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Ono’u revient : « Le regard envers les graffeurs a changé »

jeudi 31 mai 2018

FEN_CC4_ONOUHaut les couleurs. Dès samedi et même depuis mercredi à Pamatai pour deux d’entre eux, onze graffeurs de talent, dont trois nouveaux, vont embellir Papeete, Vaitape, Uturoa et Moorea, à l’occasion de la cinquième édition du festival international du graffiti Ono’u.

C’est toujours un petit peu compliqué d’organiser ce festival au fil des éditions. Cette 5e édition anniversaire est assez particulière, puisque nous allons dans quatre îles en deux semaines, pour ne pas toujours tout centraliser à Tahiti”, a déclaré Sarah Roopinia, créatrice et coorganisatrice de Ono’u avec Tahiti New Generation, hier sur l’antenne radio de La 1ère.

Onze artistes à transporter et tout autant d’élévateurs et d’échafaudages, des milliers de bombes de peinture à fournir et des centaines de mètres carrés à trouver dans quatre îles séparées de plusieurs centaines de kilomètres ne sont effectivement pas une mince affaire.

 

Onze artistes, quatre îles, 15 jours de graff

 

Dès samedi, hormis la station de télé et de radio de Pamatai dont s’occupe les deux graffeurs du fenua, Abuz et Rival, diverses fresques devraient être réalisées à Papeete, notamment par Vinie, Christina Angelina et Pixel Pancho.

À partir du 6 juin, le festival se déplace à Raiatea, puis du 10 au 13 juin à Bora Bora et à partir du 14 à Moorea.

Outre les cinq ans qui seront fêtés sur l’île Sacrée, de nombreuses surprises, happenings et sculptures attendent le public.

Les deux artistes locaux, plutôt discrets, sont sous les feux de la rampe, Ono’u oblige.

Je diffuse très peu mon travail, je laisse parler la fresque”, a déclaré Rival qui, après trois participations dont une en assistant, avoue avoir “la pression sur le travail que j’ai à faire. Il y a du très haut niveau”.

Dans le graffiti, on a un côté incognito, on ne s’expose pas forcément, on met notre travail en avant”, a renchéri Abuz, qui a participé aux cinq éditions, avec un prix remporté lors de la première. “C’était incroyable”, s’est-il souvenu.

 

On redore l’image de Papeete”

 

Au fil des éditions, le regard sur les graffeurs a changé en bien plus positif”, considère Rival.C’est familial”, pense pour sa part Abuz, qui aime enseigner son art aux plus jeunes comme son acolyte. “Si je peux montrer qu’on peut réussir avec cet art, tant mieux”, a dit ce dernier, à l’antenne. “D’un point de vue artistique, pour nous, c’est très enrichissant, on voit les personnalités avec leurs différentes techniques”, a renchéri par la suite Rival.

D’un point de vue public, on redort l’image de Papeete, on commence à faire de cette ville un musée d’art à ciel ouvert. Pour moi, il n’y a que des points positifs”, pense Rival. “Et pour la Polynésie, c’est un festival international. Et des événements internationaux, on n’en a pas beaucoup”, a renchéri Abuz.

Que la bombe commence !

Christophe Cozette

 

 

 

 

Être invité, c’est une grande responsabilité”

Abuz, graffeur du fenua

 

Hormis votre mur à Polynésie la 1ère, qu’allez-vous peindre ?

À Raiatea, on a tous une case de cinq mètres par six dans les entrepôts sur le quai, où nous préparerons une installation. La mienne sera un tableau lumineux. À Bora Bora, on a un mur sur la salle omnisports, avec Fath1 et Soten, c’est juste énorme, un truc de ouf, un honneur pour moi. On a deux bandes chacun, je vais me démarquer d’eux, même si on va un peu discuter avant de ce que nous allons faire.

Quel mur, ici ou ailleurs, aimeriez-vous graffer ?

La muraille de Chine et le mur de Berlin, où ce qu’il en reste. Ici, j’aime bien la surprise.

Vous peignez sur toiles ?

Je ne suis pas très productif sur toile.

Vous partez à Bristol, en Angleterre, fin juillet. C’est une première, qu’avez-vous ressenti ?

C’est un gros festival européen, avec des centaines d’artistes, répartis dans la ville, où tous les murs sont repeints chaque année. Après ce festival, on devrait faire un mur à Londres avec Inkie et Adnate, qui sont venus ici. Je devrais partir aussi en octobre, à un autre festival. Être invité, c’est quelque chose vers lequel on tend, mais quand cela arrive, après tant de travail, cela reste surprenant. C’est une grande responsabilité, c’est juste un ticket pour un tour ou peut-être plus. Je vais représenter la Polynésie à ma façon. Je m’inspire beaucoup de la nature cette année, tout en restant surréaliste. Pour le Ono’u, je prépare des anguilles dans une cocoteraie.

Propos recueillis par C.C.

 

 

 

Le mur a parlé tout seul”

Rival, graffeur du fenua

 

Hormis votre mur à Polynésie 1ère, qu’allez-vous peindre ?

À Raiatea, comme Abuz et comme fresque, je vais faire un tiare apetahi et un unu pour le marae Taputapuatea, de cinq mètres sur six. À Bora Bora, j’ai une façade pour moi tout seul, de deux par dix. C’est mon second graffiti à Bora Bora, la première était pour une association.

Vous êtes un des derniers de la scène polynésienne. Vivez-vous de cela ?

Oui, j’en vis pleinement depuis deux ans maintenant et peint depuis huit ans. J’ai commencé sur des casquettes pour les aînés du quartier, puis sur des haut-parleurs, portables, rames et enfin les murs. Et le mur a parlé tout seul. Je n’ai pas encore graffé à l’extérieur du fenua.

Quel mur, ici ou ailleurs, aimeriez-vous graffer ?

Ailleurs, à New York, cela reste le berceau du graffiti. Et ici, il y a un grand mur, face à la Maison de la culture, dans un parking, que j’aimerais bien peindre.

Qu’attendez-vous de cette édition ?

À long terme, peut-être pouvoir essayer de voyager, de prendre des contacts et parler de mon travail.

Vous peignez sur toiles ?

Non, pas encore pour les galeries, juste des fleurs pour la fête des mères.

 

 

 

L’affiche de Ono’u 5

Le Portugais Bordalo II, l’Espagnol Okuda, le Brésilien Cranio, le Danois Soten et le couple néo-zélandais Charles et Janine Williams alias Phat1 et Lady Diva, sont des habitués du festival Ono’u. On doit aux deux premiers la fameuse pieuvre géante réalisée sur la façade du Musée du street art de Tahiti et la fresque d’inspiration Gauguin, à Paofai. Les deux suivants, Cranio et Soten, ont notamment réalisé l’Aborigène du centre Vaima et la vahine aux yeux bleus, non loin de la salle philanthropique. Enfin, Phat1 et Lady Diva ont bombé les murs de Raiatea et le monarque de Tahiti, à Fare ute.

L’Italien Pixel Pancho

Pixel Pancho est né à Turin en 1984. Enfant, il développe une passion pour l’art. Son grand-père était un peintre amateur et lui a enseigné tout ce qu’il savait sur les couleurs, les formes et le sens de l’art, avant de faire les beaux-arts, en Espagne. Il s’inspire d’artistes célèbres et laisse leurs styles influencer son travail. Il développe donc son propre style à partir de multiples influences du monde de l’art, dont le surréaliste Salvador Dali. C’est son premier Ono’u.

La Californienne Christina Angelina aka Starfighter

Multidisciplinaire, Christina Angelina est née en Californie, à Santa Monica. Basée à Los Angeles, elle peint des portraits réalistes de femmes, dont elle traduit avec sensibilité les sentiments et les expressions. Elle s’occupera de l’ancienne présidence, avenue du général de Gaulle.

La Française Vinie

Nouvelle du Ono’u, elle propose une version poétique du street art. Son travail est subtil, coloré et emprunt d’une grâce communicative. Elle peint le plus souvent le personnage d’une jeune femme, pleine d’empathie, qui s’insère dans son environnement avec douceur et tendresse. On a hâte de découvrir ce qu’elle fera du bâtiment des moyens généraux du pays.

Les artistes locaux Abuz et Rival

Le premier avait remporté le concours du meilleur graffeur de Polynésie française lors du premier festival Ono’u en 2014 et a peint dans la foulée, aux États-Unis. Il est depuis devenu un artiste professionnel. Le festival lui a offert l’opportunité de se faire connaître à l’international.

Le second est le plus jeune des artistes à l’affiche du festival 2018. Il n’a que 25 ans, mais a déjà participé au festival international du graffiti à Tahiti en 2016 et 2017, réalisant plusieurs performances dont le hall de La 1ère, à Pamatai et le Rainbow Warrior, du centre Vaima.

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