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On met le tiare apetahi en cage pour le sauver

jeudi 6 juillet 2017

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Le plant de tiare apetahi est en cage. C’est la première action de protection menée en pleine nature pour sauver une plante endémique et protégée par une loi du Pays. (© Photo : JP Besse/LDT)


La fleur emblématique de Raiatea qui ne pousse que sur trois plateaux du centre de l’île est sans conteste en voie de disparition. Les plateaux Te Mehani rahi, Te Mehani ‘ute ‘ute et Te Vaihue sont classés, leur accès est réglementé, le tiare apetahi est protégé, mais cela n’empêche pas la dégradation des lieux et de la flore endémique qui pousse sur les hauteurs. Après plus de dix années d’information et malheureusement, d’actes de dégradation, ce projet éducatif est une action de protection ultime : un enclos a été posé la semaine dernière autour d’un plant de tiare apetahi du Te Mehani rahi.

Les élèves de la classe de mécanique du lycée professionnel protestant Tuteao a Vaiho de Uturoa ont terminé leur année scolaire sur une note environnementale particulièrement innovante. Ils ont imaginé la construction d’une petite barrière, transportable, résistante aux intempéries, entourant un massif de tiare apetahi, afin de protéger les fleurs de tout contact avec les curieux.

Le projet a servi d’exercice pour préparer le baccalauréat professionnel. Sous la direction de leur professeur, Jean-Marc Lof, les élèves ont réalisé en inox les différentes parties de l’enclos qu’il fallait d’abord porter au Te Mehani rahi et ensuite monter correctement autour d’un plant particulièrement fourni en fleurs.
C’est la première fois qu’une telle action de protection est mise en place au fenua pour une plante protégée et particulièrement recherchée par les visiteurs. Le cas du tiare apetahi est dramatique car le rappelle Romy Tavaearii, de l’association de protection de l’environnement Tuihana, “Lorsqu’une branche, un rameau, est cassé par l’homme, accidentellement ou volontairement, il ne repousse pas.”

“À force de cueillettes “touristiques”, de chasse au “souvenir”, ou de casses involontaires, les plants meurent. En 20 ans, de 1995 à 2015, 81% des tiare apetahi ont disparu. Il y a urgence si nos enfants veulent voir encore la fleur témoin d’une légende qu’ils ont apprise à l’école”, poursuit-il. Mettre en cage une fleur pour la sauver est peut-être paradoxal dans une île où tout pousse librement et sans contrainte de visite et de contact. Les plateaux du Te Mehani sont des trésors naturels ouverts à tous, beaux à visiter mais très fragiles à conserver en l’état. Il n’y a pas que cette fleur à protéger. Le travail ne manque pas. Les lieux abritent la plus grande colonie de “noha” du fenua, on y a mené des actions pour la sauvegarde du pétrel de Tahiti, 28 plantes sont endémiques et dix autres ont le statut de plantes protégées.

 

De notre correspondant Jean-Pierre Besse

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