OPT – La vache à lait n’est plus ce qu’elle était

    mardi 6 octobre 2015

    L’OPT va mieux, dans sa forme, pas dans sa gestion, qui demeure préoccupante, sans lettre de mission et avec de nombreuses pertes.  Un nouveau rapport de la CTC sur l’organisme montre la fin des gabegies, mais les résultats ne sont pas brillants pour autant. Les erreurs d’acquisitions foncières, les pertes de la Poste et les achats de Tahiti Phone sont pointés du doigt par le gendarme financier.

    Le dernier rapport de la chambre territoriale des comptes (CTC) sur l’Office des postes et télécommunication (OPT) avait ouvert la voie à de nombreuses procédures judiciaires, la plus connue d’entre elles étant l’affaire Haddad-Flosse, qui tournait autour de la vente des encarts publicitaires dans l’annuaire, encarts vendus mais partiellement perçus par l’OPT.
    Le rapport de la gestion 2008-2014 présente un Office des postes et télécommunications à la structure consolidée, avec des gabegies liées aux salaires des dirigeants enfin freinées, mais avec des comptes qui s’effritent d’année en année.
    Si la CTC note que de nombreuses recommandations faites dans le précédent rapport ont été mises en place, certaines restent “tardives, encore partielles, parfois, de pur affichage.”
    La direction de l’office a été clarifiée avec une meilleure répartition des rôles entre président du conseil d’administration (PCA) et direction générale, même si cela reste “peu efficace”.
    “Il a également été mis un terme aux abus des années antérieures relatifs aux rémunérations des dirigeants”, note la CTC.
    En revanche, même si les progrès de fiabilisation et de vérification comptable sont salués dans le rapport, ce dernier met en avant les pertes d’argent d’une OPT qui vit sur les réserves qu’elle s’est constituées à l’époque de son hégémonie et des tarifs exorbitants sans possibilité de changement d’opérateur.

    Les pertes financières s’accumulent

    En revanche, note la chambre territoriale des comptes, l’OPT n’a pas su prendre le virage de la concurrence ces dernières années. La crise, l’installation de nouveaux opérateurs et des investissements hasardeux, tant bancaires qu’immobiliers, ont fragilisé le colosse, désormais aux pieds d’argile.
    “Les signes précurseurs d’un fléchissement de l’activité, relevés par la chambre en 2008, se sont avérés correspondre à la réalité observée de 2008 à 2014”, est-il confirmé dans le rapport.
    “Les résultats d’exploitation apparaissent en forte baisse sur la période, témoignant de la dégradation de la performance industrielle et commerciale de l’OPT.” Un constat occulté par un résultat comptable excédentaire, conséquence des seuls apports financiers de la filiale Tikiphone/Vini. Le réseau OPT, la concurrence sur la téléphonie mobile et l’internet, les charges de personnel, une mauvaise gestion de son patrimoine foncier et une activité bancaire caractérisée “par une offre limitée et une rentabilité négative” mettent la société
    à mal. Le Pays sera-t-il un jour obligé de mettre la main à la poche pour renflouer les caisses d’un organisme qui, par le passé, lui a tant rapporté ?

    Bertrand Prévost

    Les huit recommandations de la CTC

    1 : Mettre en place les outils d’une véritable gestion par la performance, avec détermination de feuilles de route pour les directions, fixation d’objectifs précis et mesurables et suivi des résultats atteints.
    2 : Doter les entités d’audit interne et de contrôle de gestion des moyens humains suffisants pour un exercice efficace de leurs missions.
    3 : Établir un plan de financement pluriannuel afin d’évaluer à moyen terme le besoin en investissements et son impact sur la structure financière.
    4 : Mettre en place un plan d’apurement des créances irrécouvrables.
    5 : Insérer les éventuels dispositifs de départs volontaires dans une stratégie de gestion des ressources humaines : cibler les métiers concernés et planifier en amont le devenir des postes faisant l’objet de séparations négociées.
    6 : Se conformer à l’ordonnance du 24 juin 2009 en distribuant le livret A.
    7 : Réaliser une cartographie des risques des services financiers en fonction à la fois des opérations et des clients.
    8 : Assurer à la direction des services financiers les moyens d’un réel pilotage de son activité, soit en séparant nettement les activités au sein des agences postales, soit en incitant les différentes directions à un pilotage commun par la fixation d’objectifs conjoints, soit en fusionnant la direction de la poste et la direction des services financiers.

    Fare Hinoï : 14 ans et un milliard de perdu pour rien

    Depuis des années, l’annonce du transfert du siège de l’OPT vers l’avenue Prince Hinoï est évoquée. Le vieux bâtiment face à l’assemblée de la Polynésie est toujours là pourtant, et sur l’avenue de Papeete, rien ne s’est construit. La CTC revient sur “l’achat précipité en décembre 2000 d’un terrain non libre de droits sur les avenues Prince Hinoï et Georges Bambridge via la création d’une SCI49, pour un projet initial de construction qui n’avait toujours pas vu le jour.” Un projet qui a même obtenu la défiscalisation locale. Quatorze ans plus tard, pas même un coup de pioche n’a été donné.
    “Pour autant, le conseil d’administration n’a toujours pas pris de décision, ni sur le devenir du projet, ni sur l’alternative d’une cession partielle ou totale du terrain”, note la CTC. “Depuis 2006, 69 millions de francs ont pourtant été engagés par l’OPT en frais d’études et honoraires d’architectes pour les différents projets alternativement envisagés, mais jamais menés à bien. De surcroît, les atermoiements de l’établissement ont fini par entraîner en 2009 la requalification du projet pour la défiscalisation : outre l’annulation définitive des crédits d’impôt obtenus par les différentes entités, 290 millions de francs de pénalités ont été réclamés par les services fiscaux, soit au total une perte pour le groupe OPT de 921 millions de francs.” Seule une unité de raccordement des abonnés à distance (Urad) a été construite en 2011. “Par ailleurs”, conclut sur ce chapitre la CTC, la SCI est enlisée dans des procédures judiciaires, notamment suite à l’occupation du terrain par une société industrielle non assurée pour l’exercice de son activité et qui ne verse qu’un loyer dérisoire.
    B.P.

    Téléphonie fixe, courrier… Internet grignote

    Déjà mis en garde en 2008, l’OPT a vu la poursuite de l’effondrement de deux de ses services. La téléphonie fixe et le courrier postal. “En matière de téléphonie fixe, l’unique action entreprise a été la mise en place de forfaits en 2008 : l’OPT escomptait ainsi, par la baisse tarifaire, obtenir une sécurisation de ses revenus. Mais l’effet attendu ne s’est pas produit et le volume des communications n’a pas augmenté”, constate la chambre.
    “En matière d’activité postale, des actions ont été envisagées pour enrayer la croissance du déficit de ce secteur, mais
    la plupart tardent à voir le jour”, poursuit la CTC.

    Le technopôle invisible

    C’était à prévoir. Quand en 2008, l’OPT annonce l’acquisition d’un terrain pour le montage d’un technopôle à Hitia’a, personne n’a cru une seconde que cela verrait le jour. Et on y est. La CTC revient sur une page sur une opération “emblématique des lacunes de la gestion foncière de l’OPT”. Un terrain qui coûte plus d’un million de francs en entretien chaque année depuis 2009… là encore pour rien. Les molles procédures judiciaires entreprises par l’OPT pour s’en débarrasser n’ont jusqu’à aujourd’hui rien donné.

     

    Le rachat de Tahiti Phone, plus qu’une erreur ?

    En mars 2013, l’OPT a racheté la firme de vente de téléphones mobiles, Tahiti Phone, seul importateur discount de téléphones mobiles. Un rachat pour 380 millions de francs que la chambre territoriale des comptes estime “entaché de nombreuses erreurs de gestion.”
    Ce rachat servait à couper l’herbe sous le pied de Vodafone au moment du lancement de la compagnie. Il avait été envisagé en 2008 avant que l’OPT fasse machine arrière et crée son propre réseau de vente avant de finalement revenir à l’achat de Tahiti Phone, créant ainsi un trou de 643 millions de francs (Vini Distribution SAS a coûté 263 millions de francs et l’achat de Tahiti Phone 380 millions de francs).
    Pire, alors que la procédure d’achat est bâclée, la CTC révèle que le prix de Tahiti Phone était alors largement surestimé puisque la société était alors en perte. Quelques mois après son rachat, Tahiti Phone était estimé à 35 millions de francs, un dixième de sa valeur d’achat.
    B.P.

    POOINO 2015-10-07 16:34:00
    à NOI NOI !!! tu te permets de déjuger le politique … ce politique même qui continue de pistonner la rondelle de beaucoup, comme toi sans aucun doute ... c’est le politique qui a embauché plus de 30% du personnel, qui pour la plus part sont des techni-riens quand il ne sont pas des techni-couilles, et il y en a beaucoup d’autres comme toi qui ont bénéficié de ce politique que tu critiques !!! pas reconnaissant !!!

    teie te tahi parau paari ... a amu noa na ... a hio noa na ia oe iho ... a parau tu ei no te tahi !!!
    te tahi toa parau paari na roto mai ta matou Metua o Pouvanaa : e eiaha e tutuha i nia i te matai ... e hoi mai to oe iho huare i nia i to oe mata !!!
    POOINO 2015-10-07 15:44:00
    Avant de juger le petit entrepreneur du dimanche ... tu y étais à BORA BORA depuis le début du chantier jusqu'à la fin ??? non !!! mais des techni-couilles ... peut être en fais-tu partie, comme des morpions se sont empressés de venir, même de TAHITI et RAIATEA pour réparer la merde laissée par les autres entreprises au vu et au su de vos techni-riens ... va visiter les réalisations de ce petit entrepreneur du dimanche sur les 10 dernières années pour le compte de l'OPT !!! et on en reparlera !!!
    C'est tellement plus facile de s'en prendre à un "paa vi" ... a ara ra ... a hee e i nia i te paa vi !!!
    Et comme tu le dis si bien, votre affaire du chantier de BORA BORA n'est effectivement pas terminée ... et tu risques d'être très surpris de la suite !!!
    En attendant tu as peut être le bras long et ta soeur deux belles jambes longues ... mais je te conseille de ne pas venir jouer dans la cours des grands ... reste à jouer aux billes !!!
    NIU NIU 2015-10-07 05:14:00
    Bonjour à tous,
    Si aujourd'hui l'OPT est devenu une gabegie c'est en grande partie à cause du politique (actionnaire majoritaire), voyez leurs fonctionnements à l'Assemblée. La CTC ne mentionne pas ce que le Territoire a pompé dans les caisses de l'OPT depuis ces dernières années, plus de 10 milliards pour équilibrer leur budget (trop facile). MOE concernant les prix exorbitant il faudrait que l'OPT arrête de remplir sa mission de service public, c-à-d de mettre de l'internet dans les Archipels éloignés (coût élevé des transmissions satéllite), le déploiement de la fibre optique à domicile devrait se faire que dans les zones à fort potentiel d'abonné. En Métropole les opérateurs connus n'aurait jamais mis un franc dans de telle opération et bien sur diminuer ses charges de fonctionnement. Ainsi les prix des services pourront baisser.
    Enfin POOINO j'ai une petite idée de qui ce cache derrière ce pseudo (kou de Huahine). L'affaire du chantier de Bora n'est pas terminé, Entrepreneur du dimanche.
    moe 2015-10-06 18:48:00
    d'accord avec jojo...des services à un prix exorbitant non dû à l'étroitesse du marché mais pour maintenir les avantages et salaires mirobolants , le gabegie, payer une entreprise 10X son prix, de mauvaises gestions, du manque de visibilité à long terme de ce mammouth..de toute manière les clients sont là pour éponger..la concurrence de viti et vodafone de la rigolade...les tarifs sont pratiquement similaires et ces deux entreprises dépendent de l'OPT pour le câble.
    POOINO 2015-10-06 18:10:00
    IL FAUT ARRETER D'EMBAUCHER DES TECHNI-RIENS QUAND ILS NE SONT PAS TEHNI-COUILLES !!!
    jojo 2015-10-06 18:07:00
    C''est une boite ou on embauche famille et copains avec des salaires consequents. Ou est l''egalite de tous devant l''emploi? Scandaleux. Quand va t-on corriger cela?
    Tooro bubule 2015-10-06 10:36:00
    L’achat de Tahiti Phone 380 millions de francs au lieu de 35 millions de francs
    Sa ressemble a l'achat de l'immeuble a Hadadd qui avait été surestimé.

    On prend les même magouille et en recommence.
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete