Les observateurs de baleines peuvent désormais prétendre à un label

    lundi 22 août 2016

    baleine

    Le code de l’environnement interdit d’être aussi proche. La charte, elle, interdit toute mise à l’eau quand la baleine est agitée. (Photo : Mata Tohora)

     

    Encore plus respectueux que ce que prévoit la loi

     

    Depuis plusieurs années, des personnes nous demandent de les orienter vers les prestataires les plus sérieux et les plus respectueux des baleines”, rappelle Agnès Benet pour expliquer l’origine du label Mata Tohora.

    La biologiste marine préside l’association Mata Tohora qui, pour la 5e année, est mandatée par la direction de l’environnement pour assurer que l’approche des baleines se fasse conformément aux règles d’approche des mammifères marins prévues par le code de l’environnement.

    Présents sur l’eau, les membres de l’association accomplissent avant tout un travail de sensibilisation et de formation des plaisanciers et professionnels agréés sur les règles d’approches, intervenant lorsque cela est nécessaire.

    L’an dernier, pour la première fois, la phase de répression a été enclenchée. Après avoir reproduit plusieurs fois des approches irrespectueuses, malgré les consignes répétées, la justice a été saisie.

    Ils sont ainsi une dizaine à avoir fait l’objet d’un rappel à la loi par le procureur. En cas de récidive, la sanction devrait être plus lourde. Dans sa volonté de rester positive, Mata Tohora préfère la carotte au bâton.

    Afin de mettre en valeur les plus respectueux, le label “Mata Tohora” a été mis en place. Si elle ne remplace pas le code de l’environnement, la charte met la barre encore plus haut en imposant à ceux qui détiennent le précieux sésame des règles supplémentaires.

    Au-delà des réglementations d’approches imposées aux particuliers et professionnels depuis plusieurs années (voir encadré dans notre édition du samedi 20 août 2016), les prestataires sont soumis à plus de contraintes, mais toujours plus respectueuses de la baleine.
    Parmi les plus significatives de ces clauses, le nombre limite de bateaux entourant la baleine.

    Sans label ou en étant particuliers, une douzaine de navires peuvent entourer le cétacé sans que cela empêche de se joindre à la flotte. Avec la charte, si six bateaux ou au moins trois prestataires sont déjà sur place, le labellisé devra aller guetter le souffle d’une baleine sur une autre zone.

    Alors qu’aucun délai n’est imposé dans le code de l’environnement, les labellisés, eux, devront s’astreindre à mettre fin à l’observation au bout d’une heure.

    Pour les mises à l’eau, la loi prévoit uniquement de ne pas s’approcher à moins de 30 mètres du cétacé. Dans la charte, les consignes sont nombreuses : les groupes dans l’eau ne doivent pas dépasser 12 personnes, accompagnées d’un guide et groupées en évoluant dans le même sens. Ils doivent rester du même côté que les bateaux.

    Par ailleurs, les nageurs doivent rester immobiles dans la zone d’observation, les plongées en bouteille et les apnées sont interdites en présence des mammifères marins, les nageurs devant rester en surface.

    Il est même interdit se mettre à l’eau lorsque les animaux sont en déplacement, qu’elles sont proches des passes, dans le lagon ou à moins de 100 mètres du récif.

    C’est le cas aussi en cas d’activité trop importante du mammifère, telles que des sauts ou des frappes de nageoires. Les clients ne doivent pas se mettre à l’eau également si le baleineau est trop jeune.

     

    Des régles pour la quiétude des cétacés

     

    Des règles qui donnent un peu plus de quiétude aux mammifères particulièrement fatigués en cette période où la mère allaite sans se nourrir et en défendant son petit des prédateurs.

    En revanche, pour les clients qui souhaitent généralement s’approcher au plus près des mammifères, ce label pourrait faire office de répulsif.

    Si cela rebute une personne de ne pas pouvoir s’approcher davantage de la baleine, je préfère ne pas l’avoir sur mon bateau. Si on continue à avoir un comportement irresponsable avec les baleines, il arrivera un moment où elles ne viendront plus”, explique Aurélie Cottier, de Kumbaka apnea, l’une des premières à se labelliser.

    Cette amoureuse des baleines, qui a fait des études en biologie marine, a d’abord entrepris cette démarche en soutien à l’association.

    Tout le monde devrait s’y plier. Je sais que pas mal ont refusé, c’est bien dommage. Il y a déjà pas mal d’abus, même de la part des prestataires qui n’en ont rien à faire. Ils voient dans la baleine comme une manne financière plus que comme un animal”, s’insurge celle qui reverse de l’argent pour chaque sortie réussie à l’association, et qui ambitionne, l’an prochain, quand elle aura remboursé les traites de son bateau, de faire des sorties baleines gratuitement pour les enfants ou ceux qui n’en ont pas les moyens.

    J’aime voir les yeux des gens briller ou pleurer dans mes bras après une rencontre avec la baleine.

    Aujourd’hui, alors que le nombre de whale watchers agréés est passé de 12 à 45, cette année, une dizaine vont être labellisées et pourront arborer le pavillon noir aux couleurs de Mata Tohora.

    La charte pourrait également donner à réfléchir sur la sévérité du code de l’environnement.

    Il réglemente l’essentiel. Nous, c’est dans une démarche d’activité écoresponsable que nous allons plus loin. Déjà, si tout le monde respecte le code de l’environnement, les baleines seraient moins dérangées. Nous, nous voulons volontairement aller plus loin en poussant le détail de manière très exigeante. Tout le monde ne veut pas appliquer le label notamment parfois parce qu’ils ne peuvent se permettre de recruter un guide pour les mises à l’eau ou refuse la règle des six bateaux autour de la baleine. Le code, lui, pourrait et va évoluer. C’est en cours”, conclut Agnès Benet.

     

    F.C.

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