentence.

    Louée par ses partisans pour avoir dévoilé selon eux les abus des États-Unis en Irak et en Afghanistan, Manning a été jugée pour avoir mis son pays et ses compatriotes en danger.

    La femme soldat de 29 ans, qui a purgé près de sept ans de prison, avait tenté de mettre fin à ses jours en octobre, après une première tentative de suicide en juillet.

    La semaine dernière, WikiLeaks a affirmé que son fondateur, Julian Assange, accepterait d’être extradé vers les États-Unis si Barack Obama faisait preuve de clémence envers Chelsea Manning. Des responsables de la Maison Blanche ont affirmé qu’il n’existait aucun lien entre ce message et la décision de Barack Obama.

    “Merci à toux ceux qui ont fait campagne en faveur d’une clémence pour Chelsea Manning. Votre courage et votre détermination ont rendu possible l’impossible”, a indiqué Julian Assange dans un message transmis par son organisation. Il n’a cependant donné aucune indication sur ses intentions.

     

    “Un héros”

     

    “C’est un héros dont le courage aurait dû être félicité, pas condamné”, affirme par ailleurs l’Australien dans un communiqué transmis à Londres par un de ses avocats. Julian Assange appelle aussi le gouvernement américain à “mettre fin immédiatement à la guerre contre les lanceurs d’alerte, et ceux qui publient comme WikiLeaks et moi”.

    Julian Assange, 45 ans, est réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres depuis juin 2012 pour éviter une extradition vers la Suède où des accusations de viol sont portées à son encontre et que le fondateur de WikiLeaks nie. Ce dernier craint d’être extradé par Stockholm vers les États-Unis.

    Ses avocats ont redemandé mardi que le département américain de la Justice ne “l’inculpe pas” pour la diffusion en 2010 des documents confidentiels téléchargés puis envoyés au site WikiLeaks. Washington a toujours menacé de poursuivre Assange mais ne l’a pas officiellement inculpé.

    “Dans cinq mois tu seras libre. Merci pour tout ce que tu as fait pour tout le monde, Chelsea”, a réagi Edward Snowden sur Twitter. L’exécutif américain a toujours insisté sur la différence de taille entre le cas de Manning et de celui l’ancien consultant de la NSA réfugié en Russie, qui a rendu public des milliers de documents classifiés révélant l’ampleur de la surveillance des données privées mise en place par les autorités américaines.

    Si le président élu Donald Trump n’avait pas réagi mardi en fin de journée, nombre de ténors républicains ont exprimé leur mécontentement.

    Furieux, le sénateur de l’Arkansas Tom Cotton a déploré qu’un “traître” soit traité comme un “martyr”. Il a affirmé ne pas comprendre “pourquoi le président aurait une compassion particulière pour quelqu’un qui a mis en danger les vies de nos soldats, de nos diplomates de nos agents de renseignement et de nos alliés”.

    L’organisation Amnesty International a salué une décision positive mais tardive, jugeant “extravagant” que Chelsea Manning ait passé tant d’années en prison.   

    AFP

     

     

      Edition abonnés
      Le vote

      La politique d’immigration de Trump ainsi que les droits d’entrée se durcissent aux États-Unis. Pour vous…

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete