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Opération coup-de-poing à Vaitavatava

vendredi 18 novembre 2016

paka Jipsy

Rapidement, Jipsy concentre son attention sur le dessous d’un pare-chocs. Le chien en ressort avec une cassette pleine de paka. (© Florent Collet)


 

 

Vingt-cinq agents de police ont mené, hier, une action contre les dealers de cannabis du quartier Vaitavatava, à Papeete. Pour la première fois, le chien Jipsy, spécialisé dans la recherche de stupéfiants, a été mis à contribution et a fait preuve de toute son efficacité en flairant plus de 200 grammes de paka. Pour la DSP, l’objectif est de casser le trafic dans ce quartier, comme dans tous ceux réputés pour vendre du paka.

 

 

Il est tout juste 10 heures du matin. Le dispositif se met en place. Le quartier Vaiatavatava, à Papeete, est encerclé discrètement. Des agents ont même longé la rivière Fautaua pour stopper d’éventuels fuyards vers l’arrière du quartier.
Lorsque le signal est donné, les 25 agents de la section d’intervention, de la sûreté urbaine et les motards arrivent rapidement. Les personnes présentes sur les lieux habituels de deal sont immobilisées.

C’est l’heure de l’entrée en action de Jipsy. Le chien antidrogue a rejoint les rangs de la DSP depuis le mois de juillet et c’est sa première sortie dans ce haut lieu de la vente de pakalolo. Pour le chien, trouver du pakalolo s’apparente à un jeu, le cannabis remplaçant l’habituel jouet en plastique des toutous.

Force est de constater que Jipsy a rapidement les sens en éveil et s’en donne à cœur joie. Très rapidement, il concentre toute son excitation sous le pare-chocs d’une voiture stationnée et en ressort avec une boîte de cassette vidéo. Elle contient dix boîtes de cannabis qui se revendent chacune au prix de 5 000 F.

L’odorat si sensible de Jipsy est ensuite attiré par une épave à quelques mètres. À peine y entre-t-il qu’une mama se manifeste. “Cette voiture est à moi. Je dors dedans depuis plusieurs mois. Tenez”, dit-elle en tendant un sachet plastique. “Ce sont des feuilles, je les ai trouvées dans la poubelle.”

Jipsy est baladé dans la cour intérieure. Il ne cesse de marquer l’arrêt sur une voiture. Des agents fouillent dessous et finissent par trouver une autre cassette vidéo, trois autres suivront. Il passe ensuite en revue les personnes immobilisées à l’arrivée de la police. Il ne trouvera rien de plus.

Au final, ce sont 157 grammes conditionnés en boîtes d’allumettes d’une valeur supérieure à 200 000 F, 57 grammes de branches et 3 000 F en liquide qui ont été saisis et pourraient faire l’objet de poursuites devant le tribunal.
Mais au-delà, la police a fait passer un message au lieu de deal : l’impunité n’existe pas, et Jipsy est bien décidé à leur mener une vie de chien !

 

F.C.

 

François Perrault, commissaire divisionnaire commandant de la DSP : “Il faut qu’on arrive à casser ce trafic”

fc-1-paka

 

Cette opération est une réussite. Vous avez découvert pas mal de produits stupéfiants, notamment par la brigade cynophile…
D’où l’intérêt d’avoir un chien stupéfiant. Ce qui était indispensable pour nous. Cela a été mis en place en janvier. On voit les performances de ce chien, qui sont remarquables.

Pourquoi avoir mené cette opération spécialement ?
Ce sont des opérations que nous allons renouveler assez souvent. Cela suppose du monde, une bonne organisation et que les conditions s’y prêtent. On voit qu’à 10 heures du matin, on ramasse pas mal de produits. Cela prouve qu’ici, à tout moment, ça tourne. Il faut qu’on arrive à casser ce trafic et ce lieu qui est devenu une zone de revente. Il faut supprimer cette zone de fixation qui est quand même problématique et connue.
Nous devons faire perdre cette réputation de lieu de revente à ce site. Il y a des gens qui habitent ici et qui sont perturbés par les va-et-vient des consommateurs. Ils s’en plaignent.

Les autres “zones de fixation” doivent-elles, elles aussi, s’attendre à faire l’objet de ce type d’opération ?
Nous allons les systématiser. Il faut que ceux qui vivent de ce trafic trouvent une activité légale et se réorientent, mais on ne peut plus accepter des zones de fixation comme celles-ci.

Est-ce une façon de montrer qu’il n’y a pas de zone de non-droit en Polynésie ?
Ici, il n’y a pas de zone de non-droit. C’est très clair. Vous voyez, on y rentre sans difficulté. Nous sommes beaucoup, c’est vrai, mais nous avons les moyens de le faire.

 

Propos recueillis par F.C.

 

 

 

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