Omnisports – Renouvellement de délégation de service public : la ministre renvoie Nena dans ses cordes

    mardi 31 mai 2016

     La ministre des Sports Nicoles Sanquer-Fareata répond aux attaques du président du COPF Tauhiti Nena. Ce nouveau point de discorde porte sur la non attribution de la délégation de service public à la Fédération polynésienne de boxe.  Il y a fort à parier que la justice sera saisie du dossier.

    Qu’on le veuille ou non, le torchon brûle entre le président du Comité olympique et sportif de Polynésie française (COPF), Tauhiti Nena et la ministre des Sports Nicole Sanquer-Fareata. Depuis plusieurs mois, à coups de communiqués, les deux entités se livraient à une guerre larvée au sujet principalement de la délivrance des délégations de service public (DSP) et sur leur mode d’attribution. Les communiqués font place depuis quelque temps aux déclarations publiques par médias interposés, ce qui ne laisse pas entrevoir le moindre espoir d’entente.

    Si la non attribution des DSP (sésame qui donne droit à des subventions et à la reconnaissance des titres attribués), à la Fédération polynésienne de rugby, de dragon boat et de paintball était connue de tous, celle toute récente à la Fédération tahitienne de boxe est venue jeter un énorme pavé dans une mare déjà en fusion.

    Tauhiti Nena, dont le nom de famille est indissociable de ce sport, a très mal accepté la décision de la commission technique signifiée la semaine dernière par le ministère des Sports et s’en est ouvertement plaint, avant la conférence de presse prévue pour vendredi, devant un de nos confrères. Des déclarations télévisées qui n’ont pas manqué de faire réagir la ministre des Sports qui a tenu une conférence de presse, hier après-midi. Nicole Sanquer-Fareata a d’abord tenu à rappeler les conditions d’attribution des DSP tout en traçant l’historique de ce qui avait déjà été acté auprès de certaines fédérations.

    Après un premier report au 15 février puis un second au 15 mai, les 38 fédérations répertoriées au COPF auraient déjà dû être informées sur leur avenir, mais les nouveaux critères demandés par le ministère ont apparemment du mal à être assimilés par certaines d’entre elles dont les dossiers ne sont toujours pas complets…

    “Depuis août 2015, toutes les fédérations ont reçu un courrier afin qu’elles puissent préparer leur dossier de renouvellement de DSP. Nous sommes arrivés au terme de la prorogation et nous devons statuer. À ce jour, vingt fédérations ont eu leurs DSP renouvelées, trois qui ne l’ont pas été ; il s’agit de la boxe, du rugby et du dragon boat. Concernant la boxe et le rugby, deux autres fédérations ont fait la même demande. Pour le dragon boat, tous les avis de la commission technique pour les DSP précédentes ont été défavorables, mais le ministre de l’époque a outrepassé ces avis. Ne répondant toujours pas aux critères, nous avons décidé de ne pas renouveler cette DSP. Et enfin, la fédération de paintball n’a pas fait de demande de renouvellement”, a tenu à rappeler la ministre.

    Des dossiers très différents

    Concernant la boxe, les raisons invoquées sont les insuffisances du dossier soutenu par Tauhiti Nena lors de la réunion des 5 et 6 avril où les deux fédérations ont été entendues par la commission technique. Insuffisance dans le bilan qu’il soit financier, de formation, d’évolution des licenciés… et dans le projet de développement en comparaison avec celui présenté par Grand Pittman et sa fédération de boxe anglaise.

    Un manque de respect de délai, des informations incomplètes n’ont pas non plus joué en faveur du dossier de la Fédération polynésienne de boxe, pourtant forte d’une quarantaine de clubs et de plus de 1 000 licenciés (données déclaratives fournies par la FPB, NDLR) contre sept clubs et 156 licenciés. Une différence de nombre qui se justifie, selon la ministre, par le fait que la fédération, jusqu’à présent, avait la DSP et pouvait décerner des titres. La décision s’est donc faite, non pas sur du vécu, mais sur la qualité du dossier dans lequel la Fédération de boxe anglaise a fourni une lettre d’accord de principe de la Fédération française de boxe pour un accompagnement dans le cadre des formations et un développement du sportif de haut niveau. Un axe de développement de sport santé, un développement en milieu carcéral, tout comme une académie de boxe pour les policiers, ont été des éléments qui ont pesé dans le choix de la commission dans laquelle la ministre ne siège pas, a-t-elle souligné.

    Son rôle n’étant que de valider, ou non, ces choix. “Le bilan de M.Nena est mitigé” d’après Nicole Sanquer-Fareata. “Son plan de formation n’a par exemple pas été exécuté parce que trop pris par l’organisation des Jeux du Pacifique. Donc sur quatre ans, il n’y a pas eu de plan de formation de cadres. Son objectif est plus sur la recherche de médailles que sur le développement de la discipline. Tous ces éléments m’amènent à donner une chance à la nouvelle fédération.”

    Joint par téléphone, Tauhiti Nena n’a pas voulu livrer de commentaires avant sa conférence de presse prévue vendredi, si ce n’est que la Fédération polynésienne de boxe pourra faire appel à la justice pour défendre ses droits. Après la pétanque pour laquelle on attend toujours une décision finale du tribunal, la justice n’a pas fini de jouer les arbitres.

    Luc Ollivier

    Fédération polynésienne d’aïkido
    Fédération d’athlétisme de Polynésie française
    Fédération tahitienne de badminton (ftbad)
    Fédération des sports et jeux traditionnels
    Fédération tahitienne de cyclisme
    Fédération polynésienne d’équitation
    Fédération tahitienne de football
    Fédération de football américain
    Fédération polynésienne de golf
    Fédération polynésienne d’haltérophilie, musculation et disciplines associées
    Fédération tahitienne de handball
    Fédération polynésienne de sports adaptés et handisports
    Fédération polynésienne de judo
    Fédération de motocyclisme de polynésie française
    Fédération tahitienne de natation
    Fédération polynésienne de pétanque
    Fédération tahitienne des sports subaquatiques de compétition
    Fédération tahitienne de surf
    Fédération tahitienne de tennis
    Fédération tahitienne de tennis de table
    Fédération tahitienne de triathlon
    Fédération tahitienne de va’a
    Fédération tahitienne de volley-ball
    Fédération polynésienne de lutte et disciplines associées (anciennement fédération polynésienne de grappling)
    Fédération tahitienne de squash
    Fédération polynésienne d’escrime

    • En attente
    Fédération tahitienne de basket-ball (ftbb)
    Fédération polynésienne de boxe thaïlandaise et disciplines associées
    Fédération tahitienne de kayak
    Fédération tahitienne de karaté et disciplines associées
    Fédération polynésienne de rugby
    Fédération tahitienne de taekwondo et disciplines associées
    Fédération polynésienne de tir
    Fédération tahitienne de tir à l’arc

    Fédération tahitienne de voile

    • Refusé
    Fédération polynésienne de dragon boat
    Fédération polynésienne de boxe
    Fédération tahitienne de rugby

    • Autre
    Fédération de paintball (pas de demande)

    Nicoles Sanquer-Fareata : “Ce n’est pas politique”

    À la question de savoir si le fond du problème ne relevait finalement pas plus du politique que du sportif, la ministre s’est montrée claire et concise : “Il n’y a pas d’arrière-pensée politique. Je pense que s’il y a bien deux domaines dans lesquels la politique ne doit pas jouer c’est l’éducation et le sport. C’est vrai que je lis beaucoup la presse et les problèmes qu’il y a au COPF, je ne m’en suis jamais mêlée. Le COPF c’est la représentation du monde sportif, et pour moi c’est donc un partenaire avec qui je dois travailler comme nous l’avons fait dans le cadre des jeux du Pacifique où nous avons défendu ensemble la candidature de la Polynésie française.”

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