Habillage fond de site

Punaauia – “On reprend toute la procédure à zéro”

vendredi 4 août 2017

Ronald Tumahai

Ronald Tumahai est confiant de voir le projet de la clinique Cardella à Punaauia se poursuivre. (© Photo : Élénore Pelletier)


Le plan de prévention des risques naturels (PPRN) de Punaauia fait couler de l’encre. Après avoir été adopté en 2010 par la commune, il a été soumis à révision en 2014. Cette dernière, devenue effective en 2016 suite à une longue procédure, a finalement vu naître deux nouvelles zones, permettant notamment à la future clinique Cardella de voir son site, jusqu’alors inconstructible, passer en zone constructible.

Rebondissement en début d’année 2017, puisqu’après le recours d’une administrée, elle avait finalement été annulée. Quoi qu’il en soit, les investisseurs de la future clinique Cardella ont décidé d’engager les premiers travaux de sécurisation du site.

De son côté, mercredi, le gouvernement a finalement décidé en conseil des ministres
de lancer une nouvelle révision, prenant en considération la globalité de la commune, répondant ainsi aux exigences soulevées par le tribunal administratif. La Dépêche de Tahiti s’est entretenue avec le maire de Punaauia, Ronald Tumahai, pour en savoir plus.

 

Que signifie cette deuxième révision du plan de prévention des risques naturels (PPRN) ?
Une première révision avait déjà été validée par le conseil des ministres, l’an passé, mais il y a eu un recours en justice de la part d’un particulier et le tribunal a tranché et l’a annulée. Le Pays a donc décidé, avec l’accord de la mairie, de lancer une nouvelle révision qui, cette fois, impliquera tout le territoire communal, c’est-à-dire du PK 8 au PK 18. On ne va pas cibler des zones, comme cela avait été le cas lors de la première révision.

 

Concrètement, ça va se passer comment ?
On reprend toute la procédure à zéro. Cela veut dire que, dans un premier temps, on va devoir prendre une délibération en conseil municipal pour lancer cette deuxième révision. Il va ensuite y avoir une publication dans les médias pour inviter la population à déposer ses dossiers dans un délai d’un à deux mois, comme cela avait été le cas lors de la première révision, à la différence que, cette fois, il n’y aura pas de zones ciblées.

On pourrait lancer une procédure d’urgence qui limiterait la période des dépôts de dossiers à deux semaines ou un mois, pour accélérer les choses, mais on va sûrement choisir la procédure normale pour ne pas être confrontés à de nouveaux problèmes. Ensuite, il faudra traiter tous les dossiers et puis mener les études, avant que la nouvelle révision soit soumise à enquête publique, qu’elle repasse en  conseil municipal, puis en conseil des ministres… Cela va prendre du temps, au moins jusqu’à la fin de l’année.

 

Cela veut dire que les propriétaires qui ont des terrains aujourd’hui situés en zone rouge ont peut-être un espoir de passer en zone constructible ?
Il faut bien que la population sache que si on révise leur terrain, aujourd’hui situé en zone rouge, pour le faire rentrer en zone rouge clair, ça ne veut pas dire qu’ils pourront pour autant construire, car la réglementation de la zone rouge claire est très drastique. Dans cette procédure, on va imposer des garde-fous : il faudra en effet avoir les moyens financiers pour sécuriser l’endroit qui présente un risque sur la zone révisée.

Prenons l’exemple de la clinique Cardella (projet à Punaauia, NDLR). Au départ, un premier investissement de 6 milliards de francs avait été fait. En étudiant le PPRN, on s’est aperçu qu’il y avait un aléa fort sur la zone devant accueillir la structure. L’investissement de départ a donc changé et a été réévalué à 8 milliards de francs pour sécuriser la zone déclarée rouge afin qu’elle passe en rouge clair, avec les dispositions en place.

 

Vous allez réétudier les dossiers déjà révisés ?
Je ne sais pas. Le tribunal a signalé que le bureau des travaux techniques de l’Hexagone qui avait été missionné pour mener les études n’était pas fiable… donc il va peut-être en effet falloir relancer les études pour ces dossiers.

 

Cela veut-il dire que le projet de la clinique Cardella n’est pas enterré ?
Non, il a des chances de repartir. Suite à la première révision du PPRN, la clinique Cardella a eu son permis de construire. D’ailleurs, en ce moment, elle est en train de sécuriser le périmètre où doit être aménagée la structure. Ces travaux ont démarré il y a quelque temps. L’aménagement de la clinique est acté puisqu’elle a reçu l’autorisation du Pays par l’intermédiaire de l’urbanisme et l’avis favorable de la commune. Il ne lui reste maintenant plus qu’à obtenir l’accord du ministère de la Santé : cette fameuse autorisation d’exploitation que d’ailleurs les trois cliniques de Tahiti – Paofai, Cardella et Mama’o – et le centre hospitalier de Taaone attendent tous. En un sens, la clinique Cardella a un coup d’avance par rapport à la clinique Paofai qui n’a toujours rien : pas de financement, pas de permis d’aménagement, pas de permis de construire.

 

Qui a demandé l’ouverture de cette deuxième révision ?
C’est le Pays qui nous a approchés pour savoir si on était d’accord pour une nouvelle révision. Et bien sûr qu’on était d’accord. Nous sommes la seule commune à avoir mis en place un premier PPRN en Polynésie.
On soutient le projet de Cardella car il va dans l’intérêt de la population qui habite la côte ouest. On ne peut plus attendre : il nous faut un centre médical digne de ce nom, avec une maternité…
 Le Pays a raison de vouloir mutualiser les moyens sanitaires. Je pense que les médecins des deux cliniques, Cardella et Paofai, sont d’accord pour se mettre ensemble, mais c’est du côté des investisseurs et des promoteurs que ça bloque. Il y a quand même un intérêt financier derrière tout ça et si les deux projets se font, tant mieux.

 

Qui va financer cette deuxième révision ?
On va demander un cofinancement du Pays, étant donné que ça émane d’un souhait de sa part.
Vous n’êtes pas au bout de vos peines, avec cette histoire de PPRN…

Oh, pas qu’avec le PPRN. L’hôtel InterContinental a déposé un recours contre la révision du plan général d’aménagement (PGA). Celui-ci concerne le site de la pointe Tata’a, qui est devenu une zone culturelle et qui remet donc en cause leur projet d’extension des bungalows de l’hôtel. Nous n’en sommes qu’au début, ce n’est pas encore passé devant le juge. 

 

Propos recueillis par Élénore Pelletier

 

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