Observation des cétacés : peut mieux faire dans l’eau

    lundi 17 novembre 2014

    À l’approche de la fin de la saison des baleines, l’association Mata Tohora fait le point sur le respect des règles d’observation.  Des règles aujourd’hui majoritairement respectées par les plaisanciers. En revanche, la mise à l’eau des nageurs est encore trop souvent bruyante, synonyme de stress pour les baleines.

    En trois ans, avec son programme “C’est Assez !”, réalisé pour la Direction de l’environnement (Diren) en collaboration avec le bureau d’études Protection et gestion des écosystèmes marins (Progem), l’association Mata Tohora a sensibilisé environ 1 190 personnes à l’approche des mammifères marins. Par une présence quotidienne sur l’eau, cette association rappelle les règles d’approche prévues par le code de l’environnement pour l’observation des baleines et des dauphins. Cela concerne près de 415 bateaux et Jet-Skis à Tahiti, à Moorea et aux Australes.
    Même si la saison n’est pas finie, pour Mata Tohora, l’heure est au bilan, afin d’améliorer encore la manière d’approcher les baleines, jusqu’à leur départ de nos eaux.
    “Nous avons beaucoup porté l’attention sur la vitesse, les distances d’approche et les positionnements des bateaux, confie Agnès Benet, biologiste marin et présidente de l’association. Aujourd’hui, la majorité des plaisanciers respectent ces règles sur l’eau. Ceci est donc un bilan très positif par rapport à deux ans en arrière. En revanche, la mise à l’eau et la nage avec les baleines restent un point à améliorer, car beaucoup trop de gens sautent bruyamment à l’eau depuis leur bateau et nagent trop près (parfois à moins de cinq mètres) des baleines en éclaboussant, criant et en se dispersant autour des animaux. Ce comportement provoque un stress considérable. La Polynésie française est un des rares pays du Pacifique où il est encore possible de nager avec les baleines. Il serait dommage d’interdire la mise à l’eau à cause de mauvais comportements.”
    En clair, nager avec les baleines nécessite une bonne endurance, puisque les bateaux doivent rester à 50 mètres ou 100 mètres en présence du baleineau. Et c’est en se glissant discrètement dans l’eau et en nageant en silence que l’on doit observer les baleines. La distance d’approche doit être de 30 mètres, les nageurs devant impérativement rester en surface, groupés sur le côté pour être vus par les baleines. En cas de déplacement du cétacé, ne pas se mettre à l’eau pour la suivre sans cesse. C’est interdit.

    Le maître mot : patience
    “Toutes les belles observations de baleines se font dans le respect de celles-ci. La meilleure approche est à vitesse réduite (trois nœuds) dans un rayon de 300 mètres en avançant doucement tout en observant son comportement afin de bien se placer. C’est son attitude qui va déterminer notre positionnement. Parfois, il est tout simplement impossible de les observer. Il faut alors être patient et attendre que la situation le permette. Par exemple, lorsqu’une baleine entre dans une passe ou dans le lagon il ne faut surtout pas la suivre, pour éviter de la stresser.
    Les baleines peuvent venir dans les passes ou dans le lagon pour s’abriter d’un prédateur ou d’un mâle agressif. Les repousser à l’extérieur revient à les exposer au danger qu’elles cherchent à éviter”, insiste Agnès Benet. “Toutes les baleines ne sont pas forcément dans un contexte favorable à l’observation.”
    Pour rappel, les observations de mammifères marins peuvent d’ailleurs toujours être enregistrées en ligne grâce à deux outils complémentaires : sur le site de Mata Tohora (onglet “recherche participative”, données transférées à la Diren) et grâce à l’application smartphone MObI mise en place et coordonnée par WWF Nouméa.

    Y.R.

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