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Optimiser le réseau routier, repenser le stationnement

mercredi 27 décembre 2017

Il est impératif d’augmenter la capacité de stationnement en construisant des parkings en aérien, surtout en plein centre-ville. Des terrains existent. (Photo : Danny P. Robinson)

Il est impératif d’augmenter la capacité de stationnement en construisant des parkings en aérien, surtout en plein centre-ville. Des terrains existent. (Photo : Danny P. Robinson)

La ville de Papeete est comme une éponge : elle doit absorber le matin puis refouler en fin d’après-midi des dizaines de milliers de véhicules en un minimum de temps. La capitale reste le cœur du problème. Les autorités ont joué la carte du tout-voiture en agissant sur les infrastructures. Limitée par le foncier, la logique trouve ses limites, même si le désenclavement routier de Taravao reste une nécessité. Le problème du stationnement est sous-estimé. Commune, Pays, État, secteur privé pourraient financer ensemble de nombreux parkings aériens, avec un impact direct sur la fluidité du trafic en ville, et à ses entrées.

L’enfer le matin, l’enfer le soir… C’est parce que la capacité du réseau municipal est rapidement saturée que les entrées est et ouest sont embouteillées chaque jour, inexorable- ment. La circulation automobile est comparable à la dynamique des fluides, les pouvoirs publics ne peuvent agir que sur trois paramètres : le diamètre des tuyaux, c’est à dire la largeur des routes, les réservoirs, donc la capacité de stationnement et la durée d’ouverture des robinets, à savoir l’étendue des plages horaires d’afflux des véhicules.

Rien n’empêche le Pays de moduler davantage les horaires de ses services administratifs, pour diluer. Et inviter le privé à en faire autant, avec des dispositions incitatives.

Avec la Route de dégagement ouest (RDO) et la Route des plaines (RDP) qui s’ajoutent à la route de ceinture, la logique d’augmentation de la capacité a été largement utilisée à l’ouest. Mais les bouchons sur la RDO confirment que le problème reste l’incapacité de Papeete à accueillir tant de véhicules au même moment.

Le projet de liaison rapide Te ara nui visant à relier Punaauia à Taravao en 2×2 voies a été abandonné début 2014, en raison de l’opposition de riverains mais aussi d’un coût jugé trop important.

La volonté de déconcentration, de faire de la Presqu’île le véritable second pôle économique de Tahiti a échoué, c’était pourtant une opportunité de désengorger Papeete.

Le Pays a évoqué en 2016 un projet alternatif, la Route du Sud, de la Punaruu jusqu’à Taravao, dont les travaux devraient prendre une dizaine d’années.

Côte est, le passage en 3 voies, jusqu’au bas du Tahara’a à Arue, puis sur 2×2 voies côté Mahina a permis de fluidifier la circulation, mais l’entrée à Papeete reste LE problème, et la traversée de Mahina reste très compliquée avec la seule route de ceinture.

L’adoption d’un séparateur modulaire (le “petit train”) à Arue, qui affecte deux voies selon les besoins, a été une initiative ingénieuse.

 

 

Que Papeete absorbe plus vite…

 

 

Des axes importants comme le boulevard Pomare pourraient, sans destruction de bâtiment, passer en 2×2 voies, avant de déboucher directement sur le Front de mer. Faute de transports scolaires performants, nombre de parents déposent eux-mêmes leurs enfants à l’école.

À la même heure… Là encore, des transports collectifs efficaces permettraient de résoudre une partie du problème. Les difficultés de stationnement, le manque de fluidité du trafic font le reste.

Les pouvoirs publics devraient conduire une politique ambitieuse et volontaire en matière de stationnement, afin d’offrir davantage de places en plein centre-ville, ce qui permettrait de surcroit de libérer des voies actuellement dédiées au stationnement (rue du maréchal Foch, rue Paul Gauguin…).

Déclarés d’utilité publique, des parkings aériens similaires à ceux du quartier du commerce (Siou Lee) ou de la cathédrale (Brasserie de Tahiti) pourraient faire l’objet de financements associant la commune, le Pays, l’État, le secteur privé dans un cadre fiscal attractif… Des terrains existent, près de la gare maritime, dans le quartier du commerce, derrière le marché, près des collèges et lycées. Certains sont d’ailleurs exploités comme parkings, mais sur un seul niveau, alors qu’il serait possible de multiplier leur capacité par 4, 5 ou 6 en aérien !

Il y a matière à s’inspirer de Honolulu ou de grandes villes de métropole qui ont compris l’importance du stationnement. Au grand bénéfice des commerçants. “No parking, no business”, disent les Américains ! La capacité à rentrer en ville et à y circuler est directement liée à la question du stationnement, c’est un levier largement sous-utilisé, il n’y a qu’à compter les “voitures-ventouses” et les véhicules en double-file…

 

 

Damien Grivois

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